Le site de l'Île Maurice
Géographie

Le sud de l’Ile Maurice

Le sud de l’île Maurice, la côte que l’océan n’a jamais lâchée

L’essentiel en quelques mots

Le sud de l’île Maurice s’étend de Blue Bay à Baie du Cap et couvre aussi l’intérieur des terres. C’est la côte la plus sauvage du pays : entre Le Bouchon et Souillac, le récif s’interrompt et l’océan attaque directement la falaise, ce qui donne Gris Gris, le Souffleur et le Pont Naturel. Ailleurs, le lagon revient et l’on retrouve de très belles plages : Blue Bay et son parc marin, Saint-Félix, Bel Ombre.
Dans les terres, on monte vers Grand Bassin, le lac sacré des hindous mauriciens, les plantations de thé de Bois Chéri, le domaine de Saint-Aubin, les tortues géantes de La Vanille et les cascades de Rochester Falls.
Peu d’agitation, beaucoup de route, et des paysages qu’on ne voit nulle part ailleurs sur l’île.

À Gris Gris, il n’y a pas de récif. Rien entre vous et l’océan Indien, rien qui casse la houle avant qu’elle n’arrive : les rouleaux se lèvent au large, avancent en lignes régulières et viennent exploser au pied de la falaise dans un fracas qu’on entend depuis le parking. Le vent y souffle en continu, l’herbe rase est couchée, et l’on comprend en trente secondes pourquoi personne ne se baigne ici. C’est beau comme une côte bretonne sous vingt-huit degrés.

Le sud est la seule région de l’île Maurice qui ne ressemble pas à sa carte postale. Pas de lagon tranquille sur toute sa longueur, pas de chapelet d’hôtels les pieds dans l’eau, pas de bateaux à moteur qui ronronnent au large. En revanche, une falaise noire, des cascades qui tombent dans la canne, un lac de cratère où des dizaines de milliers de pèlerins montent pieds nus chaque année, des plantations de thé à cinq cents mètres d’altitude et deux ou trois plages qui comptent parmi les plus belles du pays. C’est aussi la seule région dont le portrait ne peut pas se limiter au littoral : ici, l’essentiel se joue autant dans les terres que sur la côte.

Sommaire

Le sud en bref : la côte sauvage et l'arrière-pays

Ce qui définit le sud de l’île Maurice, c’est l’absence de barrière. Sur une grande partie de la côte, entre Le Bouchon et Souillac, la ceinture de corail qui protège le reste de l’île s’interrompt ou s’éloigne : la houle arrive intacte sur des falaises de basalte noir, et la mer y travaille en permanence. C’est la région où l’on vient regarder l’océan plutôt que s’y baigner — mais c’est aussi celle où le lagon, quand il revient, offre des plages parmi les plus belles du pays.

La deuxième particularité est l’arrière-pays. Le sud est le seul portrait régional où l’intérieur pèse autant que le littoral. En vingt minutes de route depuis la côte, on grimpe à cinq cents mètres d’altitude, la température baisse, la pluie devient fréquente, la canne cède la place au thé et à la forêt. Grand Bassin, Bois Chéri, Bassin Blanc : les sites qui font la réputation du sud ne sont pas au bord de l’eau.

Administrativement, la région correspond pour l’essentiel au district de Savanne et à la frange côtière du district de Grand Port, jusqu’à Baie du Cap à l’ouest. Au-delà de Pointe d’Esny commence l’est ; après Baie du Cap, on entre dans l’ouest avec Le Morne. Pour situer l’ensemble, voir aussi la géographie de l’île Maurice, le nord et le centre.

Blue Bay et son parc marin

Blue Bay ouvre le sud, à cinq kilomètres de l’aéroport, et c’est l’exception qui contredit tout ce qui précède : ici, le lagon est parfaitement calme et l’eau si claire qu’on distingue le fond depuis le sable. La plage publique déroule quelques centaines de mètres de sable blanc sous de grands filaos, l’eau reste à hauteur de genou très loin du bord, et un îlot boisé ferme la vue sur la droite. C’est l’une des plus belles plages de l’île, et l’une des rares du sud où l’on peut se baigner sans réfléchir.

