La tour Martello
L’essentiel en quelques mots
La tour Martello de La Preneuse est l’un des sites historiques les plus singuliers de l’île Maurice.
Construite par les Britanniques dans les années 1830 sur la côte ouest, cette petite forteresse circulaire en pierre basaltique noire — la seule de ce type ouverte au public à Maurice — abrite aujourd’hui un musée passionnant.
La visite guidée fait découvrir trois niveaux remarquablement préservés : la poudrière, la chambre de l’officier reconstituée avec son mannequin de cire, et surtout le toit avec son canon d’origine et sa vue panoramique sur la baie et Le Morne Brabant.
Comptez une heure de visite pour explorer ce monument classé au patrimoine national.
À combiner facilement avec une journée plage à La Preneuse, juste à côté.
Sur la plage de La Preneuse, à mi-chemin entre Tamarin et Rivière Noire, un imposant cylindre de pierre basaltique noire émerge d’un rideau de filaos, en bordure du lagon. La tour Martello, vieille de près de deux siècles, est l’un des derniers vestiges visibles des cinq forteresses bâties par les Britanniques au XIXe siècle pour défendre la côte ouest de l’île Maurice. C’est aussi la seule à avoir été restaurée et transformée en musée, ce qui en fait l’une des visites historiques les plus marquantes du sud-ouest mauricien — avec, en prime, une vue spectaculaire sur Le Morne Brabant depuis son toit.
Sommaire
Une forteresse née de l'abolition de l'esclavage
Pour comprendre pourquoi cette tour se dresse ici, il faut remonter au début du XIXe siècle. L’île Maurice, prise par les Britanniques aux Français en 1810, traverse alors une période politique tendue : Londres vient de décider l’abolition de l’esclavage, mesure que les planteurs locaux — souvent d’origine française — voient comme une menace directe pour leur économie sucrière. Les autorités britanniques craignent une révolte, voire un soulèvement appuyé depuis l’île de La Réunion voisine, restée française.
Pour parer à toute attaque venant de la mer, les Britanniques décident de fortifier la côte ouest, là où l’absence de récif corallien laisse passer les bateaux. Cinq tours Martello sont construites dans les années 1830, à des points stratégiques près des embouchures de rivières : deux à Port-Louis (aujourd’hui disparues), une à Pointe-aux-Sables, et deux à Rivière Noire — celle de La Preneuse et celle de L’Harmonie, qui se faisaient face pour couvrir toute la baie par tirs croisés. Trois sont encore debout aujourd’hui, mais seule celle de La Preneuse a été entièrement restaurée.
Détail savoureux : ces tours doivent leur nom à une déformation. En 1794, en Corse, les Britanniques avaient été impressionnés par la résistance d’une forteresse génoise au cap Mortella. Ils en relevèrent les plans avant de la détruire… mais retinrent mal le nom. « Mortella » devint « Martello », et c’est ainsi que l’histoire mauricienne hérite d’une typologie de forts britanniques baptisée d’après une erreur de transcription. Aucune des cinq tours mauriciennes n’a jamais tiré un coup de canon en condition réelle — l’invasion redoutée n’eut jamais lieu.
Une architecture pensée pour résister
Quand on s’approche de la tour, ce qui frappe d’abord, c’est sa silhouette massive et trapue. Environ 9 mètres de haut pour autant de diamètre à la base, avec des murs de plus de 3 mètres d’épaisseur côté mer — capables d’absorber l’impact d’un boulet de canon. La pierre, taillée dans le basalte local d’un noir profond, contraste violemment avec la végétation tropicale qui l’entoure et le bleu turquoise du lagon en arrière-plan.
L’ingéniosité du bâtiment se révèle dans les détails. À l’origine, il n’y avait pas de porte au rez-de-chaussée : on accédait à la tour par une échelle menant à une ouverture située à plusieurs mètres de hauteur, qu’on retirait ensuite pour interdire toute intrusion. Cette entrée historique est encore visible aujourd’hui sur la façade. Une porte a été percée au sol lors de la restauration, pour faciliter l’accès des visiteurs.
