Old Powder Mills – Moulin à Poudre
Old Powder Mills : le domaine du Moulin à Poudre, à Pamplemousses
L’essentiel en quelques mots
Old Powder Mills est un domaine historique de Pamplemousses, au nord de Maurice, à une dizaine de kilomètres de la côte. Sous la forêt qui borde l’hôpital SSR, plus de soixante hectares de vestiges racontent trois industries successives : les forges de Mon Désir, où l’on produisait le fer de l’île de France à partir des années 1750 ; le Moulin à Poudre, la poudrerie du roi qui fabriqua la poudre à canon de la colonie de 1775 à 1810 ; puis les bâtiments britanniques du XIXe siècle — prison, orphelinat, hôpital.
Une tour de pierre, trois grands corps de logis en basalte, un mur d’enceinte et un réseau de canaux subsistent sous la végétation.
Classé monument national en 1951, le site n’est aujourd’hui ni aménagé ni ouvert à la visite.
Il y a à Pamplemousses un endroit dont les brochures ne parlent jamais. À quelques centaines de mètres du jardin botanique, derrière l’hôpital, un massif boisé recouvre le site industriel le plus important qu’ait connu l’île de France. On y a extrait du minerai de fer, allumé des hauts-fourneaux, fondu des barres et forgé les chaînes du port ; puis, pendant trente-cinq ans, on y a fabriqué toute la poudre à canon de la colonie. Une tour de pierre y tient encore debout entre les arbres, un mur d’enceinte court sous les lianes, trois grands bâtiments à toiture effondrée s’enfoncent lentement dans la végétation, et des canaux creusés au XVIIIe siècle dessinent encore le terrain.
Old Powder Mills n’est pas un monument : c’est un empilement. Chaque époque de Maurice y a laissé quelque chose, et souvent par-dessus la précédente. Les forges d’abord, achetées et démembrées en 1774. La poudrerie royale ensuite — le Moulin à Poudre, qui a donné son nom au lieu —, bâtie sur les machines des forges et servie par des centaines d’hommes réduits en esclavage, dont les archives ont gardé les métiers et les numéros. Les Anglais après 1810, qui firent du domaine une prison, puis un orphelinat, puis un hôpital. Et enfin la forêt, qui a tout repris. Depuis 2016, des fouilles archéologiques rendent peu à peu ce site à son histoire — pendant que ses bâtiments, eux, continuent de tomber.
Sommaire
- Où se trouve Old Powder Mills
- Ce qu’il reste du domaine
- Avant la poudre : les forges de Mon Désir
- Le Moulin à Poudre, poudrerie du roi de 1775 à 1810
- Les esclaves du roi
- 1810 : les Anglais, et un tableau qui ment
- Prison, orphelinat, hôpital : les vies suivantes
- Ce que les fouilles ont mis au jour
- Peut-on visiter Old Powder Mills ?
- Un état qui a varié
- Que voir autour
- Questions fréquentes sur Old Powder Mills
- Photos
Où se trouve Old Powder Mills
Le domaine occupe un massif boisé du district de Pamplemousses, dans le nord de l’île, immédiatement à l’ouest de l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam et à courte distance du jardin botanique de Pamplemousses. Les vestiges identifiés par les archéologues se dispersent sur plus de soixante hectares — bien davantage que ce que laissaient supposer les plans d’archives.
Deux éléments de géographie expliquent tout le reste. Le site est à l’intérieur des terres, à une dizaine de kilomètres du rivage : hors de portée d’un navire ennemi, ce qui fut la raison même de son choix en 1774. Et il est traversé par la rivière du Citron, dont les eaux ont été captées dès 1743 par une digue, puis conduites par un canal jusqu’aux roues des moulins. Le fer, la poudre et la forêt qui recouvre aujourd’hui l’ensemble tiennent tous à cette rivière.
Le lieu porte deux noms. Old Powder Mills est celui des cartes, de la signalisation et de la plupart des recherches en ligne. Le Moulin à Poudre est le nom d’origine, celui de la poudrerie française et de toute la littérature historique, qui l’emploie encore aujourd’hui. Il s’agit du même domaine, et l’un est la traduction de l’autre.