Plage de Blue Bay, lagon turquoise et îlot boisé au large

Le lagon de Blue Bay

La baie doit sa réputation à son jardin de coraux. Le parc marin de Blue Bay couvre 353 hectares, proclamé parc national en octobre 1997 au titre du Wildlife and National Parks Act de 1993, puis classé parc marin en juin 2000 sous le Fisheries and Marine Resources Act. Depuis le 31 janvier 2008, c’est aussi un site Ramsar d’importance internationale — le deuxième du pays. Les fonds y sont peu profonds, entre un et six mètres, ce qui rend le snorkeling accessible aux débutants et aux enfants.

Les inventaires publiés divergent nettement d’une source à l’autre : selon les comptages, on cite de trente-huit à plus de cent espèces de coraux, et de soixante-dix à un peu plus de soixante-douze espèces de poissons. Aucun chiffre ne fait autorité, et cela n’a aucune conséquence pour le visiteur. Le point de repère, en revanche, est bien réel : un corail cerveau de plusieurs mètres de diamètre, généralement présenté comme millénaire, que les opérateurs montrent systématiquement.

Deux façons d’en profiter. Le masque et le tuba depuis la plage ou depuis un bateau, dans les zones autorisées — le parc est réglementé et les opérateurs y travaillent sous permis. Ou le bateau à fond de verre, à quelques minutes du bord seulement : c’est la formule qui fonctionne à tout âge, pour les enfants comme pour ceux qui ne nagent pas, et l’on découvre le lagon sans se mouiller. Voir les pages consacrées à Blue Bay et à la sortie en bateau à fond de verre.

Du Bouchon au Pont Naturel : la côte qui se découvre

Passé Blue Bay, la côte change de nature en quelques kilomètres. Le récif s’éloigne, puis disparaît. Les plages laissent place à des falaises de lave noire, la route s’écarte du littoral et traverse la canne, et les rares accès à la mer se méritent. C’est la partie la moins fréquentée du sud, et la plus spectaculaire par gros temps.

Le Souffleur, près du village de L’Escalier, en est l’illustration la plus connue : une cavité creusée dans la falaise qui projette une colonne d’eau en hauteur quand la houle s’engouffre dedans. Deux avertissements utiles, parce qu’ils déterminent tout le reste. D’abord, sans houle, il n’y a pas de spectacle : par mer calme, on se déplace pour rien. Ensuite, l’accès se fait par une piste de plusieurs kilomètres à travers les champs de canne, dont les derniers centaines de mètres sont défoncés ; on suit le fléchage de l’usine sucrière plutôt que le GPS, et l’on roule au pas.

À quelques kilomètres de là, le Pont Naturel est une arche de basalte laissée par l’effondrement du toit d’une ancienne grotte marine. On y accède par le même type de piste, et l’on marche sur un plateau rocheux nu, ouvert plein sud, où les vagues montent en gerbes. Aucun aménagement, aucune barrière : le bord est franc et le basalte glissant quand il est mouillé. La prudence n’est pas une formule de style ici, elle est la condition de la visite.

Souillac, Gris Gris et Rochester Falls

Souillac est le bourg qui structure toute cette portion de côte. Le village doit son nom au vicomte de Souillac, gouverneur français de l’île au XVIIIe siècle, et il a longtemps vécu de son petit port, par lequel s’exportait le sucre de la région. On y trouve aujourd’hui l’essentiel des services du secteur, et trois sites qui justifient à eux seuls la journée.

Gris Gris et la Roche qui Pleure

Gris Gris est l’un des lieux à voir absolument dans le sud, à condition de savoir ce qu’on vient y faire. On ne s’y baigne pas : la mer y est trop forte, sans récif pour la freiner. Le spectacle est ailleurs — depuis le haut de la falaise, très venteuse, on domine une plage étroite et la ligne blanche des rouleaux qui déferlent sans discontinuer.