Sous la tour, un réservoir souterrain permettait de récupérer l’eau de pluie collectée sur le toit, offrant une autonomie en eau de plusieurs semaines à la garnison d’une vingtaine de soldats. Un détail crucial pour tenir un siège, à une époque où couper l’eau d’une forteresse était la première stratégie d’un assaillant.
La visite : dans la peau des soldats britanniques
L’accès au musée se fait uniquement en visite guidée, ce qui est l’un des grands atouts du lieu : les guides connaissent leur sujet en profondeur et donnent vie à chaque pièce avec des anecdotes que l’on ne trouve dans aucune brochure. Comptez environ une heure pour parcourir les trois niveaux.
Le rez-de-chaussée et le sous-sol
La visite commence par le rez-de-chaussée, qui servait à l’époque de poudrière et d’entrepôt. On y voit aujourd’hui les objets retrouvés lors des fouilles archéologiques menées dans les années 1990 : boutons d’uniforme en cuivre, grilles d’aération, ferronneries de la plateforme du canon, boulets, fragments d’armement. Un escalier permet de jeter un coup d’œil au sous-sol où se trouve le réservoir d’eau, encore visible derrière une vitre.
Le premier étage : la chambre de l’officier
L’étage supérieur est le plus évocateur. Une pièce a été reconstituée comme elle aurait pu l’être à l’époque : c’est la chambre de l’officier commandant la garnison. Un mannequin de cire en uniforme rouge à épaulettes dorées est attablé devant un bureau couvert de papiers, d’une lampe à huile et d’un encrier. Au mur, une carte ancienne de l’île. Sur un lit simple à côté, un mousquet d’époque. L’illusion est saisissante : le visiteur pénètre littéralement dans une scène figée du XIXe siècle. À côté, le dortoir des soldats, plus austère, rappelle les conditions de vie spartiates de la troupe.
Le toit et son canon d’origine
Le clou de la visite, c’est le toit. On y accède par un escalier intérieur et l’on débouche à l’air libre sur une plateforme circulaire pavée de basalte noir. Au centre, le canon d’origine de 24 livres, restauré, repose sur sa plateforme tournante en bois lourd permettant un tir à 360 degrés. À côté, des boulets empilés et la manivelle qui actionnait la rotation. Et tout autour, la vue : la baie de Rivière Noire qui s’étire devant soi, la silhouette massive du Morne Brabant en toile de fond, les eaux turquoise du lagon parsemées de bateaux. C’est exactement ce panorama que les soldats surveillaient deux siècles plus tôt — sauf qu’à l’époque, ils guettaient des voiles ennemies plutôt que des catamarans de touristes.
Informations pratiques pour visiter
Horaires d’ouverture
Le musée serait habituellement ouvert du mardi au samedi de 9h30 à 17h, et le dimanche en matinée uniquement (jusqu’à environ 13h). Il serait fermé le lundi ainsi que certains jours fériés mauriciens (notamment les 1, 2 et 3 janvier, le 1er février, le 12 mars, le 1er mai et le 25 décembre). Les horaires pouvant évoluer, il est préférable de vérifier avant le déplacement, en contactant directement le musée par téléphone (+230 5471 0178) ou par e-mail (martellomuseum@gmail.com).
Tarifs
L’entrée est à un tarif modique, généralement de quelques dizaines de roupies, avec une distinction entre adultes (un peu plus cher) et étudiants ou seniors (réduit). Les tarifs sont en outre légèrement plus élevés en semaine qu’en week-end. Les résidents mauriciens bénéficient d’un accès gratuit le dernier samedi de chaque mois. La visite guidée est incluse dans le prix d’entrée.
Comment s’y rendre
La tour Martello se trouve sur la plage de La Preneuse, dans le district de Rivière Noire, sur la côte ouest. En venant du nord (Tamarin, Flic en Flac), il faut suivre la route côtière en direction de Rivière Noire et tourner à droite au panneau « La Preneuse » : la tour est à environ 1,5 km. En venant du sud, depuis Le Morne, on traverse Rivière Noire et l’on tourne à gauche peu après un terrain de football, sur la route de La Preneuse. La voiture reste le moyen le plus simple ; un parking gratuit est disponible juste à côté de la tour. Pour plus d’informations sur les options de déplacement à Maurice, consultez notre guide dédié aux transports à l’île Maurice.