Ce qu'il reste du domaine
Le vestige le plus remarquable est une tour de pierre d’une dizaine de mètres, conservée presque intacte, contre le mur d’enceinte et son entrée monumentale. Sa fonction fait débat. La description d’archives la rattache à un mécanisme d’horloge ou de pendule — une tour comparable existe à la poudrerie de Toulouse —, mais une construction figurait déjà à cet emplacement exact sur le plan des forges de 1774. Elle a donc pu être bâtie sur des fondations plus anciennes, puis remaniée à l’époque britannique. L’histoire précise de cette tour n’est pas établie à ce jour, et c’est l’une des questions ouvertes du site.

La tour de pierre et les bâtiments de basalte en ruine du domaine d’Old Powder Mills, à Pamplemousses
Juste à côté se dressent trois grands bâtiments de basalte, aux toitures effondrées, dont l’un a gardé son porche et sa pierre gravée. Ce sont les ruines les plus photographiées du domaine, et elles sont presque toujours présentées à tort comme la poudrerie. Elles n’ont rien à voir avec elle : elles ont été construites entre 1860 et 1865 par l’administration britannique pour abriter et instruire les orphelins de l’immigration engagée, puis converties en hôpital pour lépreux dans les années 1940. Le linteau, du reste, porte sa propre date : 1863. La poudrerie du roi, à cet endroit, c’était autre chose — le logement du commandant d’artillerie, que le plan de 1785 décrit avec une terrasse, un large perron, un verger et un jardin de plantes médicinales. Il n’en subsiste rien.

Bâtiment de basalte à deux niveaux et galerie d’arcades en ruine au domaine d’Old Powder Mills, Pamplemousses
Le reste se lit moins facilement. Des pans du mur d’enceinte qui fermait la zone industrielle, et cette longue galerie d’arcades en arc brisé, ajourée de croisillons, qui ferme l’esplanade. Le tracé du canal d’amenée et des ouvrages hydrauliques. Un puits devant la tour, d’époque britannique. Des cellules d’isolement, souvenir de la prison. Les restes d’un temple bouddhiste, élevé du temps où le domaine servit de lieu de détention à des prisonniers politiques venus de Ceylan. Et, au sol, ce que les fouilles ramassent depuis dix ans : des scories de fer, des clous, et jusqu’à un bloc de roche portant encore la trace de l’explosif employé pour extraire le minerai.
Avant la poudre : les forges de Mon Désir
Avant d’être une poudrerie, le lieu fut une usine métallurgique — la première grande industrie civile de l’île. Du minerai de fer est découvert à Maurice au début des années 1740. Deux colons français, Jean-Baptiste Gilles Hermans et le comte Louis de Rostaing, obtiennent des concessions pour l’exploiter et s’associent en 1742, à la condition posée par Mahé de Labourdonnais de former une société. Dès 1743, ils installent également une raffinerie de salpêtre et un moulin à poudre à la Baie aux Tortues, l’actuelle Balaclava.
L’extraction et la fonte prennent leur essor au début des années 1750 sur le domaine de Pamplemousses, désormais appelé les forges de Mon Désir. Le minerai vient de plusieurs points de la région, la forêt fournit le charbon de bois, et plusieurs forges fonctionnent en parallèle. Le fer produit ici était réputé meilleur que celui de France : les nodules de minerai analysés en contenaient plus de 40 %. Le 4 août 1756, vingt barres de fer partent de Mon Désir pour la Compagnie des Indes. En 1767, les forges produisent jusqu’à 489 500 kilos de fer. On y fabrique des outils de construction et d’agriculture, des munitions, des plaques, des clés, des barres, des clous — et les chaînes du port.
Cette industrie repose sur des artisans spécialisés qui dirigent les ateliers, et sur des centaines d’hommes réduits en esclavage qui exécutent le travail. Les archives en dénombrent 586 aux forges, et Hermans écrit à Rostaing, rentré en France, que ce n’est pas assez. Les coûts d’exploitation sont lourds, la société s’endette, les deux associés se brouillent. En 1774, les forges de Mon Désir sont vendues.
Le domaine est alors morcelé. M. de Launay achète 740 arpents en janvier 1775, M. Pigeot 630 arpents en décembre de la même année, et le gouvernement acquiert une portion pour 227 000 livres afin d’y établir la poudrerie. Les forges comptaient trois ensembles : les hauts-fourneaux, les grandes forges, et les petites forges avec le Martinet. C’est cette dernière section, avec son moulin et ses canaux, qui devient le cœur du Moulin à Poudre. Quant aux terres passées aux mains privées, elles seront converties à la canne et donneront le domaine sucrier de Beau Plan — aujourd’hui L’Aventure du Sucre. Les deux sites, distants de quelques kilomètres, sont donc les deux moitiés d’un même domaine.