Ce qu’on regarde en réalité, c’est une coupe. La falaise n’est rien d’autre que la tranche d’anciennes coulées de lave, sectionnée net par l’océan : le basalte noir bascule d’un seul jet depuis la pelouse jusqu’à l’écume, et l’on dirait une coulée figée au moment où elle se jetait dans la mer. Sur les vires, en contrebas, des pêcheurs à la ligne s’installent à quelques mètres des rouleaux — c’est à eux qu’on mesure la hauteur de l’ensemble.

falaise de basalte noir de Gris Gris plongeant dans les rouleaux, avec des pêcheurs sur les rochers

Falaise de Gris-Gris

Un escalier descend jusqu’au sable, et une petite randonnée facile part le long de la falaise, un peu au-dessus de cet escalier ; c’est la meilleure façon de voir l’endroit, et elle a son propre article : la randonnée à la Roche qui Pleure. Cette dernière porte bien son nom : l’eau qui ruisselle sur sa paroi après chaque vague donne l’illusion de larmes. Voir aussi la page de la plage de Gris Gris.

Rochester Falls

Rochester Falls tombe à quelques minutes du village, au bout d’un chemin qui traverse les champs de canne. La cascade est large plutôt que haute, et sa singularité tient à la roche : le basalte s’y est débité en colonnes rectangulaires, comme un mur de briques taillé à la main, sur lequel l’eau se répartit en nappes. L’environnement est resté sauvage, sans aménagement ni billetterie, et l’on entend la chute avant de la voir. C’est l’un des sites à ne pas rater quand on vient à Souillac. Voir la page de la cascade de Rochester Falls.

la cascade de Rochester Falls et le petit lac à ses pieds

La cascade de Rochester Falls

Le jardin Telfair et la plage Telfair

Le jardin Telfair borde la rivière Savanne à l’entrée du village : un parc calme, ombragé, où l’on marche vingt minutes entre deux visites. Il porte le nom de Charles Telfair, naturaliste et médecin irlandais installé à Maurice au XIXe siècle, qui a joué un rôle important dans la botanique de l’île. La plage publique Telfair, également à Souillac, est une plage de sable doré adossée à la côte rocheuse — jolie pour le pique-nique et la promenade, mais soumise à la même mer que ses voisines : la baignade y dépend entièrement des conditions du jour.

Souillac abrite enfin la maison de Robert Edward Hart, poète mauricien de langue française, transformée en musée. C’est une petite visite, gratuite, qui donne un aperçu de la vie littéraire de l’île au début du XXe siècle. Le village entier est présenté sur la page Souillac.

Riambel, Saint-Félix et Bel Ombre : les plages du sud-ouest

À l’ouest de Souillac, le récif revient et la côte redevient balnéaire. Sur une vingtaine de kilomètres, entre Riambel et Bel Ombre, on retrouve du sable, de l’ombre et un lagon praticable — mais dans une version beaucoup plus calme que le nord, sans front de mer commerçant ni animation.

La plage de Saint-Félix est la plus connue des trois. Une longue courbe de sable blanc bordée de filaos et d’une pelouse, une eau très claire, et le week-end, des familles mauriciennes installées pour la journée avec la glacière et le jeu de cartes. C’est l’une des plages où l’on peut se baigner dans le sud, avec la réserve habituelle : les fonds sont irréguliers et des courants existent, il faut rester dans la zone où sont les autres.

La plage de Bel Ombre déroule plus de deux kilomètres de sable devant un lagon calme et peu profond, propice à la baignade familiale et au snorkeling. Le secteur concentre une partie des grands hôtels du sud, sans que cela ferme l’accès à la mer : à Maurice, toutes les plages sont publiques. Derrière la côte s’étend le domaine sucrier de Bel Ombre et sa réserve naturelle de Frédérica, qui se visite en randonnée ou en quad et donne accès à une forêt et à des cascades qu’on n’atteint pas autrement. Riambel, entre les deux, est une plage de village, très fréquentée le dimanche et sans équipement.

C’est aussi de cette côte que l’on part, en saison, pour observer les baleines à bosse au large. Elles passent dans les eaux mauriciennes durant l’hiver austral, et les sorties sont encadrées par une réglementation stricte qu’il faut connaître avant de réserver.

