Le site de l'Île Maurice

Les parcs naturels et parcs « natures » de l’île Maurice

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Réserves de conservation, forêts publiques ouvertes à la promenade, domaines privés où l’on marche sous les arbres : les parcs naturels et parcs natures de l’île Maurice donnent accès à ce qu’il reste de la forêt d’origine et à la faune endémique qui y vit. Voici tous ceux que nous avons visités et documentés.

Tout savoir sur les parcs naturels et parcs "natures" de l'île Maurice

Il faut commencer par un chiffre, parce qu’il explique tout le reste : d’après le service forestier mauricien, environ 2 % seulement du territoire de Maurice est couvert d’une forêt indigène de bonne qualité. La forêt au sens large occupe encore près d’un quart de l’île, mais l’essentiel en est planté ou envahi d’espèces exotiques. Il y a quatre siècles, avant l’arrivée des premiers colons, la quasi-totalité du pays était boisée.

Les parcs rassemblés sur cette page sont ce qui reste de cette histoire, et ce qu’on tente d’en reconstituer. Certains protègent un fragment de forêt ancienne, d’autres replantent patiemment sur des terrains qu’il a d’abord fallu débarrasser des espèces envahissantes, d’autres encore sont des plantations forestières ouvertes au public — mais des plantations qui remplissent une mission bien réelle : retenir le sol et l’eau. Le service forestier le dit lui-même, la fonction première des forêts de Maurice n’est pas économique, elle est environnementale.

« Parc naturel » n’est pas un statut officiel à l’île Maurice

La précision vaut d’être donnée, parce que l’expression évoque en Europe une appellation encadrée par la loi, et que rien de tel n’existe ici sous ce nom.

Le droit mauricien reconnaît d’autres catégories. Le Wildlife and National Parks Act de 1993 permet au Président de la République de proclamer, en vertu de son article 11, un parc national (national park), une réserve spéciale (special reserve) ou une réserve marine (marine reserve) ; la réserve naturelle (nature reserve) relève quant à elle du Forest and Reserves Act. Ces statuts sont peu nombreux et s’accompagnent d’obligations et d’interdictions précises : ce sont eux qui ferment au public certaines parcelles de forêt et qui encadrent strictement l’accès à d’autres.

Autrement dit, un lieu peut parfaitement mériter une visite pour sa nature sans porter d’appellation protégée. C’est même le cas de la majorité des sites de cette page.

Trois familles de parcs, trois façons de visiter

Les lieux réunis ici ne se visitent pas tous de la même manière, et c’est le point que les visiteurs découvrent souvent trop tard.

Les parcs nationaux et les réserves. Ce sont les terrains protégés par la loi. Maurice compte deux parcs nationaux sur l’île principale ; ils couvrent des surfaces sans commune mesure avec le reste et se parcourent par des sentiers de randonnée, avec des points de vue accessibles en voiture pour ceux qui ne marchent pas. Le parc national des gorges de Rivière Noire en est le plus grand exemple, et notre page sur les randonnées à l’île Maurice détaille les parcours qui le traversent. Les réserves, elles, sont souvent fermées au public : leur rôle est de protéger, pas d’accueillir.

Les promenades forestières aménagées par le service forestier. Elles portent le nom de nature walks, et il y en a eu quatre : Bras d’Eau, Monvert, Powder Mills et Sophie. Celle de Bras d’Eau a pris depuis le statut de parc national. Ce sont des forêts publiques ouvertes gratuitement, avec sentiers balisés, aires de pique-nique, kiosques, et parfois un centre d’accueil ou un petit musée. On s’y présente sans prévenir, on marche une heure ou deux. Attention toutefois : ces sites sont gérés par une administration et leurs horaires sont ceux d’un service public, avec des fermetures en milieu d’après-midi en semaine. Ce ne sont pas des lieux où l’on passe au coucher du soleil.

Les domaines privés de conservation. Ici, le milieu est trop fragile ou trop précieux pour être laissé en libre accès. La visite est payante, elle se réserve, elle se fait le plus souvent accompagnée d’un guide, et elle dure un temps déterminé. C’est le prix d’entrée pour voir des plantes qui comptent parfois quelques dizaines d’individus sauvages, et des oiseaux qui étaient à deux doigts de disparaître. On n’y va pas au hasard un dimanche après-midi : il faut s’y prendre à l’avance.