Le Moulin à Poudre, poudrerie du roi de 1775 à 1810
En 1774, la poudrerie de la Baie aux Tortues explose. La colonie perd d’un coup sa production de poudre à canon, et le site du littoral, exposé à une attaque venue de la mer, est jugé inadéquat. Il faut recommencer ailleurs, et vite.
Le choix de Pamplemousses n’a rien d’un hasard, et la thèse consacrée au site en détaille les raisons : l’éloignement de la côte, protecteur ; un moulin et des machines déjà en place, adaptables sans tout reconstruire ; l’eau de la rivière du Citron déjà captée et canalisée ; assez d’espace pour ajouter des bâtiments tout en les éloignant les uns des autres, précisément à cause du risque d’explosion que Balaclava venait de démontrer ; un coût réduit ; et surtout du temps gagné. Entre l’achat du terrain et le redémarrage de la production, il s’écoule moins d’un an. La poudrerie entre en service en janvier 1775.
Un établissement du roi
Contrairement à Balaclava, financée par la Compagnie des Indes, tout est ici payé par le roi : l’achat, la construction, l’exploitation. D’Espinassy, chef de la division d’artillerie, est nommé commandeur d’artillerie du Moulin à Poudre en 1774 ; le capitaine Notaise en est le premier directeur. C’est lui qui dresse, vers 1776, le Plan à vue d’oiseau du Nouveau Moulin à Poudre commandé par le gouverneur Ternay — la première cartographie du site, où figurent le mur d’enceinte, le bâtiment administratif, le moulin, et un quartier porté sous le nom de « Camp des Noirs ».
Les moulins sont pour l’essentiel conçus et fabriqués sur place, avec très peu de matériel venu de France. Le rapport que D’Espinassy rédige en 1784, après dix ans d’exercice, décrit un établissement qui se bat contre lui-même : les bâtiments hérités des forges sont en mauvais état, il faut les reconstruire, et les accidents sont fréquents.
Le prix des accidents
La liste que l’on tire des archives est lourde, et beaucoup plus longue que le seul incendie souvent cité. Un premier incendie coûte la vie à un Européen et à trois esclaves. Un mois plus tard, un autre tue cinq hommes, un soldat et quatre esclaves, malgré les soins portés. Le 29 septembre 1779, la friction excessive d’un cylindre du Moulin à Cylindres provoque un nouvel incendie : cinq morts, un soldat d’artillerie et quatre esclaves. Six esclaves meurent en creusant les fossés du Moulin à Pulvériser, qui prend feu à son tour et en tue un septième. Le moulin est entièrement reconstruit ; les fouilles ont retrouvé ses vestiges, massifs, avec de véritables murs coupe-feu.
Cossigny, ou la poudre humide
L’amélioration technique de la poudrerie tient à deux hommes : D’Espinassy et Joseph-François Charpentier de Cossigny (1736-1809), ingénieur militaire. Cossigny n’arrive pas là par hasard : son père, Jean-François de Cossigny (1690-1780), ingénieur en chef de la Compagnie des Indes, avait fait partie de l’équipe qui construisit la première poudrerie à Balaclava, et fut commissaire général des poudres et salpêtres en Languedoc, Gascogne et Provence.
Ses recherches portent sur les procédés et la qualité de la poudre, et débouchent sur de nouveaux moulins, une production plus rapide et surtout beaucoup moins d’accidents. Dans une lettre au ministre de la Guerre datée du 19 janvier 1809, Cossigny affirme que sa méthode a épargné cent seize explosions aux deux moulins de l’île de France en vingt-huit ans, que la France l’a adoptée puis abandonnée sans raison connue de lui, et que le battage de la poudre y prend vingt et une heures là où sa méthode demande quatre heures. Ce sont ses mots et sa défense ; ils n’ont pas été contredits, mais ils viennent de l’intéressé.
Reste une question que les historiens n’ont pas tranchée : pourquoi fabriquer de la poudre dans une colonie alors que les poudreries royales de France en produisaient déjà assez ? Vijaya Teelock la pose explicitement et estime qu’elle mérite d’être étudiée. Personne n’y a répondu.
Les esclaves du roi
Le domaine n’est pas seulement un site industriel : c’est un site d’esclavage, et c’est ce qui en fait aujourd’hui l’un des lieux les plus étudiés de l’île. Les hommes qui y travaillaient appartenaient au roi — on les appelait les esclaves du roi — et venaient principalement du Mozambique et de Madagascar.