Baie du Cap et le point de vue de Macondé

Macondé est le dernier site du sud avant Le Morne, et le plus photographié. Un piton de basalte s’avance dans la mer, la route côtière le contourne en épingle, et un escalier étroit grimpe jusqu’à un belvédère posé au sommet. De là, on embrasse la côte sur cent quatre-vingts degrés : les falaises, les récifs extérieurs, le village de Baie du Cap en contrebas, et Le Morne qui ferme l’horizon à l’ouest.

La particularité du lieu tient à la couleur de l’eau. Vue d’en haut, la mer ne fait pas un aplat de turquoise mais une succession de bandes — bleu profond, vert, presque blanc au-dessus des hauts-fonds — qui bougent avec la lumière. On dirait des aurores boréales sous la surface. C’est un effet que les photos rendent mal et qu’il faut voir de ses yeux, de préférence en milieu de journée quand le soleil est haut.

bandes bleues et vertes du lagon vues du point de vue de Macondé

lagon vu du point de vue de Macondé

Deux points pratiques. Le site est très fréquenté le week-end, mieux vaut y passer en semaine ou tôt le matin. Et il n’y a pas de parking : on se gare le long de la route, dans un virage sans visibilité, ce qui impose une vraie vigilance en descendant de voiture, surtout avec des enfants. Le secteur, soit dit en passant, est resté longtemps coupé du reste de l’île : la première route ne l’a désenclavé que dans les années 1920. Voir la page du point de vue de Macondé.

La Vanille Nature Park

La Vanille Nature Park, à Rivière des Anguilles, est la sortie familiale de référence dans le sud. Créé en 1985 sous le nom de parc aux crocodiles, il occupe un vallon boisé et humide, traversé de passerelles, où la visite se fait à pied à l’ombre. Elle est longue et agréable : comptez une bonne demi-journée si vous prenez votre temps.

crocodile du parc Vanille nature park vue depuis une passerelle

crocodile du parc Vanille nature park

Les tortues géantes d’Aldabra en sont les vedettes. Elles vivent ici en troupeau, en semi-liberté, et le parc en héberge plusieurs centaines — au point qu’on finit par les enjamber du regard comme des rochers, jusqu’à ce que l’une d’elles se mette en marche. Les enfants adorent. L’autre attraction est l’enclos des crocodiles du Nil, que l’on observe depuis une passerelle : ils s’entassent par dizaines sur la berge, immobiles au soleil, et le nourrissage est le moment que tout le monde attend. Le parc abrite aussi un insectarium riche de dizaines de milliers de spécimens, un restaurant et une aire de jeux. Voir la page de La Vanille Nature Park.

Tortues géantes en semi-liberté dans le parc

Tortues géantes en semi-liberté dans le parc

La route du thé : Bois Chéri et Saint-Aubin

La route du thé, du rhum et de la vanille est un circuit de trois domaines patrimoniaux qui commence dans le centre, au domaine des Aubineaux à Curepipe, et se poursuit dans le sud avec Bois Chéri puis Saint-Aubin. On peut la faire en entier ou n’en retenir que les deux étapes du sud, qui se visitent très bien dans la même journée.

Bois Chéri

Bois Chéri est la plus ancienne plantation de thé de l’île Maurice : les premières théières y ont été plantées en 1892, sur des terres à canne dévastées par un cyclone, et l’usine tourne depuis. On y voit d’abord le paysage — des champs de thé taillés au cordeau qui descendent vers le lac du domaine, sur les hauts plateaux du sud, à environ cinq cents mètres d’altitude, dans un climat frais et souvent pluvieux qui n’a plus rien de tropical.

Champs de thé autour d'un petit lac, vue depuis le restaurant de Bois chéri

Champs de thé vue depuis le restaurant de Bois chéri

La visite tient en trois temps : le musée, qui retrace l’histoire du thé mauricien avec ses machines anciennes ; l’usine, où l’on suit la feuille du séchage à l’ensachage, dans le bruit des machines et l’odeur du thé chaud — c’est la partie la plus intéressante, celle où l’on comprend vraiment comment est « fait » le thé ; puis la dégustation, en surplomb de la plantation. Un point à savoir avant de partir : l’usine tourne au ralenti d’avril à septembre, hors saison de récolte, et l’on peut donc tomber sur des machines à l’arrêt. Voir la page du domaine de Bois Chéri.

