Guides complets
Que peut-on ramener (ou non) dans sa valise de l’île Maurice – Guide complet
Que peut-on ramener de l’île Maurice ? Douane, souvenirs interdits et franchises au retour
Cette page traite de la sortie du territoire mauricien et de l’entrée dans votre pays de destination. Elle s’adresse au visiteur qui rentre de vacances comme au Mauricien ou au résident étranger qui part en voyage : le volet mauricien — ce qu’on ne peut pas faire sortir de l’île, la déclaration des objets de valeur — s’applique à tous sans distinction de nationalité, et le volet destination dépend uniquement du pays où vous vous rendez. Si votre question porte au contraire sur l’entrée à Maurice, c’est l’autre guide qu’il vous faut : que peut-on amener (ou non) en vacances à l’île Maurice. Les deux régimes sont totalement distincts : les quantités autorisées à l’entrée à Maurice n’ont rien à voir avec celles autorisées au retour dans votre pays.
Un dernier tour au bazar de Port-Louis, deux bouteilles de rhum arrangé, un paréo, un sachet de vanille, et ce coquillage ramassé sur le sable qui a fini au fond du sac. La valise du retour se remplit sans qu’on y pense, et c’est précisément là que les ennuis commencent — pas à l’arrivée à Maurice, mais au départ, puis à l’atterrissage chez soi.
Car il y a deux douanes à passer, pas une. Maurice contrôle ce qui sort de son territoire, et votre pays contrôle ce qui y entre. Les deux ne regardent pas les mêmes choses, ne s’appliquent pas aux mêmes personnes et ne prévoient pas les mêmes sanctions. Cette page les traite l’une après l’autre, sources officielles à l’appui, pour que vous sachiez exactement ce que vous pouvez glisser dans vos bagages — et ce qui vous coûtera très cher si vous le faites quand même.
Sommaire
- Deux douanes, deux logiques : le principe à comprendre d’abord
- Ce que Maurice interdit de faire sortir de son territoire
- Déclarer l’argent et les objets de valeur en quittant Maurice
- Récupérer la TVA mauricienne avant de partir
- Ce que vous pouvez rapporter, selon votre destination
- Les produits alimentaires au retour : viandes, laitages et végétaux
- Les espèces protégées : la CITES s’applique à tout le monde
- Les souvenirs mauriciens passés en revue
- Comment ça se passe concrètement à l’aéroport
- Les erreurs qui coûtent cher
- Qui contacter : administrations et ressources officielles
- Questions fréquentes sur ce qu’on peut ramener de Maurice
Deux douanes, deux logiques : le principe à comprendre d'abord
Entre le moment où vous bouclez votre valise à Grand Baie et celui où vous franchissez le filtre douanier de votre aéroport d’arrivée, vos bagages passent sous deux réglementations indépendantes l’une de l’autre.
La première est mauricienne. Elle porte sur l’exportation : certaines marchandises ne peuvent pas quitter le territoire, d’autres exigent une autorisation. Le corail, les coquillages, le sable, les espèces protégées et les biens classés au patrimoine national relèvent de ce premier filtre. Ce qui compte ici, ce n’est pas votre nationalité ni votre destination, mais la nature de l’objet.
La seconde est celle de votre pays. Elle porte sur l’importation : au-delà de certains seuils de valeur et de quantité, vous devez déclarer et payer. Ces seuils changent radicalement d’un pays à l’autre, et un Français, un Suisse et un Canadien qui rentrent du même vol n’ont pas du tout les mêmes droits.
La conséquence pratique est celle que la plupart des voyageurs découvrent trop tard : un objet peut être parfaitement légal à l’achat à Maurice et vous être confisqué au départ, ou passer la douane mauricienne sans encombre et vous valoir une amende à l’arrivée. Les deux contrôles doivent être franchis, dans cet ordre, et satisfaire à l’un ne dit rien de l’autre.
Ce que Maurice interdit de faire sortir de son territoire
Une précision importante avant d’entrer dans le détail. Ces listes encadrent l’exportation en tant que régime douanier, avec déclarations, permis et autorisations d’agences tierces. Elles visent d’abord les envois de marchandises. Pour un voyageur qui repart avec ses achats dans sa valise, la question se pose différemment selon les produits : les objets naturels — corail, coquillages, sable — sont contrôlés au départ, tandis que pour les produits ordinaires du commerce, rhum et souvenirs compris, ce qui vous limite en pratique n’est pas Maurice mais la franchise de votre pays d’arrivée.
Le corail
Le corail ne peut pas être emporté, sous aucune forme. Depuis l’entrée en vigueur du Fisheries Act 2023, la règle figure directement dans la loi mauricienne et non plus seulement dans un règlement d’application.
Son article 20, consacré à la protection de l’écosystème marin, interdit à quiconque, sans autorisation applicable, de couper, élaguer, retirer, emporter, déplacer, transplanter ou endommager de toute autre manière une mangrove, un herbier ou du corail — et interdit aussi de le faire faire par un tiers. L’article 33 range le corail indigène, mort ou vivant, parmi les spécimens qu’on ne peut ni pêcher, ni stocker, ni débarquer, ni vendre, ni détenir sans autorisation. L’article 21 permet au fonctionnaire compétent de délivrer un ordre d’arrêt visant expressément le prélèvement de corail.
La mention « mort ou vivant » mérite qu’on s’y arrête, parce que c’est là que se trompent la plupart des visiteurs. Un morceau de corail blanchi trouvé sur le sable, sec depuis des mois, n’est pas plus autorisé qu’un fragment arraché au récif. La loi ne fait pas la différence.
À cela s’ajoute le filtre douanier : la MRA classe les coraux, vivants ou morts, parmi les marchandises dont l’exportation exige l’autorisation préalable d’une agence tierce. Autrement dit, même à supposer un prélèvement autorisé, la sortie du territoire reste soumise à une formalité qu’un touriste n’accomplira pas.
Les coquillages
Les coquillages ramassés sur la plage n’ont pas leur place dans votre valise, quelle que soit la réponse à la question du ramassage lui-même. C’est le point de départ, et il tient à la douane : la MRA soumet à autorisation d’une agence tierce l’exportation des coquillages, vivants ou morts, sans distinguer les espèces. Un touriste n’obtiendra pas cette autorisation, qui relève des circuits professionnels.
