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Prendre sa retraite à l’Ile Maurice : guide complet

Prendre sa retraite à l’île Maurice : permis, fiscalité, santé et vie quotidienne

À partir de cinquante ans, Maurice ouvre une porte que peu de pays proposent : un permis de résidence de dix ans, renouvelable, accordé sans condition de patrimoine, sans test de langue et sans obligation d’acheter quoi que ce soit. Il suffit de démontrer un revenu et de le transférer chaque année sur un compte mauricien.

Ce guide traite ce qui concerne spécifiquement les retraités : le permis et ses conditions exactes, le dispositif de résidences pour seniors, la fiscalité des pensions, l’accès aux soins après soixante ans, les régions où l’on s’installe, les retours en Europe, et les erreurs que font ceux qui partent trop vite.

Les règles ont changé en profondeur au cours des deux dernières années, et une bonne partie de ce qui circule en français est périmé. Le seuil de revenus n’est plus de 18 000 USD, le permis n’est plus de trois ans, la résidence permanente ne s’obtient plus après trois ans, l’organisme compétent n’est plus le Board of Investment, et l’impôt sur le revenu n’est plus forfaitaire à 15 %. Tout ce qui est donné ici a été vérifié en septembre 2026 auprès de l’Economic Development Board, du portail residency.mu et de la Mauritius Revenue Authority. Quand une information circule sans source officielle, c’est écrit.

Trois guides complètent celui-ci. Le guide complet pour s’expatrier et s’installer à l’île Maurice est la page de référence du cluster : il présente l’ensemble des voies de résidence et traite ce qui est commun à tous les projets — le dossier EDB et ses pièces, le coût de la vie et le déménagement. Le guide de l’achat immobilier quand on est étranger traite les programmes, les prix et la procédure d’achat. Le guide pour venir travailler à l’île Maurice concerne ceux qui veulent exercer une activité — ce que le permis retraité interdit.

Sommaire

Pourquoi choisir l'île Maurice pour sa retraite

Un cadre de vie, et pas seulement un climat

Le climat tropical tempéré par les alizés, la mer à vingt minutes de partout, une île qu’on traverse en deux heures : l’argument est connu et il est vrai. Mais ce n’est pas ce qui décide les retraités qui restent. Ce qui compte au bout de trois ans, c’est plutôt la facilité du quotidien — on se soigne dans sa langue, on comprend l’administration, on trouve des interlocuteurs francophones partout —, la douceur des rapports sociaux, et le fait qu’on peut vivre dehors toute l’année sans que ce soit un exploit.

Une société multiculturelle et francophone

Maurice compte de l’ordre de 1,2 million d’habitants et n’a pas de langue officielle inscrite dans sa Constitution. L’anglais est la langue de l’administration et des affaires, le français domine les médias et une bonne partie de la vie quotidienne, et le créole est la langue maternelle de la grande majorité de la population. Un francophone s’y débrouille dès le premier jour, ce qui n’est vrai d’aucune autre destination tropicale de ce niveau de confort.

Les communautés hindoue, créole, musulmane, sino-mauricienne et franco-mauricienne cohabitent, et le calendrier des fêtes en témoigne : une quinzaine de jours fériés répartis entre les traditions. Voir notre guide des jours fériés à l’île Maurice.

Stabilité et infrastructures

Maurice est une démocratie parlementaire stable depuis son indépendance en 1968, avec des alternances régulières et sans rupture institutionnelle. Le pays est classé parmi les mieux gouvernés d’Afrique par les indices internationaux. Concrètement, pour un retraité, cela se traduit par des choses très prosaïques : l’électricité et l’eau fonctionnent, les banques sont solides, la roupie n’a pas connu d’effondrement, et les titres de propriété sont sûrs.

Ce que Maurice n’est pas

Un mot d’honnêteté, parce que ce guide n’est pas une brochure. Maurice n’est pas un paradis fiscal sans impôt : l’impôt sur le revenu existe, il est progressif, et il comporte depuis 2026 une tranche à 35 %. Ce n’est pas non plus une destination bon marché dès qu’on veut vivre à l’européenne : les produits importés, la santé privée et les retours en Europe pèsent lourd. Et ce n’est pas un endroit où l’on est soigné pour tout : certaines spécialités lourdes n’existent pas sur l’île. Ces trois réalités sont traitées en détail plus bas.