Le domaine de Saint-Aubin

Saint-Aubin, plus bas vers la côte, s’organise autour d’une grande maison coloniale de 1819, reconstruite sur place vers 1870, précédée d’une allée pavée et d’une fontaine. Selon la tradition du domaine, elle aurait été bâtie avec des bois récupérés sur des navires en fin de vie — le détail est joliment raconté sur place, mais il n’est pas documenté ailleurs.

allée menant au Domaine de Saint Aubin

Domaine de Saint Aubin

La visite couvre plusieurs choses en un seul lieu, et c’est ce qui en fait l’intérêt : la distillerie de rhum agricole et sa dégustation, la maison de la vanille avec ses plants tuteurés sous ombrières — la vanille est une orchidée grimpante, et l’on ne s’en rend compte qu’en la voyant sur ses supports —, les serres d’anthuriums, un jardin d’épices et un restaurant qui sert les produits du domaine. Voir la page du domaine de Saint-Aubin.

Grand Bassin, le lac sacré

Grand Bassin, ou Ganga Talao, est le lieu le plus sacré de l’hindouisme mauricien et le site le plus spectaculaire du sud. C’est un lac occupant le cratère d’un ancien volcan, à environ 540 mètres d’altitude, encaissé dans la forêt du district de Savanne. On y arrive par une route qui grimpe, et l’atmosphère change dès le parking : la lumière est plus grise, l’air plus frais, et le bruit tombe.

Deux statues de trente-trois mètres — cent huit pieds, chiffre sacré dans l’hindouisme — gardent l’entrée. Le Mangal Mahadev, représentant Shiva debout avec son trident, a été érigé en 2007 ; c’est une réplique d’une statue du lac Sursagar, à Vadodara en Inde, et la plus haute de Maurice. Face à elle, une statue de la déesse Durga sur son lion lui répond, ajoutée quelques années plus tard. Vues du pied, elles écrasent tout : il faut des visiteurs dans le cadre pour saisir l’échelle.

Statue de Shiva debout avec son trident à Grand Bassin

Statue de Shiva à Grand Bassin

L’histoire du lieu est récente et tient à une vision. En 1897, un prêtre hindou, Jhummon Giri Gossagne, rêve que les eaux du lac communiquent avec celles du Gange ; dès l’année suivante, un premier groupe de pèlerins monte depuis Triolet. En 1972, des swamis venus d’Inde, avec le soutien du Premier ministre Sir Seewoosagur Ramgoolam, versent de l’eau du Gange dans le lac, qui prend alors le nom de Ganga Talao — le lac du Gange.

Autour de l’eau s’égrènent plusieurs temples, dédiés à Shiva, Ganesh, Hanuman ou la déesse Ganga. À l’intérieur du principal, un grand lingam noir coiffé d’un cobra doré occupe le centre d’une plateforme circulaire entourée de dizaines de statues, sous une galerie où pendent les cloches. Un autre temple se gagne par cent huit marches, chacune correspondant à l’un des cent huit noms du dieu. Des singes rôdent autour des offrandes et il ne faut rien laisser sans surveillance.

Le moment fort de l’année est le Maha Shivaratri, en février ou en mars selon le calendrier lunaire. Des pèlerins de toute l’île montent alors jusqu’au lac à pied, souvent pieds nus, en portant des kanwars décorés ; les estimations de fréquentation varient beaucoup d’une source à l’autre, mais c’est de très loin le plus grand rassemblement religieux du pays. En dehors de cette période, le site est calme et le parking souvent vide. C’est un lieu de culte avant d’être une visite : tenue correcte, chaussures retirées à l’entrée des temples, et discrétion avec l’appareil photo pendant les prières. Voir les pages Grand Bassin et Grand Bassin en photos.

Bassin Blanc, Osterlog et l'intérieur

L’intérieur du sud se parcourt par des routes étroites qui montent entre la canne et la forêt, et il réserve deux ou trois arrêts qui ne valent pas un déplacement à eux seuls, mais qui valent le détour quand on passe devant.