Sur le ramassage en lui-même, la situation juridique demande d’être exposée honnêtement, car elle n’est pas établie.
Un règlement de 2006, le Fisheries and Marine Resources (Prohibition of Removal of Coral and Sea-shell) Regulations 2006 (Government Notice n° 95 de 2006, entré en vigueur le 1er août 2006), interdisait de prélever des coquillages dans les zones maritimes mauriciennes sans permis, à deux exceptions près. La première visait une liste d’espèces annexée au texte, désignées par leurs noms créoles : betay, bigorneau, bouche d’argent, gono gono, hache d’arme, mangouak, tek tek. La seconde, plus notable, autorisait toute personne à ramasser jusqu’à dix coquillages par jour, non habités par un animal vivant, dans la zone de balancement des marées d’une plage publique et à des fins récréatives. Les sanctions prévues allaient de 2 000 à 50 000 roupies d’amende, assorties d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans.
Ce règlement avait été pris sous l’empire de la loi de 1998, abrogée depuis. Le Fisheries Act 2023 qui régit aujourd’hui la matière ne reprend pas visiblement cette tolérance, et sa clause de sauvegarde énumère les procédures, ordonnances, licences, autorisations et concessions maintenues, sans mentionner la législation subordonnée. Nos recherches dans les bases juridiques internationales et les Government Notices publiés depuis n’ont pas permis de trouver de règlement de remplacement. Nous ne sommes donc pas en mesure d’affirmer si la tolérance des dix coquillages est encore en vigueur, et nous préférons l’écrire plutôt que de trancher à votre place. Le ministère de l’Économie bleue, des Ressources marines, des Pêches et de la Navigation est l’autorité compétente pour le confirmer ; ses coordonnées figurent plus bas.
Cette incertitude ne change rien à votre décision pratique, et c’est la seule chose à retenir : même si le ramassage est toléré, l’exportation, elle, ne l’est pas. Le coquillage ramassé légalement le matin reste un coquillage que vous ne pouvez pas emporter le soir.
Et les coquillages achetés en boutique ? La question revient sans cesse, et la réponse déçoit : une facture prouve d’où vient l’objet, pas qu’il a le droit de sortir du territoire. Le contrôle mauricien à l’exportation vise les coquillages sans distinguer leur origine ni leur mode d’acquisition. Une boutique peut donc vendre en toute légalité un objet qui ne pourra pas quitter l’île dans votre valise. Le raisonnement vaut aussi pour les coquillages importés d’Asie et revendus sur place : leur provenance étrangère ne les soustrait pas au contrôle mauricien, et selon l’espèce, la CITES peut s’y ajouter.
Un cas fait exception, mais il vient du droit international et non du droit mauricien : les coquilles de bénitier bénéficient d’une tolérance au titre de la CITES, détaillée dans la section consacrée aux espèces protégées.
À Rodrigues, la règle est plus stricte encore, et sans ambiguïté : la réglementation adoptée par l’Assemblée régionale interdit d’offrir, de pêcher, de vendre, de collecter, de détruire, d’endommager, de retirer, de déplacer ou de retourner tout corail, coquillage ou concombre de mer sans l’autorisation écrite du commissaire chargé de la pêche. Aucune tolérance de quantité n’y est prévue. Si votre séjour comprend une étape à Rodrigues, considérez que rien de ce qui vient du lagon ne repart avec vous.
Le sable
Le sable figure sur la liste des exportations contrôlées établie par la MRA, aux côtés du riz, de la farine, du calcaire, du ciment et du diamant brut. Sa sortie du territoire est subordonnée à un permis d’exportation délivré par le ministère du Commerce et de la Protection des consommateurs.
Dit autrement : ce n’est pas qu’un flacon de sable de Belle Mare soit « interdit » par une disposition qui le viserait nommément, c’est qu’il relève d’un régime de permis auquel aucun voyageur n’a accès. Le résultat est le même, mais la nuance vaut d’être connue si un vendeur vous affirme un jour que « ce n’est pas interdit ». Techniquement il a raison, et cela ne vous avancera à rien au contrôle.
Le patrimoine national
L’exportation d’un bien classé au patrimoine national est purement et simplement prohibée sans l’accord préalable du National Heritage Fund Board. Cette interdiction figure parmi les rares prohibitions absolues de la liste douanière mauricienne, à côté du cuivre exporté sous forme de ferraille. Elle renvoie aux biens désignés à l’article 12 et à l’annexe du National Heritage Fund Act 2003.
Le cas se présente rarement pour un touriste, mais il n’est pas théorique : il peut concerner des objets anciens, des pièces d’intérêt archéologique ou historique achetés chez un antiquaire. Si vous acquérez un objet ancien de valeur, demandez au vendeur une facture détaillée mentionnant sa nature et son âge, et interrogez-le explicitement sur son statut.
Les denrées alimentaires
Les denrées alimentaires qui quittent Maurice relèvent d’un contrôle sanitaire, et pas seulement des règles du pays d’arrivée. La MRA indique que les denrées nécessitent l’autorisation du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, et que dans certains cas un certificat est exigé par les autorités du pays importateur. Les produits frais — fruits, légumes, poisson, viande — font l’objet d’un contrôle strict des autorités agricoles.
Une exception mérite d’être signalée, parce qu’elle est méconnue et qu’elle peut servir : les denrées en provenance de Rodrigues circulent sans autorisation des autorités agricoles, à l’entrée comme à la sortie.
En pratique, pour un voyageur, la ligne de partage est simple à retenir. Les produits transformés et emballés d’origine industrielle — sucres spéciaux, thés, épices en sachet scellé, confitures, rhums, biscuits — ne posent normalement pas de difficulté au départ. Les produits frais, artisanaux ou vendus en vrac sur un marché en posent, et ce sont précisément ceux que le pays d’arrivée bloquera de son côté. Nous y revenons dans la revue des souvenirs.
Les contrefaçons
Une contrefaçon est un délit dans les deux sens de votre voyage. La MRA retient à la frontière un large éventail d’imitations : vêtements, chaussures, sacs, portefeuilles, casquettes, lunettes de soleil, montres, accessoires de téléphone, parfums et cosmétiques. Du côté français, la contrefaçon est strictement interdite à l’importation, sans seuil de tolérance ni quantité admise.