Pourquoi certains parcs figurent aussi chez les parcs animaliers

Plusieurs sites apparaissent dans deux catégories du site, et c’est voulu. Un même domaine peut proposer des animaux et des attractions d’un côté, et une vraie promenade en pleine nature de l’autre : deux visites différentes au même endroit, qui n’intéressent pas les mêmes personnes le même jour.

Un visiteur qui cherche une journée d’activités pour ses enfants et un visiteur qui cherche une marche tranquille sous les arbres doivent tous deux pouvoir trouver ces lieux. Les classer dans une seule catégorie reviendrait à en cacher la moitié à l’un ou à l’autre. Retrouvez donc l’ensemble de l’offre de loisirs sur notre page consacrée aux parcs animaliers et parcs aventure de l’île Maurice.

Ce qu’on y voit

La flore d’abord. Ébéniers, palmistes, lataniers, bois d’olive, bois de natte, fougères arborescentes : des noms qui ne disent rien au visiteur qui arrive, et qui prennent tout leur sens une fois qu’on a compris que beaucoup de ces espèces ne poussent que sur cette île, ou sur les seules Mascareignes. Plusieurs d’entre elles ne survivent aujourd’hui que grâce à un travail de replantation, d’arrosage et de protection individuelle.

La faune ensuite, et c’est là que Maurice a une histoire qui vaut d’être racontée. L’île est le pays du dodo, l’animal devenu le symbole mondial de l’extinction. C’est aussi, et on le sait beaucoup moins, l’un des pays qui a sauvé le plus d’espèces d’oiseaux d’une disparition annoncée. La crécerelle de Maurice, le pigeon rose et la grosse cateau verte sont passés par un goulot d’étranglement de quelques individus avant d’être ramenés à des populations viables. Ces oiseaux vivent dans les parcs de cette page, et c’est là qu’on a une chance de les apercevoir.

Les tortues géantes, enfin, sont présentes dans plusieurs sites — non pas les espèces mauriciennes d’origine, éteintes depuis longtemps, mais des tortues d’Aldabra introduites pour tenir le rôle écologique des disparues : brouter, piétiner, disséminer les graines.

Conseils pratiques valables pour tous ces sites

Emportez du répulsif anti-moustiques. C’est la remarque qui revient le plus souvent chez les visiteurs de forêt à Maurice, et elle vaut pour à peu près tous les sites de cette page.

Prévoyez des chaussures fermées : les sentiers sont en terre et deviennent glissants après la pluie, ce qui arrive souvent, en particulier sur les hauteurs.

Ajoutez une petite laine si vous montez sur le plateau. Plusieurs de ces parcs se trouvent à 500 ou 600 mètres d’altitude, où il fait couramment plusieurs degrés de moins que sur la côte et où la brume s’installe volontiers. C’est d’ailleurs tout l’intérêt de la journée : on découvre une autre Maurice, verte et fraîche, à trois quarts d’heure de la plage.

Venez le matin. La lumière est meilleure sous les arbres, les oiseaux sont actifs, il y a moins de monde, et cela règle la question des horaires de fermeture.

Ne nourrissez pas les singes. Les macaques que l’on croise dans les forêts mauriciennes ont été introduits et comptent parmi les espèces qui pèsent le plus lourdement sur la flore et les oiseaux endémiques. Les regarder, oui ; les attirer, non.

Où les trouver

Ces parcs se répartissent sur toute l’île : forêts d’altitude sur le plateau central, réserves de basse altitude à l’est, forêt en cours de restauration sur les hauteurs de l’ouest, îlot protégé au large du sud-est. Aucun n’est à plus de deux heures de route d’un autre, ce qui rend facile d’en enchaîner deux dans la journée.

Pour les situer les uns par rapport aux autres, préparer un itinéraire ou trouver ce qui se visite à proximité de votre lieu de séjour, utilisez notre carte interactive des lieux touristiques de l’île Maurice : elle donne pour chaque site une fiche détaillée et l’itinéraire routier pour s’y rendre. Si ce sont les plantes endémiques qui vous intéressent avant tout, le jardin endémique de la vallée d’Osterlog complète utilement cette sélection.

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