Bassin Blanc est un autre lac de cratère, plus petit et plus secret que Grand Bassin, dont l’eau vert sombre est enserrée dans une forêt dense qui descend jusqu’à la rive. Un point de vue aménagé au-dessus permet d’en saisir la forme circulaire. Ce n’est clairement pas un site prioritaire — mais il se trouve sur la route qui relie des lieux plus importants, et l’arrêt de dix minutes en vaut la peine. Voir la page de Bassin Blanc et son point de vue.

Le jardin endémique de la vallée d’Osterlog relève d’une autre logique : c’est un projet de conservation, où l’on replante les espèces indigènes que l’île a presque entièrement perdues. La visite intéressera ceux qui veulent comprendre à quoi ressemblait Maurice avant la canne à sucre, davantage que ceux qui cherchent un panorama.

Entrée du jardin endémique de la vallée d'Osterlog

Le jardin endémique de la vallée d’Osterlog

Enfin, deux circuits du site traversent une bonne partie de la région et donnent des itinéraires tout faits : le circuit Mahébourg – Blue Bay et le circuit Grand Bassin – Bois Chéri – La Vanille.

Se baigner dans le sud : où c'est possible, où ça ne l'est pas

C’est la question qui décide d’un séjour dans le sud, et la réponse est nuancée : on s’y baigne, mais pas partout, et pas n’importe comment. La règle tient en une phrase — là où le récif est présent, le lagon est calme et la baignade normale ; là où il s’interrompt, on ne se baigne pas du tout.

Où la baignade est facile : Blue Bay, à l’extrémité est, avec une eau peu profonde sur de longues distances, idéale pour les enfants ; Bel Ombre, avec un lagon calme sur plus de deux kilomètres ; Saint-Félix, avec la réserve des fonds irréguliers et des courants. Ces trois plages permettent une vraie journée de plage.

Où l’on ne se baigne pas : Gris Gris, le Souffleur, le Pont Naturel et toute la portion de côte sans récif entre Le Bouchon et Souillac. Ce n’est pas une question de prudence excessive : il n’y a rien pour arrêter la houle, la mer casse directement sur la roche, et les rouleaux emportent. On y vient pour regarder, marcher et photographier.

Entre les deux : Telfair et Riambel, où la baignade dépend du jour et de l’état de la mer. Le bon réflexe est celui qui vaut partout à Maurice : regarder où sont les Mauriciens, et faire comme eux. S’il n’y a personne dans l’eau sur une plage fréquentée un dimanche, il y a une raison.

Pour le snorkeling, le sud offre un site exceptionnel — le parc marin de Blue Bay — et peu d’autres. Bel Ombre permet une exploration correcte près du bord. Ailleurs, la mer est soit trop agitée, soit trop trouble. Les précautions générales sont réunies dans le guide du snorkeling à l’île Maurice.

Conseils pratiques

Quand venir. Le sud reçoit les alizés comme l’est, mais son relief le rend plus humide : les averses y sont fréquentes, surtout dans les hauteurs, et Bois Chéri comme Grand Bassin sont régulièrement dans les nuages. De novembre à avril, la chaleur est tempérée par le vent. De juin à septembre, la houle est plus forte, ce qui rend la côte sauvage plus spectaculaire mais réduit encore les possibilités de baignade. Prévoyez toujours une veste légère pour les hauteurs, y compris en plein été.

Se déplacer. La voiture est indispensable. Les sites du sud sont dispersés, l’intérieur ne se dessert quasiment pas en bus, et les distances trompent : trente kilomètres sur des routes de canne prennent facilement une heure. Voir le guide de la location de voiture à l’île Maurice. Pour les pistes du Souffleur et du Pont Naturel, un véhicule haut sur pattes est un vrai confort.

Où loger. Le sud offre deux logiques différentes. Le secteur de Blue Bay et Mahébourg, à côté de l’aéroport, pratique et vivant, avec des restaurants et des commerces. Et le secteur de Bel Ombre et Saint-Félix, plus haut de gamme et plus isolé, où l’on dîne surtout là où l’on dort. Voir réserver un hôtel ou une villa, et le guide sur la côte à choisir pour ses vacances.