C’est un piège classique des marchés touristiques, et il n’est pas propre à Maurice. Une montre ou un sac de marque proposés à un prix sans rapport avec l’original ne sont pas une bonne affaire, mais une marchandise saisissable, doublée d’une amende. Les marchés et bazars mauriciens regorgent d’artisanat authentique qui ne vous exposera à rien : c’est de ce côté qu’il faut chercher.
Déclarer l'argent et les objets de valeur en quittant Maurice
Le seuil de déclaration est de 500 000 roupies, et il vaut aussi bien à la sortie qu’à l’entrée. C’est le point que presque toutes les sources francophones traitent à moitié, en ne mentionnant que l’arrivée.
La règle, telle que la formule la MRA, est plus large qu’une simple limite d’argent liquide. Toute personne qui entre à Maurice, y transite ou en sort avec plus de 500 000 roupies — ou l’équivalent en devises étrangères — en espèces ou en instruments au porteur doit le déclarer aux douanes. Mais le seuil s’applique également aux pierres et métaux précieux, y compris l’or, les diamants et les bijoux, ainsi qu’à tout bien de grande valeur, œuvres d’art comprises, dès lors que la valeur dépasse ce montant. La déclaration se fait en ligne sur le service dédié de la MRA ou au moyen du formulaire papier, et elle doit indiquer l’origine et l’usage prévu de la somme.
Concrètement, cela concerne le voyageur qui a acheté des bijoux sur place. À titre indicatif seulement, 500 000 roupies représentent un ordre de grandeur de l’ordre de dix mille euros : ce n’est pas un seuil que le voyageur moyen atteint, mais une pièce de joaillerie, une montre ou une collection d’achats peuvent y conduire plus vite qu’on ne l’imagine. Le taux de change évoluant en permanence, vérifiez la contre-valeur au moment de votre départ — notre page sur l’argent et le budget des vacances à Maurice détaille le fonctionnement de la roupie.
Notez aussi que ce seuil mauricien est indépendant de celui de votre pays d’arrivée. L’Union européenne impose sa propre déclaration à partir de 10 000 euros, le Royaume-Uni à partir de 10 000 livres, le Canada à partir de 10 000 dollars canadiens. Vous pouvez donc avoir à déclarer deux fois, à deux administrations différentes, la même somme.
Du côté français, la notion d’espèces est plus large qu’on ne le croit : elle englobe les billets et les pièces, mais aussi les chèques, y compris les chèques de voyage, l’or, les métaux précieux et les pierres précieuses. Il n’existe aucun plafond au montant transportable — seulement une obligation de le déclarer au-delà du seuil. La sanction du défaut de déclaration est lourde : une amende pouvant atteindre la moitié de la somme transportée, assortie d’une confiscation possible. La déclaration se fait en ligne sur le site des douanes ou sur formulaire papier disponible à l’aéroport.
Récupérer la TVA mauricienne avant de partir
Un visiteur peut se faire rembourser la TVA sur ses achats, à condition de s’y prendre avant de passer les contrôles. Le dispositif existe sous deux formes, et il se joue au comptoir de la Chambre de commerce et d’industrie de Maurice (MCCI) situé à l’aéroport.
Première formule : vous achetez normalement, TVA comprise, dans un commerce participant, et vous demandez le remboursement des droits et taxes au comptoir MCCI avant votre départ, sur présentation des marchandises, du bon DF5 ou de la facture acquittée, du passeport et du billet. Seconde formule : vous achetez directement hors taxes dans une boutique relevant du régime de report de droits et taxes, et vous récupérez vos articles au comptoir MCCI sur présentation du bon DF4, de la facture hors taxes, du passeport et du billet.
Dans les deux cas, la douane peut exiger que les marchandises lui soient présentées. Prévoyez donc de les garder accessibles plutôt que de les enfouir dans une valise enregistrée, et arrivez à l’aéroport avec de la marge.
Ce mécanisme, les boutiques concernées et les produits éligibles sont détaillés dans notre guide du duty free à l’île Maurice, qui traite également la précommande en ligne et les boutiques hors taxes de l’île.
Ce que vous pouvez rapporter, selon votre destination
Passé le contrôle mauricien, ce sont les règles de votre pays qui s’appliquent — et elles diffèrent profondément. Deux mécanismes coexistent partout : une franchise en valeur, qui porte sur les marchandises ordinaires, et des franchises en quantité, qui portent sur l’alcool et le tabac. Mais la façon dont ces deux mécanismes s’articulent change d’un pays à l’autre, et c’est là que se prennent les mauvaises décisions.
Trois questions permettent de comparer n’importe quel régime, et nous les posons pour chacun des pays traités ci-dessous : quel est le seuil en valeur, la valeur de l’alcool et du tabac entre-t-elle dans ce seuil, et en cas de dépassement paie-t-on sur la totalité ou seulement sur l’excédent ?
France et Union européenne
La franchise en valeur est de 430 euros par personne pour un voyageur de 15 ans et plus arrivant par voie aérienne, 300 euros pour les autres modes de transport, et 150 euros pour les moins de 15 ans quel que soit le mode. Maurice étant un pays tiers à l’Union, c’est ce régime qui s’applique, et il vaut à l’identique pour les voyageurs rentrant en Belgique, au Luxembourg ou dans tout autre État membre, les seuils étant harmonisés par la directive européenne.
Les franchises en quantité, indépendantes du seuil en valeur, sont les suivantes :
- Tabac : 200 cigarettes, ou 100 cigarillos, ou 50 cigares, ou 250 grammes de tabac à fumer ;
- Alcool : 4 litres de vins tranquilles et 16 litres de bière, et en plus soit 1 litre de boissons titrant plus de 22°, soit 2 litres de boissons titrant 22° ou moins ;
- Médicaments : les quantités correspondant aux besoins du voyageur.
Une précision sur les vins, parce qu’elle surprend souvent : les vins mousseux et le champagne ne relèvent pas de la catégorie des vins tranquilles mais de celle des boissons titrant 22° ou moins, au même titre que les vins fortifiés comme le porto. Une bouteille de champagne s’impute donc sur les 2 litres de cette catégorie, et non sur les 4 litres de vin tranquille.