Le permis de résidence retraité : conditions et démarches

Les conditions d’éligibilité

  • Âge minimum : 50 ans au moment de la demande. Il n’est pas nécessaire d’être officiellement retraité au sens européen : c’est l’âge et le revenu qui comptent, pas le statut.
  • Durée du permis : 10 ans, renouvelable pour dix années supplémentaires à l’expiration.
  • Revenu exigé : un relevé bancaire certifié, émis dans le pays d’origine ou de résidence, montrant soit un montant d’au moins 24 000 USD, soit un revenu garanti d’au moins 2 000 USD par mois.
  • Transferts : un premier versement d’au moins 2 000 USD sur un compte bancaire mauricien dans les 60 jours suivant la délivrance du permis, puis la justification chaque année de 24 000 USD transférés sur ce compte.
  • Activité : le titulaire ne peut pas occuper un emploi.

Trois informations fausses circulent largement, et elles coûtent cher.

La première : le seuil de 18 000 USD par an. Il a été relevé et n’est plus applicable. Si vous avez bâti votre budget sur 18 000 USD, il manque 6 000 USD par an et le permis ne sera pas délivré.

La deuxième : une durée de permis de trois ou cinq ans. Le permis est délivré pour dix ans.

La troisième, et c’est la plus dangereuse : l’idée qu’un retraité pourrait exercer une activité de conseil ou de freelance sous ce permis. C’est faux. L’EDB est explicite : le titulaire d’un permis de résidence de retraité peut investir dans une entreprise, à la double condition de ne pas y être employé et de n’en tirer aucun salaire ni avantage lié à un emploi. Facturer des prestations de conseil, c’est exercer une activité, et cela suppose un Occupation Permit de travailleur indépendant — dont les conditions sont détaillées dans le guide pour venir travailler à Maurice.

Enfin, contrairement à ce qu’on lit souvent, il n’existe aucune obligation de présence minimale attachée au permis retraité. Ni 180 jours, ni aucun autre seuil : l’EDB ne compte pas vos jours, et le renouvellement s’apprécie sur les transferts, pas sur la présence.

Cela ne veut pas dire que la question ne se pose pas. Elle se pose, mais du côté de votre pays d’origine, et sous une autre forme : tant que vous y restez résident fiscal, vous y restez imposable. La règle des 183 jours qui circule partout est en réalité le critère qui fait de vous un résident fiscal mauricien — ce qui est nécessaire, mais pas suffisant. C’est expliqué en détail dans la section consacrée à la fiscalité.

La famille

Les personnes à charge d’un retraité peuvent obtenir un permis de résidence de la même durée que le titulaire principal. L’EDB définit les personnes à charge comme le conjoint — y compris le partenaire de fait de sexe opposé —, les parents, et les enfants, y compris beaux-enfants et enfants légalement adoptés, non mariés et n’exerçant aucune activité lucrative.

La demande de permis de résidence pour une personne à charge est déposée auprès du Passport and Immigration Office, et non de l’EDB. Déposez-la en parallèle de la vôtre plutôt qu’après.

La procédure

Tout se fait en ligne, sur le National Electronic Licensing System, à l’adresse business.edbmauritius.org. Il n’est pas nécessaire de se rendre à Maurice pour lancer la demande : la plateforme couvre tout le processus, du dépôt jusqu’à la lettre d’accord de principe.

La procédure se déroule en deux temps. Une première série de pièces conduit à l’accord de principe. C’est seulement après l’avoir reçu qu’on ouvre le compte bancaire mauricien, qu’on effectue le premier transfert et qu’on passe la visite médicale. Un rendez-vous final exige la présentation de tous les documents en originaux, y compris ceux déjà téléversés.

L’EDB ne publie aucun délai de traitement. Les durées annoncées ailleurs — quatre à six semaines, deux mois — ne reposent sur aucune source officielle. Ce qui est certain, c’est qu’une pièce manquante ou périmée fait repartir le dossier en arrière.