Deux journées qui fonctionnent. Une journée côte : Blue Bay le matin pour le lagon, déjeuner à Souillac, Gris Gris et Rochester Falls l’après-midi, coucher de soleil à Macondé. Une journée intérieur : Grand Bassin tôt le matin quand la brume se lève encore sur le lac, Bois Chéri en fin de matinée avec déjeuner sur place, Saint-Aubin ou La Vanille l’après-midi. Tous ces lieux figurent sur la carte des lieux et activités touristiques.

Questions fréquentes sur le sud de l'île Maurice

Où commence et où s’arrête le sud de l’île Maurice ?

Le sud de l’île Maurice s’étend de Blue Bay, à l’est, jusqu’à Baie du Cap, à l’ouest, et comprend aussi l’intérieur des terres. Il correspond pour l’essentiel au district de Savanne et à la frange côtière du district de Grand Port. Au-delà de Baie du Cap commence l’ouest, avec Le Morne ; au nord-est de Blue Bay commence l’est, à partir de Pointe d’Esny.

Peut-on se baigner dans le sud de l’île Maurice ?

Oui, mais pas partout. Blue Bay, Bel Ombre et Saint-Félix disposent d’un lagon protégé par le récif et permettent une baignade normale. En revanche, sur toute la portion de côte sans récif, entre Le Bouchon et Souillac — Gris Gris, le Souffleur, le Pont Naturel —, la baignade est impossible : la houle arrive directement sur la falaise, sans rien pour la freiner.

Que voir dans le sud en une journée ?

Pour une journée sur la côte : Blue Bay et son parc marin le matin, Souillac et Gris Gris à midi, Rochester Falls puis le point de vue de Macondé l’après-midi. Pour une journée dans les terres : Grand Bassin, le domaine de Bois Chéri et La Vanille Nature Park ou le domaine de Saint-Aubin. Les deux journées se combinent mal, mieux vaut choisir.

Grand Bassin se visite-t-il librement ?

Oui, l’accès à Grand Bassin est libre et gratuit toute l’année, y compris pour les non-hindous. Il s’agit d’un lieu de culte en activité : une tenue correcte est attendue, les chaussures se retirent à l’entrée des temples, et il convient d’être discret avec l’appareil photo lorsque des fidèles prient. Pendant le Maha Shivaratri, en février ou mars, l’affluence est considérable.

Le sud convient-il pour un séjour à l’île Maurice ?

Le sud convient à un séjour où l’on veut voir et bouger plutôt que rester sur une plage, ainsi qu’aux familles qui logent près de Blue Bay. Il concentre l’essentiel des visites culturelles et naturelles de l’île, mais offre moins de plages praticables que le nord ou l’ouest, et impose une voiture. Pour un séjour exclusivement balnéaire, une autre côte sera plus confortable.

Quelle est la différence entre Grand Bassin et Bassin Blanc ?

Les deux sont des lacs de cratère du sud de l’île Maurice, mais leur nature diffère complètement. Grand Bassin, ou Ganga Talao, est le principal lieu de pèlerinage hindou du pays, avec ses temples et ses statues de trente-trois mètres. Bassin Blanc est un simple lac de cratère perdu dans la forêt, sans aménagement autre qu’un point de vue, que l’on visite en quelques minutes au passage.

Le Souffleur vaut-il le déplacement ?

Le Souffleur ne se manifeste qu’avec une houle forte : par mer calme, le phénomène est inexistant et le déplacement inutile. L’accès se fait par plusieurs kilomètres de piste à travers les champs de canne, dont les derniers mètres sont très dégradés. Par gros temps, en revanche, le spectacle de la colonne d’eau projetée contre la falaise noire est l’un des plus impressionnants de l’île.

Les informations dans cet article sont données à titre indicatif. L’auteur et l’éditeur déclinent toute responsabilité quant à l’exactitude des informations mentionnées. Il est recommandé de vérifier les informations directement auprès des opérateurs locaux ou des autorités mauriciennes concernées lors de votre séjour. Voir les CGU (Article 12).

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