Deux mécanismes méritent d’être compris, parce qu’ils sont presque toujours mal expliqués.
Les quantités ne se cumulent pas, mais elles se fractionnent. Vous ne pouvez pas additionner 200 cigarettes et 50 cigares. En revanche, un assortiment proportionnel est admis à l’intérieur d’une même catégorie : la douane française donne elle-même l’exemple de 100 cigarettes, qui ne consomment que la moitié de la franchise tabac, la moitié restante pouvant être utilisée en 50 cigarillos, ou 25 cigares, ou 125 grammes de tabac à fumer.
La valeur des marchandises soumises à limites quantitatives n’entre pas dans le calcul de la franchise en valeur. C’est une bonne nouvelle pour qui rentre chargé de rhum : vos bouteilles, dans la limite des quantités autorisées, ne viennent pas grignoter vos 430 euros, qui restent disponibles pour le reste de vos achats.
Pour calculer votre franchise en valeur, additionnez le prix d’achat de tous vos produits, factures à l’appui. Un objet reçu en cadeau se valorise à son prix marchand estimé : ne pas l’avoir payé ne le fait pas sortir du calcul.
Le piège, en revanche, est net. En cas de dépassement, la taxation porte sur la valeur totale, sans aucun abattement, et non sur la seule fraction excédentaire : un appareil acheté 450 euros est taxé sur 450 euros, pas sur 20. Et les franchises ne se cumulent pas entre voyageurs pour un même objet — une famille de quatre personnes ne peut pas additionner quatre fois 430 euros pour justifier un objet à 1 720 euros. Les personnes de moins de 17 ans, enfin, ne bénéficient d’aucune franchise pour le tabac et l’alcool.
Au-delà des franchises, un droit de douane forfaitaire de 2,5 % s’applique jusqu’à 700 euros de valeur hors taxes par voyageur ; au-delà, c’est le tarif douanier commun. La TVA reste due dans tous les cas.
Ces règles reposent sur l’article 41 du règlement (CE) 1186/2009 et sur le 10° de l’article 50 octies de l’annexe IV du Code général des impôts, qui renvoient à la directive 2007/74/CE ; les quantités de tabac sont précisées par la circulaire du 28 avril 2023.
La Réunion
Les Réunionnais relèvent des mêmes seuils que la métropole, mais avec deux taxes supplémentaires et une interdiction que personne ne mentionne. C’est le régime le plus mal documenté des cinq, alors que la liaison entre les deux îles est courte et fréquentée.
La Réunion appartient au territoire douanier de l’Union européenne mais constitue, sur le plan fiscal, un territoire tiers — y compris dans ses relations avec la métropole. Les franchises en valeur sont de 430 euros pour les 15 ans et plus et de 150 euros pour les moins de 15 ans, et les franchises quantitatives sur l’alcool sont identiques à celles de la métropole. Mais au-delà du seuil, la taxation porte sur la valeur totale sans abattement et comprend, en plus des droits de douane et de la TVA, l’octroi de mer et l’octroi de mer régional.
Surtout, tout végétal frais est interdit dans les bagages des voyageurs arrivant à La Réunion : fruits frais, légumes, fleurs, plantes ou parties de plantes, bulbes, rhizomes, ainsi que les semences. L’interdiction est de nature phytosanitaire et vise à protéger l’île de l’introduction d’organismes nuisibles. Elle ne connaît pas de tolérance de quantité. Les sources officielles consultées ne citent pas toutes le même arrêté préfectoral pour la fonder — la préfecture mentionne un arrêté du 13 septembre 1992, d’autres sources un arrêté n° 3327 du 28 avril 2014 —, mais l’interdiction elle-même est constante et confirmée par la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt.
Pour un Réunionnais qui rentre de Maurice avec des letchis, des mangues ou un bouquet, la conséquence est immédiate : ces produits ne passeront pas. Les conserves, confitures et produits transformés, en revanche, ne sont pas concernés.
Si vous faites régulièrement l’aller-retour, notre page sur les conditions d’entrée à Maurice depuis La Réunion traite le volet formalités.
Suisse
La franchise-valeur suisse est de 150 francs, et elle englobe l’alcool et le tabac — exactement l’inverse de la règle française. C’est la particularité à retenir, et elle change tout pour qui rentre avec du rhum.
L’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières est explicite : toutes les marchandises importées sont prises en compte pour l’octroi de la franchise-valeur, y compris les denrées alimentaires, les tabacs manufacturés et les boissons alcooliques. Seuls les effets personnels, les provisions de voyage et le carburant en sont exclus. Trois bouteilles de bon rhum mauricien peuvent donc à elles seules consommer la totalité de la franchise.
Ce seuil est bas, et il a récemment baissé : depuis le 1er janvier 2025, il est passé de 300 à 150 francs. De nombreux sites, y compris récents, continuent d’annoncer 300 francs ; la valeur en vigueur est bien de 150. Au-delà, la TVA suisse — 8,1 %, ou 2,6 % au taux réduit pour certaines marchandises comme les denrées alimentaires — se calcule sur la valeur totale des marchandises importées, et non sur le dépassement.
Les franchises en quantité sont en revanche plus généreuses que côté français : 5 litres de boissons alcooliques jusqu’à 18° et 1 litre au-delà de 18°, et 250 cigarettes, à partir de 17 ans. Ces quantités sont accordées une fois par personne et par jour.
La déclaration peut se faire à l’avance depuis l’application QuickZoll, qui calcule les redevances et permet de les acquitter directement, ce qui évite le passage par le couloir rouge à l’arrivée.
Royaume-Uni
La franchise pour les marchandises ordinaires est de 390 livres, ramenée à 270 livres pour une arrivée par avion privé ou par bateau de plaisance. Comme en France, la valeur de l’alcool et du tabac n’entre pas dans ce seuil, mais comme en France également, le dépassement se paie sur la totalité et non sur l’excédent.
Les franchises quantitatives applicables en Grande-Bretagne sont sensiblement plus larges que dans l’Union européenne :
- Tabac : 200 cigarettes, ou 100 cigarillos, ou 50 cigares, ou 250 grammes de tabac, ou 200 bâtonnets pour dispositifs à tabac chauffé — une seule catégorie à la fois, avec possibilité de fractionner ;
- Alcool : 42 litres de bière et 18 litres de vin tranquille, auxquels s’ajoutent soit 4 litres de spiritueux de plus de 22°, soit 9 litres de boissons titrant jusqu’à 22°.