Le plan de 1776 prévoyait de les loger hors de l’enceinte industrielle, à l’ouest, dans un quartier aligné en rangées et ceint de son propre mur : le Camp des Noirs. Les fouilles menées dans cette zone n’ont presque rien donné, et le plan de 1785 montre une réalité assez différente de ce qui avait été dessiné.
Ce qui reste, ce sont des archives d’une précision inattendue. Un relevé des productions du 1er au 7 septembre 1810 recense 165 esclaves présents sur le site et détaille leurs métiers : 91 poudriers, 15 charpentiers, 8 tonneliers, 4 forgerons, un surveillant affecté à la scierie, et d’autres encore. Confier la fabrication de la poudre à canon à des hommes en esclavage était, comme le souligne l’historienne Vijaya Teelock, un pari qu’aucune autre colonie française n’aurait pris, par crainte des révoltes.
Les fouilles ont aussi ramassé des plaques numérotées — des badges d’esclaves, portés en pendentif ou au bras. Chaque numéro était l’identité administrative d’un homme. C’est, très concrètement, ce que le domaine a laissé de ceux qui l’ont fait tourner. Le sujet est traité plus largement dans notre article sur le monument de la route de l’esclave, et l’Aapravasi Ghat raconte la période qui a suivi.
1810 : les Anglais, et un tableau qui ment
1810 est la dernière année de production. Les troupes britanniques prennent l’île, et la poudrerie, activité militaire du roi de France, est saisie immédiatement. Selon les récits, le gros de l’armée anglaise fait halte dans l’enceinte du moulin le 30 novembre 1810, en marchant sur Port-Louis.
De cette scène il existe une image, reproduite partout : un dessin de Richard Temple, peintre et dessinateur militaire britannique présent à Maurice en 1810, auteur de huit vues de la prise de l’île de France. Sa planche montre le Camp des Noirs avec la tour et les bâtiments du chantier de construction à l’arrière-plan.
Il y a un problème, et il est de taille. Le camp qu’il dessine correspond exactement au plan idéal de 1776 — celui qui avait été tracé en France, et que ni les fouilles ni le plan de 1785 ne confirment. Ce qui avait été prévu n’a pas été réalisé. L’archéologue qui a dirigé les fouilles en conclut que Temple n’a probablement pas assisté à la scène, et qu’il a composé son dessin à partir de récits et du plan de 1776, ou en mêlant les deux. Autrement dit : l’image la plus célèbre du lieu ne montre pas le lieu.
Prison, orphelinat, hôpital : les vies suivantes
Le domaine ne retombe pas en friche pour autant. Les Britanniques en font un lieu d’enfermement, puis un lieu de soin, et les couches se superposent sur les mêmes murs. Les archéologues ont identifié sur le terrain des cellules d’isolement datant de son usage comme prison, et les restes d’un temple bouddhiste construit à l’époque où le site accueillait des prisonniers politiques venus de Ceylan. Plusieurs sources situent l’ouverture d’une prison d’État dès 1823, et l’exil ici, en 1825, du prince cinghalais Eyhelepola Wijesoondra, ancien Premier ministre du dernier roi de Kandy ; ces éléments sont largement repris mais reposent sur des sources secondaires.
Les trois bâtiments de basalte sont élevés entre 1860 et 1865 pour les orphelins de l’immigration engagée, puis pour des enfants du pays. Dans les années 1940, ils deviennent un hôpital pour lépreux. Plus tard, dans la partie sud du domaine, on construit l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam, toujours en activité. C’est ainsi que le site de la poudrerie du roi s’est retrouvé, sans discontinuité apparente, à l’intérieur du périmètre hospitalier du nord de l’île.
Le domaine est classé monument national en 1951.
Ce que les fouilles ont mis au jour
Old Powder Mills fait l’objet depuis 2015 d’une recherche universitaire de fond, menée par le Centre for Research on Slavery and Indenture de l’université de Maurice, avec des campagnes archéologiques conduites de 2016 à 2021. Un ouvrage collectif a été publié en 2018, et une thèse de doctorat entièrement consacrée au site et à ses esclaves a été soutenue en 2022.