Les pièces à fournir — première demande

Avant l’accord de principe :

  • Acte de naissance original, en anglais ou en français ; à défaut, une traduction certifiée ou assermentée par une autorité compétente
  • Page de données biographiques du passeport
  • Certificat de moralité ou extrait de casier judiciaire couvrant les dix dernières années, daté de moins de six mois
  • Trois photographies d’identité numériques en couleur, 3,5 × 4,5 cm, de moins de six mois
  • L’engagement signé, à remplir et signer par le demandeur
  • Copie de tout autre permis détenu — Occupation Permit, Work Permit ou permis de résidence
  • Le relevé bancaire certifié attestant des 24 000 USD ou des 2 000 USD mensuels

Après l’accord de principe :

  • Relevé du compte bancaire mauricien du demandeur
  • Acte de mariage ou de divorce, original en anglais ou en français, ou traduction certifiée
  • Certificat et rapports médicaux, de moins de six mois
  • Les pages de visa correspondant à la dernière entrée sur le territoire
  • Les frais de dossier

Les pièces à fournir — renouvellement

Le renouvellement ne demande pas les mêmes pièces, et c’est une bonne nouvelle : plus besoin de faire venir un acte de naissance d’Europe.

  • Un certificat de moralité portant sur les trois dernières années passées à Maurice, daté de moins de six mois
  • Page de données biographiques du passeport
  • Relevé du compte bancaire mauricien — c’est lui qui démontre les transferts annuels
  • Trois photographies d’identité au format requis
  • Copie du permis de résidence en cours
  • L’engagement signé
  • Puis, après l’accord de principe, les frais de dossier

Retenez-en une conséquence pratique : les relevés du compte mauricien sont la preuve de vos transferts. Conservez-les, et veillez à ce que les 24 000 USD annuels apparaissent clairement, année après année. C’est aussi ce qui servira si vous demandez un jour la résidence permanente.

Les frais

  • Frais de permis : 1 000 USD, dus uniquement par les candidats retenus.
  • Frais de dossier : 50 USD, non remboursables, applicables depuis le 1er décembre 2025 à toute demande de permis de résidence de retraité.
  • Les examens médicaux, à réaliser sur place dans un laboratoire agréé.
  • Les frais bancaires d’ouverture et de tenue de compte, et ceux des virements internationaux entrants.

En dehors de ces frais, le dépôt de la demande sur la plateforme est gratuit et l’EDB ne facture pas l’instruction. Les montants annoncés par certains intermédiaires pour « déposer le dossier » correspondent à leurs propres honoraires, pas à une taxe.

Les résidences seniors et les autres voies de résidence

Le PDS Senior Living

C’est le dispositif le moins connu, et pourtant le plus intéressant pour une partie des retraités. L’EDB a créé un régime immobilier spécifique, le PDS Senior Living, qui désigne des programmes conçus pour les personnes de plus de cinquante ans souhaitant vivre de façon indépendante dans un environnement de pairs, avec des services pensés pour elles : club-house, salle de sport ou de remise en forme, services de gestion et d’entretien, espaces de convivialité.

Ce qui le distingue de tous les autres programmes immobiliers ouverts aux étrangers :

  • Un retraité non-citoyen de plus de cinquante ans peut acquérir un logement ou les droits d’usage viagers sur un logement dans un projet agréé.
  • Il n’y a aucun prix d’acquisition minimum. C’est l’unique voie immobilière ouvrant un droit au séjour sans le seuil de 375 000 USD.
  • Le permis de résidence couvre le retraité et son conjoint ou partenaire de fait, et il vaut aussi longtemps que le bien reste détenu ou occupé par le retraité.

La formule viagère change la nature de l’opération : on n’achète pas un bien transmissible mais le droit d’occuper le logement jusqu’à la fin de sa vie. Cela réduit d’autant la mise de départ et supprime la question de la revente, mais il ne reste rien à transmettre aux héritiers. C’est un arbitrage patrimonial à poser clairement en famille avant de signer, et à faire expliquer par le notaire.

L’EDB publie la liste des projets agréés et les lignes directrices du régime sur residency.mu. Vérifiez-y qu’un programme est bien agréé avant de signer quoi que ce soit : le régime est récent et le mot « senior » n’est pas protégé commercialement.