Aucune franchise de tabac ou d’alcool n’est accordée aux moins de 17 ans. En cas de dépassement, la déclaration se fait en ligne, et elle est possible jusqu’à cinq jours avant l’arrivée. À défaut de déclaration, les marchandises peuvent être saisies.
Attention à un point souvent négligé : les achats effectués en duty free comptent dans ces franchises. Une bouteille achetée à l’aéroport SSR s’additionne à celles achetées en ville.
Canada
Le Canada applique une exemption de 800 dollars canadiens après une absence d’au moins 48 heures — et, seul des cinq régimes traités ici, il ne taxe que le dépassement.
L’Agence des services frontaliers du Canada l’écrit sans ambiguïté : si la valeur des biens rapportés excède 800 dollars, les droits et taxes ne s’appliquent que sur la valeur importée au-delà de ce montant. C’est une différence de fond avec la France, la Suisse et le Royaume-Uni, où le franchissement du seuil rend la totalité taxable.
L’exemption est graduée selon la durée d’absence : aucune exemption en deçà de 24 heures, 200 dollars après 24 heures — sans alcool ni tabac —, 800 dollars après 48 heures. Pour un séjour à Maurice, c’est évidemment le régime des 48 heures qui s’applique. Le décompte se fait à l’heure près : parti à 19 heures le vendredi, vous ne pouvez pas revenir avant 19 heures le dimanche pour y prétendre.
Les quantités d’alcool et de tabac incluses dans l’exemption sont limitées à 1,5 litre de vin, ou 1,14 litre de spiritueux, ou 8,5 litres de bière, et à 200 cigarettes, 50 cigares, 200 grammes de tabac fabriqué et 200 bâtonnets de tabac. L’alcool et le tabac doivent vous accompagner physiquement à l’arrivée, alors que les autres biens peuvent suivre. L’âge minimal pour importer de l’alcool est celui de la province ou du territoire d’entrée ; il est de 18 ans pour le tabac.
Au-delà de l’exemption, un taux de droit avantageux de 7 % s’applique aux 300 dollars suivants, hors alcool et tabac, la TPS ou la TVH restant due.
Les autres nationalités
Si votre pays ne figure pas ci-dessus, la question se déplace vers lui, et nous n’inventerons pas ses règles. Les seuils, la manière de calculer le dépassement et les produits interdits varient trop d’un État à l’autre pour être extrapolés.
Trois questions à poser à votre administration douanière ou à votre consulat suffisent à couvrir l’essentiel : quel est le montant de la franchise en valeur pour un retour d’un pays tiers par voie aérienne ; la valeur de l’alcool et du tabac est-elle comprise dans cette franchise ; et en cas de dépassement, la taxation porte-t-elle sur la totalité ou sur l’excédent ? Ajoutez-y la question des produits d’origine animale et végétale, qui est la source la plus fréquente de saisies.
La MRA elle-même le rappelle : la douane mauricienne n’est pas en mesure de renseigner sur les exigences douanières des autres pays, et renvoie au consulat ou à l’ambassade concernés.
Les produits alimentaires au retour : viandes, laitages et végétaux
C’est la catégorie qui provoque le plus de saisies, et de loin. Les restrictions ne portent pas sur la valeur mais sur la nature du produit : une charcuterie sous vide à quelques euros sera confisquée là où un bijou coûteux passera sans difficulté, pourvu qu’il soit déclaré.
Les viandes et les produits laitiers en provenance de pays tiers sont interdits à l’entrée dans l’Union européenne. L’interdiction couvre l’ensemble de la catégorie, y compris ce qu’on n’imagine pas : charcuteries, conserves de viande, bouillons cubes, fromages, beurre, crème et yaourts. Elle vise le risque sanitaire animal et ne connaît pas de tolérance de quantité.
Quelques exceptions limitées existent : le lait en poudre pour nourrissons et les aliments infantiles en petites quantités, certains produits de la pêche dans la limite de 20 kilos par personne, et le miel jusqu’à 2 kilos par personne.
Maurice fait en outre l’objet d’un avertissement particulier lié à la fièvre aphteuse. Des foyers ayant été détectés par le passé à Maurice et à Rodrigues, France Diplomatie rappelle sur sa fiche consacrée à l’entrée et au séjour à Maurice, toujours en vigueur en 2026, que l’exportation depuis Maurice de certains produits d’origine animale est formellement interdite vers la France comme vers tout autre pays de l’Union européenne. La maladie n’est pas transmissible à l’homme, mais elle est extrêmement contagieuse pour les animaux d’élevage — d’où la sévérité du dispositif.
Les sanctions sont à la mesure de l’enjeu : confiscation de la marchandise et poursuites pénales pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende, peines portées dans certains cas à dix ans et 300 000 euros.
Du côté des végétaux, l’entrée de fruits frais, de légumes, de plantes et de fleurs coupées depuis un pays tiers est réglementée selon le risque phytosanitaire. Beaucoup sont interdits, les autres exigent un certificat phytosanitaire et un passage par un point d’entrée communautaire avec contrôle — une formalité sans rapport avec un retour de vacances. Sont en revanche sans difficulté les épices séchées et conditionnées, le thé et le café conditionnés, et les fruits secs industriels. Sont à écarter les fruits frais, même en petite quantité, les plantes en pot et les boutures, les graines non conditionnées et les légumes frais.
Le conseil qui découle de tout cela tient en une phrase : ne rapportez aucun produit alimentaire d’origine animale de Maurice, et aucun végétal frais. Les contrôles sont stricts, les produits saisis sont détruits, et aucun souvenir gustatif ne vaut ce risque. Rappelons enfin que ces denrées font aussi l’objet, du côté mauricien, d’un contrôle à la sortie, détaillé plus haut.
Les espèces protégées : la CITES s'applique à tout le monde
La Convention de Washington encadre le commerce international des espèces menacées, vivantes ou mortes, ainsi que de leurs parties et produits dérivés — et elle s’applique indépendamment des franchises douanières. Un objet peut être largement en dessous de votre franchise en valeur et rester interdit à ce titre.