Ces travaux ont fait deux choses. Ils ont d’abord rendu au site sa véritable étendue : les vestiges couvrent plus de soixante hectares, bien au-delà de ce qu’indiquaient les documents d’archives. Ils ont ensuite corrigé quantité d’idées reçues, en superposant les plans anciens à la topographie réelle — ce qui a permis d’établir, par exemple, que les grands bâtiments de pierre ne sont pas la poudrerie, et que le dessin de Temple ne représente pas le camp tel qu’il existait.
Les objets, eux, disent l’ordinaire : scories de fer et clous des forges, blocs éclatés à l’explosif pour l’extraction du minerai, murs coupe-feu du moulin reconstruit, badges numérotés du camp. Les recherches se poursuivent.
Peut-on visiter Old Powder Mills ?
Non. Le site n’est pas aménagé pour recevoir du public, ni ouvert à la visite. Il figure pourtant sur les cartes en ligne comme un lieu historique, ce qui envoie régulièrement des visiteurs devant une entrée fermée.
Le domaine se trouve dans le périmètre d’un établissement de santé, à l’ouest de l’hôpital SSR, et l’enclos des ruines est grillagé. Un panneau d’interprétation a été posé devant les bâtiments : le site est donc identifié et suivi, sans être pour autant accessible.
Un état qui a varié
L’image que donnent les sources dépend beaucoup de leur date, et il vaut mieux le savoir avant de se fier à ce qu’on lit sur ce site.
Au printemps 2024, la presse mauricienne a décrit un domaine servant de dépôt aux gravats et aux encombrants de l’hôpital du Nord — matelas, mobilier cassé, sacs de déchets jusqu’à l’intérieur des ruines. Le National Heritage Fund a reconnu la situation et renvoyé à un projet de réhabilitation relevant du ministère de la Santé, dont l’avancement n’était pas connu. Plusieurs visiteurs décrivent la même chose, ainsi qu’un passage latéral emprunté faute d’entrée ouverte.
Les images tournées sur place en novembre 2023, puis en novembre 2025 par la presse locale, montrent au contraire un enclos tondu, dégagé, avec son panneau, et des bâtiments en ruine mais sans dépôt visible. L’épisode de 2024 semble donc avoir été un moment, ou avoir concerné une partie du domaine seulement, et non l’état permanent des lieux.
Ce qui ne change pas, en revanche : les constructions sont en ruine, les toitures effondrées, la végétation installée dans les murs. Nous ne conseillons pas de chercher à y pénétrer. Si le projet de réhabilitation aboutit et que le site ouvre, ce sera l’une des plus belles visites historiques de l’île ; renseignez-vous alors auprès du National Heritage Fund avant de prévoir quoi que ce soit.
En attendant, l’histoire du domaine se rattrape à deux pas, dans des lieux qui, eux, se visitent — et que vous retrouverez sur notre carte touristique de l’île Maurice.
Que voir autour
Le jardin botanique de Pamplemousses est le voisin immédiat du domaine, et le contraste vaut à lui seul le déplacement : deux morceaux du même territoire colonial, dont l’un a été entretenu pendant deux siècles et demi et l’autre laissé à la forêt.
L’Aventure du Sucre, à Beau Plan, occupe précisément l’autre moitié des anciennes forges de Mon Désir, celle qui fut vendue à des particuliers et convertie à la canne. C’est aujourd’hui l’un des musées les mieux faits de l’île, et il raconte la suite de l’histoire économique que les forges ont commencée.
Le château de Labourdonnais, tout proche, montre à quoi ressemblait une grande maison de domaine sucrier au XIXe siècle. Et Balaclava, sur la côte, est l’endroit où toute cette histoire a commencé, avec la première poudrerie de l’île — celle qui a explosé en 1774.
Questions fréquentes sur Old Powder Mills
Peut-on visiter Old Powder Mills à Pamplemousses ?
Non. Le site n’est pas aménagé pour recevoir du public, l’enclos des ruines est grillagé, et le domaine se trouve dans le périmètre d’un établissement de santé. Les bâtiments sont en ruine et nous déconseillons de chercher à y pénétrer.
Old Powder Mills et le Moulin à Poudre, est-ce le même endroit ?
Oui. Old Powder Mills est le nom anglais, celui des cartes et de la signalisation ; le Moulin à Poudre est le nom d’origine de la poudrerie française, encore employé à Maurice et dans toute la littérature historique.
Où se trouve exactement Old Powder Mills ?
Dans le district de Pamplemousses, au nord de Maurice, à l’ouest de l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam et à courte distance du jardin botanique. Le site est à une dizaine de kilomètres de la côte.