Que faire dans les environs
Le grand atout de la tour Martello, c’est qu’elle s’intègre naturellement dans une journée d’exploration de la côte ouest. Juste à ses pieds, la plage de La Preneuse offre un cadre paisible pour la baignade, le pique-nique sous les filaos ou un coucher de soleil mémorable face au Morne. C’est une plage publique authentique, fréquentée autant par les Mauriciens que par les visiteurs.
À une vingtaine de minutes en voiture, la péninsule du Morne Brabant, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, propose des randonnées spectaculaires et des plages de rêve. Plus au nord, Tamarin et sa baie réputée pour l’observation des dauphins prolongent agréablement la journée. La région concentre, à elle seule, plusieurs des sites les plus emblématiques de l’île — la tour Martello en constitue l’entrée historique.
Foire aux questions
La visite est-elle adaptée aux enfants ?
Oui, tout à fait. Les enfants apprécient particulièrement la mise en scène avec les mannequins de cire, le canon sur le toit et l’aspect « château fort ». La visite guidée, d’environ une heure, reste accessible et vivante. Quelques marches à monter, mais rien de difficile.
Peut-on visiter la tour sans guide ?
Non, l’accès se fait uniquement en visite guidée, qui est incluse dans le prix d’entrée. Les guides parlent généralement français et anglais, et la visite gagne énormément en intérêt grâce à leurs explications.
Faut-il réserver à l’avance ?
En général, non : il suffit de se présenter à l’entrée pendant les horaires d’ouverture. Les visites guidées partent régulièrement, environ toutes les demi-heures. En cas de doute (groupes, période de forte affluence), un appel préalable au musée reste recommandé.
Combien de temps prévoir pour la visite ?
Comptez environ une heure pour la visite guidée complète, des fouilles archéologiques au toit. En ajoutant la flânerie sur la plage juste à côté, on peut facilement y passer une demi-journée.
La tour Martello est-elle accessible aux personnes à mobilité réduite ?
L’accès au rez-de-chaussée est possible, mais les étages supérieurs (chambre de l’officier et toit) ne sont accessibles que par des escaliers étroits intérieurs. Le musée n’est donc pas pleinement accessible aux personnes en fauteuil roulant.
Quelle est la différence entre la tour Martello et les autres tours de l’île ?
Cinq tours Martello ont été construites à Maurice dans les années 1830. Trois sont encore debout aujourd’hui : celle de La Preneuse, celle de L’Harmonie (de l’autre côté de la baie de Rivière Noire) et celle de Pointe-aux-Sables. Mais seule celle de La Preneuse a été restaurée et aménagée en musée — c’est la seule visitable de l’intérieur.
Peut-on combiner la visite avec d’autres activités dans la journée ?
Oui, c’est même la formule idéale. La tour Martello se visite en une heure, ce qui laisse largement le temps de profiter de la plage de La Preneuse, de déjeuner dans un restaurant de Rivière Noire ou de Tamarin, puis de filer vers Le Morne ou la baie de Tamarin pour l’après-midi. La compacité de la côte ouest mauricienne facilite ce type de journée mixte culture-plage.
Les informations dans cet article sont donnés à titre indicatif. L’auteur et l’éditeur déclinent toute responsabilité quant à l’exactitude des informations mentionnées. Il est recommandé de vérifier les informations directement auprès des opérateurs locaux ou des autorités mauricienne concernées lors de votre séjour. Voir les CGU (Article 12).
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Testé par la rédaction
Vos avis
Une charmante découverte, plein d’histoires, et narré avec style par deux hôtesses, accueillantes et souriante qui connaît très bien, le parcours de rénovation et l’histoire emblématique de ce fort qui a joué sur l’histoire de l île Maurice ! Bravo j ai adoré
Gildas – 05/2026