Les États membres de l’Union européenne n’appliquent pas la CITES directement mais le règlement (CE) 338/97, qui reclasse les espèces en quatre annexes A, B, C et D, avec un niveau de protection généralement supérieur à celui de la convention.
Plusieurs catégories sont concernées, au-delà de ce qu’on trouve couramment sur un marché mauricien : l’ivoire sous toutes ses formes, les peaux de reptiles — crocodile, serpent — et les plumes d’oiseaux exotiques protégés relèvent tous de ce régime et exigent un permis. Deux cas, cependant, concernent réellement le voyageur qui rentre de Maurice.
Les tortues marines relèvent de l’annexe A, celle du niveau de protection le plus élevé, qui couvre expressément les carapaces et les objets en écaille. Aucune tolérance n’existe pour une première importation dans l’Union : un permis d’importation est obligatoire, accompagné du certificat de réexportation délivré par le pays tiers. Autant dire qu’un bijou, un peigne ou un objet décoratif en écaille de tortue acheté sur un marché est à écarter sans hésiter — sans compter que son achat encourage un trafic que Maurice combat par ailleurs, comme l’explique notre page sur l’observation des tortues marines à l’île Maurice.
Les coquilles de bénitier bénéficient en revanche d’une tolérance chiffrée. La douane française admet, parmi les effets personnels transportés dans les bagages de leur propriétaire et sans document CITES, jusqu’à trois coquilles de bénitiers (Tridacnidae spp.) par personne, chaque spécimen pouvant être une coquille intacte ou deux moitiés correspondantes, sans dépasser 3 kilos au total. Cette tolérance vaut pour tous les voyageurs, résidents de l’Union européenne ou non.
Attention toutefois : cette tolérance porte sur l’entrée dans l’Union européenne. Elle ne vous dispense en rien du contrôle mauricien à l’exportation, qui vise les coquillages sans distinction d’espèce. En clair, la CITES ouvre une porte que la douane mauricienne garde fermée.
Les permis et notifications d’importation s’obtiennent en France auprès des DREAL, via le service en ligne i-CITES, et doivent être demandés une à quatre semaines à l’avance selon le spécimen. Ils sont présentés spontanément au bureau de douane d’entrée dans l’Union.
Les souvenirs mauriciens passés en revue
Voici, produit par produit, ce qu’il faut savoir avant de remplir sa valise. Le principe général est rassurant : l’immense majorité de ce que vous achèterez à Maurice ne pose aucun problème, et les difficultés se concentrent sur quelques catégories bien identifiées.
Le rhum. Sans difficulté, dans la limite des franchises quantitatives de votre pays. C’est le souvenir mauricien par excellence, et son achat en boutique ou en distillerie est parfaitement légal à l’exportation. Rappelez-vous simplement que les bouteilles achetées en duty free s’ajoutent à celles achetées en ville, et que la Suisse compte leur valeur dans sa franchise alors que la France ne la compte pas. Si vous vous intéressez à sa fabrication, la visite d’une distillerie comme le domaine de Saint-Aubin éclaire utilement l’achat.
Le rhum arrangé maison. Plus délicat, parce qu’il contient des fruits et des épices macérés. Il reste de l’alcool au regard des franchises quantitatives, mais son contenu végétal peut poser question à l’arrivée dans les territoires appliquant des restrictions phytosanitaires strictes — La Réunion au premier chef. Préférez les productions commerciales étiquetées et scellées. Notre page sur le rhum arrangé mauricien détaille les recettes et les usages locaux.
Le sucre et le thé. Sans difficulté sous forme emballée et scellée. Les sucres spéciaux mauriciens et les thés de l’île sont des produits transformés d’origine industrielle, vendus conditionnés.
La vanille et les épices. Sans difficulté en sachet scellé du commerce. En vrac au marché, c’est plus incertain : l’origine et le conditionnement ne sont pas documentés, et certains pays appliquent des restrictions aux produits végétaux non transformés. Le sachet scellé avec étiquette est la solution simple.
Le textile. Sans difficulté, à condition qu’il ne s’agisse pas de contrefaçon. Maurice a une véritable industrie textile et les articles authentiques ne manquent pas.
Les maquettes de bateaux. Sans difficulté. C’est un artisanat local reconnu, et les ateliers fournissent généralement une facture et un emballage adapté au transport aérien.
La vannerie et l’artisanat en vacoas. Sans difficulté dans la très grande majorité des cas. Les objets en fibres végétales sèches et travaillées ne relèvent pas des restrictions sur les végétaux frais.
Les huiles essentielles et cosmétiques locaux. Sans difficulté, sous réserve des règles de transport en cabine pour les liquides. Ce sont des produits manufacturés et conditionnés, qui ne relèvent ni du contrôle sanitaire ni du contrôle phytosanitaire.
Les confitures et chutneys industriels conditionnés. Sans difficulté. C’est la forme sous laquelle rapporter le goût de Maurice sans se heurter aux interdictions sur les produits frais.
Les bijoux. Sans difficulté, mais surveillez la valeur : c’est la catégorie la plus susceptible de vous faire franchir votre franchise, et de vous faire atteindre le seuil mauricien de déclaration des objets de valeur. Conservez les factures.
Les coquillages, coraux, sable, étoiles de mer et oursins séchés. À proscrire, pour les raisons exposées plus haut. C’est la seule catégorie où le risque est réellement élevé, parce qu’elle a l’apparence de l’innocence.
Les objets en écaille de tortue. À proscrire absolument, au titre de la CITES.
Les fruits frais. À écarter, systématiquement. Ils cumulent le contrôle sanitaire mauricien à la sortie et les restrictions phytosanitaires à l’arrivée. Un ananas Victoria ne survivra pas au trajet administratif, même s’il survit au trajet aérien. Il en va de même pour tout produit d’origine animale, viandes, charcuteries et fromages compris : voir la section consacrée aux produits alimentaires.
Comment ça se passe concrètement à l'aéroport
Au départ de l’aéroport SSR, les bagages font l’objet d’un contrôle par scanner. La MRA utilise ces équipements pour détecter les marchandises non déclarées, restreintes ou prohibées. Si vous avez des achats à déclarer, une TVA à récupérer ou des objets de valeur dépassant le seuil, réglez ces formalités avant de passer les contrôles, en gardant les marchandises accessibles.