Le grand bâtiment de pierre en ruine, est-ce la poudrerie ?
Non, et c’est l’erreur la plus répandue à propos du site. Les trois grands bâtiments de basalte ont été construits entre 1860 et 1865, sous administration britannique, pour servir d’orphelinat, puis d’hôpital pour lépreux dans les années 1940. L’un d’eux porte d’ailleurs la date de 1863 sur son linteau. La poudrerie du roi est antérieure de près d’un siècle.
Que reste-t-il de la poudrerie elle-même ?
Une tour de pierre d’une dizaine de mètres, des pans du mur d’enceinte et de son entrée, le tracé des canaux, les fondations des moulins avec leurs murs coupe-feu, et une grande quantité de vestiges dispersés sur plus de soixante hectares que les fouilles continuent d’identifier.
Pourquoi fabriquait-on de la poudre à canon à Maurice ?
L’île de France était une base militaire et un point d’appui français dans l’océan Indien, très loin de la métropole. Les historiens font toutefois remarquer que les poudreries royales de France produisaient alors des quantités suffisantes, et que la raison exacte de cette production coloniale reste à établir.
Quel rapport entre Old Powder Mills et Balaclava ?
La première poudrerie de l’île avait été installée à la Baie aux Tortues, l’actuelle Balaclava, en 1743. Son explosion en 1774 a entraîné le transfert de la production à Pamplemousses, sur un site plus éloigné de la mer.
Quel rapport entre Old Powder Mills et L’Aventure du Sucre ?
Les deux sites sont les deux moitiés d’un même domaine. Quand les forges de Mon Désir sont vendues en 1774, une partie est achetée par le gouvernement pour la poudrerie, et le reste passe à des particuliers qui le convertissent à la canne : ce sera le domaine sucrier de Beau Plan, aujourd’hui L’Aventure du Sucre.
Le site est-il protégé ?
Oui, il est classé monument national depuis 1951, et il fait l’objet depuis 2015 d’un programme de recherche universitaire. Ce classement n’a pas empêché la ruine des bâtiments, régulièrement dénoncée par la presse mauricienne.
Les informations dans cet article sont données à titre indicatif et reflètent l’état des connaissances et du site au moment de sa rédaction. L’accès au domaine d’Old Powder Mills n’est pas ouvert au public et les constructions en ruine présentent des risques : nous déconseillons formellement de chercher à y pénétrer. Pour toute question sur la protection, la réhabilitation ou l’ouverture éventuelle du site, adressez-vous au National Heritage Fund. L’auteur et l’éditeur déclinent toute responsabilité quant à l’exactitude des informations mentionnées. Voir les CGU (Article 12).
(les photos envoyées serviront uniquement à compléter cette page et ne seront jamais exploitées commercialement en dehors de ce site sans votre accord)
Pour partager les photos de vos vacances à l’Ile Maurice avec vos amis, votre famille et vos collègues, nous vous proposons de créer pour vous une page personnalisée et gratuite dédiée à votre séjour. Il vous suffira ensuite de transmettre l’adresse de cette page, par exemple www.ilemaurice-im/vacancesdepierreetmarie, à ceux avec qui vous souhaitez partager vos photos.
Pour cela rien de plus simple, cliquez sur le bouton ci-dessous.
Infos + :
Météo sur 7 jours
Louer une voiture
Réserver hôtel ou villa
Acheter un billet d’avion
Gratuit (ne se visite pas)
Promenade et randonnée
Itinéraires bus : Cliquez ici
Votre publicité sur cette page ?
Vous voulez afficher une publicité pour votre activité sur cette page en particulier (ou ailleurs sur le site) ?
Merci de nous contacter en cliquant ici.
Contribuer, améliorer cette page
Nous voulons apporter les informations les plus pertinentes et complètes aux internautes, alors si vous voulez apporter un complément ou une modification à cette page (texte, photo, …), ou même signaler une erreur, n’hésitez pas à nous contacter en nous envoyant un email à l’adresse suivante : contribuer@ilemaurice.im
(pensez à bien indiquer la page concernée par votre contribution)
(les photos envoyées serviront uniquement à compléter cette page et ne seront jamais exploitées commercialement en dehors de ce site sans votre accord)
Pas encore testé par la rédaction
Vous souhaitez nous faire découvrir ce lieux, cette activité, …, merci de nous envoyer un email à l’adresse suivante : visiter@ilemaurice.im