À l’arrivée, la plupart des aéroports fonctionnent selon le système des deux couloirs. Le couloir vert vaut déclaration que vous n’avez rien à déclarer : ce n’est pas une file d’attente plus rapide, c’est un acte juridique. Si un contrôle révèle des marchandises non déclarées, l’infraction est constituée. Le couloir rouge, lui, ne vous coûte qu’un peu de temps et le paiement de ce qui est dû.
Plusieurs pays ont désormais dématérialisé cette étape. La France propose le simulateur DéclareDouane et le formulaire cerfa 10070. La Suisse permet de déclarer et de payer à l’avance via QuickZoll. Le Royaume-Uni autorise la déclaration en ligne jusqu’à cinq jours avant l’arrivée. Le Canada utilise des bornes d’inspection primaire avec déclaration numérique.
Dans tous les cas, conservez vos factures. C’est le document qui établit la valeur de vos achats, et à défaut, l’administration procède à une estimation qui ne vous sera pas nécessairement favorable.
Les coquillages et le sable font l’objet de questions directes. Des voyageurs rapportent s’être vu demander explicitement, au retour de Maurice, s’ils en transportaient. Les contrôles restent aléatoires et rien ne permet d’en faire une règle, mais l’idée répandue selon laquelle personne ne regarde ces objets est démentie par l’expérience.
Les erreurs qui coûtent cher
Croire qu’un objet mort est un objet libre. C’est l’erreur numéro un. Le corail sec, le coquillage vide, l’étoile de mer séchée : la réglementation vise expressément les spécimens morts comme vivants.
Croire qu’acheter en boutique vaut autorisation. Qu’un objet soit exposé et vendu à Maurice ne signifie pas qu’il puisse quitter le territoire, ni entrer dans le vôtre. La responsabilité du contenu de vos bagages vous incombe personnellement.
Additionner les franchises d’un couple ou d’une famille pour un objet unique. Une franchise est individuelle et attachée à un objet ; elle ne se mutualise pas.
Oublier que le duty free compte. Les achats hors taxes de l’aéroport ne constituent pas une réserve séparée : ils s’imputent sur les mêmes franchises.
Penser que seul le dépassement est taxé. C’est vrai au Canada, faux en France, en Suisse et au Royaume-Uni, où le franchissement du seuil rend l’intégralité de la valeur taxable.
Croire qu’un produit alimentaire acheté en supermarché passera. L’origine commerciale ne change rien : ce sont la nature du produit et sa provenance qui commandent. Une charcuterie sous vide et un fromage industriel sont interdits à l’entrée dans l’Union européenne au même titre qu’un produit de marché.
Compter sur son assurance voyage. Les contrats d’assurance ne couvrent pas les amendes douanières, les confiscations ni les frais de procédure. Une infraction douanière est un risque non assurable.
Qui contacter : administrations et ressources officielles
Les coordonnées ci-dessous sont celles des autorités compétentes, à interroger directement plutôt que de se fier à un forum ou à un blog. Elles étaient exactes à la date de rédaction de cette page.
À Maurice
Mauritius Revenue Authority (MRA) — Customs. C’est l’autorité douanière mauricienne, compétente pour les questions d’exportation, de franchises et de déclaration de devises. Site officiel : mra.mu, rubrique Customs. Les listes des exportations prohibées et contrôlées y sont publiées, de même qu’une foire aux questions destinée aux voyageurs. La déclaration de devises et d’objets de valeur peut être effectuée en ligne depuis le portail de la MRA.
Ministère de l’Économie bleue, des Ressources marines, des Pêches et de la Navigation. C’est l’autorité compétente pour les coraux, coquillages et permis de prélèvement, et donc l’interlocuteur à saisir sur la question du statut actuel de la tolérance de ramassage. Site officiel : blueconomy.govmu.org.
Ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire. Compétent pour les autorisations relatives aux denrées alimentaires à l’exportation.
Comptoir MCCI de l’aéroport SSR. C’est le point de remboursement de la TVA et de retrait des marchandises achetées hors taxes en ville.
Une précaution générale : les sites officiels mauriciens se reconnaissent au domaine govmu.org. Méfiez-vous des sites qui imitent l’administration, en particulier lorsqu’une démarche vous conduit à saisir des données personnelles ou bancaires.
En France
Infos Douane Service. Les conseillers douaniers renseignent les particuliers sur les formalités, du lundi au vendredi hors jours fériés, de 8 h 30 à 18 h. Numéro gratuit depuis la France : 0 800 94 40 40. Depuis l’étranger ou l’outre-mer : +33 1 72 40 78 50. Un rappel peut être demandé en ligne, et une réponse écrite est fournie sous cinq jours ouvrés.
Simulateur DéclareDouane et formulaire cerfa 10070, disponibles sur douane.gouv.fr, pour estimer les droits et taxes et déclarer des biens personnels en provenance d’un pays tiers.
DREAL et service i-CITES pour les permis relatifs aux espèces protégées. Les délais annoncés vont d’une à quatre semaines selon le spécimen : anticipez.
À La Réunion
Direction régionale des douanes de La Réunion, Pôle Action Économique : pae-reunion@douane.finances.gouv.fr
Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) de La Réunion, compétente pour les questions de végétaux : daaf974@agriculture.gouv.fr
Ailleurs
Suisse : Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières, bazg.admin.ch, et application QuickZoll pour déclarer et payer avant l’entrée.
Royaume-Uni : HM Revenue and Customs, gov.uk, rubrique consacrée aux marchandises rapportées à titre personnel.
Canada : Agence des services frontaliers du Canada, cbsa-asfc.gc.ca, qui met à disposition un estimateur de droits et taxes.
Questions fréquentes sur ce qu'on peut ramener de l'île Maurice
Puis-je ramener des coquillages ramassés sur la plage ?
Non. Les coquillages, vivants ou morts, figurent parmi les marchandises dont l’exportation est soumise à l’autorisation d’une agence tierce, autorisation qu’un voyageur n’obtiendra pas. La question de savoir si le ramassage lui-même reste toléré est distincte, et son statut juridique actuel n’a pas pu être établi, comme nous l’expliquons plus haut. Dans tous les cas, ramasser ne donne pas le droit d’emporter.
Et un morceau de corail trouvé sec sur le sable ?
Non plus. La loi mauricienne vise le corail indigène mort ou vivant, sans distinction. L’ancienneté du fragment ou le fait de l’avoir trouvé hors de l’eau ne change rien.
Puis-je ramener du sable dans un petit flacon ?
Non. Le sable figure sur la liste des exportations contrôlées et sa sortie du territoire exige un permis délivré par le ministère du Commerce, qui n’est pas accessible à un particulier.
Combien de bouteilles de rhum puis-je ramener en France ?
Un litre de boissons titrant plus de 22° par personne majeure, ou deux litres de boissons titrant 22° ou moins, en plus de 4 litres de vins tranquilles et de 16 litres de bière. Le rhum dépassant généralement 22°, la réponse pratique est d’une bouteille standard par adulte. Au-delà, il faut déclarer et payer.
La valeur du rhum compte-t-elle dans ma franchise de 430 euros ?
Non, pour un retour en France ou dans l’Union européenne : la valeur des marchandises soumises à limites quantitatives n’entre pas dans le calcul de la franchise en valeur. En Suisse, en revanche, la réponse est oui — les boissons alcooliques sont comptées dans la franchise-valeur.
Puis-je ramener des fruits frais de Maurice ?
Non. L’entrée de fruits frais depuis un pays tiers est réglementée et le plus souvent refusée, et l’interdiction est totale à destination de La Réunion, où aucun végétal frais n’est admis dans les bagages. Les produits transformés et emballés — confitures, épices séchées, thé, fruits secs industriels — ne posent en revanche aucune difficulté.
Dois-je déclarer mes bijoux achetés à Maurice ?
Oui, si leur valeur dépasse 500 000 roupies : le seuil mauricien de déclaration couvre les pierres et métaux précieux, l’or, les diamants et les bijoux, et il s’applique aussi bien à la sortie du territoire qu’à l’entrée. Par ailleurs, leur valeur s’impute sur la franchise de votre pays d’arrivée.
Puis-je acheter des coquillages en boutique et les rapporter ?
Non. Une facture établit la provenance de l’objet, pas le droit de le sortir du territoire : le contrôle mauricien à l’exportation vise les coquillages sans distinguer leur origine ni leur mode d’acquisition. Un commerce peut donc vendre légalement un objet qui ne pourra pas quitter l’île dans vos bagages. Il en va de même pour les coquillages importés d’Asie et revendus sur place.
Puis-je ramener une coquille de bénitier ?
Du point de vue européen, la douane française admet jusqu’à trois coquilles de bénitiers par personne, sans dépasser 3 kilos au total, sans document CITES. Mais côté mauricien, l’exportation des coquillages reste soumise à autorisation sans distinction d’espèce. Les deux réglementations ne disent donc pas la même chose, et c’est la mauricienne que vous rencontrez en premier.
Combien de cigarettes puis-je ramener de Maurice ?
Pour un retour en France ou dans l’Union européenne : 200 cigarettes, ou 100 cigarillos, ou 50 cigares, ou 250 grammes de tabac à fumer, au choix et sans cumul entre ces catégories — un assortiment proportionnel restant possible. La franchise est réservée aux personnes de 17 ans et plus. Les seuils diffèrent ailleurs : 250 cigarettes en Suisse, 200 au Royaume-Uni comme au Canada.
Puis-je ramener du saucisson, du fromage ou de la charcuterie de Maurice ?
Non. Les viandes, charcuteries et produits laitiers en provenance de pays tiers sont interdits à l’entrée dans l’Union européenne, sans tolérance de quantité, et Maurice fait l’objet d’un avertissement supplémentaire lié à la fièvre aphteuse. Les produits saisis sont détruits et l’infraction est pénalement sanctionnée.
Que se passe-t-il si je dépasse ma franchise sans le déclarer ?
Vous vous exposez à la taxation, à une amende et à la confiscation des marchandises. En France, en Suisse et au Royaume-Uni, la taxation porte alors sur la valeur totale et non sur le seul dépassement. Le choix du couloir vert vaut déclaration : s’il s’avère inexact, l’infraction est constituée.
Mon assurance voyage me couvre-t-elle en cas de problème à la douane ?
Non. Les amendes douanières, les confiscations et les frais de procédure liés à une infraction douanière ne sont pas couverts par les contrats d’assurance voyage.
Les achats en duty free échappent-ils aux franchises ?
Non. Les marchandises achetées hors taxes s’imputent sur les mêmes franchises que le reste de vos achats. L’exonération porte sur les taxes mauriciennes, pas sur celles de votre pays d’arrivée.
Puis-je faire expédier mes achats plutôt que de les emporter ?
Certains commerces mauriciens proposent l’expédition. Attention toutefois : un envoi relève du régime des importations commerciales ou des envois entre particuliers, avec ses propres seuils, généralement bien inférieurs aux franchises voyageurs. Vérifiez avant d’opter pour cette solution, et assurez-vous que les produits sont autorisés à l’importation dans votre pays.
Les informations données dans cet article le sont à titre indicatif et reflètent l’état des réglementations à la date de dernière mise à jour indiquée ci-dessous. Les réglementations douanières, phytosanitaires et environnementales évoluent, parfois sans préavis, et leur application relève de l’appréciation des agents sur le terrain. Une erreur en la matière expose à des conséquences concrètes : confiscation des marchandises, amendes payables immédiatement, poursuites pénales dans les cas les plus graves — notamment s’agissant des espèces protégées, pour lesquelles l’importation de produits issus d’espèces menacées est passible en France de peines d’amende très élevées et d’emprisonnement. Les ordres de grandeur monétaires mentionnés dans cette page ne sont pas des tarifs et ne constituent pas un engagement. Vérifiez impérativement les informations auprès des autorités compétentes citées dans la section « qui contacter » avant votre départ : Mauritius Revenue Authority et ministère de l’Économie bleue pour le volet mauricien, administration douanière de votre pays de résidence pour le volet retour. L’auteur et l’éditeur déclinent toute responsabilité quant à l’exactitude des informations mentionnées. Voir les CGU (Article 12).
Dernière mise à jour : août 2026
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