La résidence par acquisition immobilière classique

L’autre voie immobilière reste ouverte : l’achat d’un bien de plus de 375 000 USD dans un programme agréé — IRS, RES, PDS, Smart City, Invest Hotel — ou d’un appartement situé dans un immeuble d’au moins deux étages sur rez-de-chaussée ouvre un permis de résidence valable tant que l’on reste propriétaire, sans aucune condition de revenus ni de transfert annuel.

Pour un retraité, l’arbitrage entre les deux permis est simple à poser : le permis retraité coûte 24 000 USD de transferts par an mais n’immobilise aucun capital ; le permis par acquisition immobilise le capital mais supprime l’obligation de transfert. Beaucoup de couples optent finalement pour le permis retraité les premières années, le temps de savoir s’ils restent.

Avantage souvent ignoré du permis par acquisition sous IRS, RES ou PDS : son titulaire est dispensé de détenir un Occupation Permit ou un Work Permit pour investir et travailler à Maurice. C’est la seule voie qui lève l’interdiction d’exercer — un point à connaître si vous envisagez une activité, même réduite, une fois installé.

Les autres possibilités

Un retraité peut aussi relever du Premium Visa, titre de séjour d’un an renouvelable, gratuit, qui suppose que l’activité et la source principale de revenus soient hors de Maurice. C’est une bonne formule pour tester une première année sans engagement, avant de basculer vers le permis retraité. Ses conditions figurent dans le guide de l’installation.

Enfin, le simple visa touriste autorise jusqu’à 180 jours cumulés par année civile, ce qui permet à certains couples de passer l’hiver européen à Maurice sans y être résidents. Cette solution a une limite : elle ne permet ni d’ouvrir un compte bancaire local dans de bonnes conditions, ni d’immatriculer un véhicule, ni de bénéficier des tarifs résidents.

La résidence permanente de 20 ans

Le Permanent Residence Permit est un titre de vingt ans, renouvelable. Pour un retraité, il s’obtient après cinq années consécutives sous permis de résidence de retraité, à condition que le total des sommes transférées vers Maurice atteigne au moins 200 000 USD sur ces cinq années.

Faites le calcul : 24 000 USD par an pendant cinq ans représentent 120 000 USD. Le seuil de 200 000 USD suppose donc des transferts nettement supérieurs au minimum exigé par le permis lui-même, de l’ordre de 40 000 USD par an. La résidence permanente n’est pas l’aboutissement automatique de cinq années de résidence : elle vise ceux qui transfèrent l’essentiel de leurs revenus à Maurice.

Les chiffres que l’on lit souvent — trois ans de résidence et 54 000 USD cumulés — correspondent à un régime antérieur et ne sont plus applicables.

Un mécanisme de bascule existe dans l’autre sens : un investisseur, un professionnel ou un travailleur indépendant titulaire d’un permis de résidence permanente peut obtenir, en remplacement et pour la durée restante, un permis permanent dans la catégorie retraité, à condition de disposer d’un revenu annuel d’au moins 40 000 USD. C’est la porte de sortie de ceux qui cessent leur activité à Maurice sans vouloir perdre leur titre.

Le détail des quatre voies vers la résidence permanente figure dans le guide de l’installation.

La fiscalité des retraités

C’est l’argument qui décide beaucoup de départs, et c’est aussi le sujet sur lequel circulent le plus d’informations périmées.

Quand devient-on résident fiscal

Trois critères alternatifs, au titre de l’Income Tax Act : être domicilié à Maurice, sauf à avoir son lieu de résidence permanent à l’étranger ; y être présent au moins 183 jours au cours de l’année fiscale ; ou y avoir séjourné au moins 270 jours au total sur l’année en cours et les deux précédentes.

Résidence fiscale et titre de séjour sont deux choses distinctes. On peut détenir un permis retraité sans être résident fiscal mauricien, et l’inverse est également possible.

Devenir résident fiscal à Maurice ne suffit pas à cesser de l’être ailleurs

C’est le point que la plupart des pages francophones passent sous silence, et il commande tout l’intérêt fiscal du projet.

Le droit français ne raisonne pas en jours mais en faisceau de critères, et ils sont alternatifs : un seul suffit à vous rendre résident fiscal français. Sont notamment retenus le fait d’avoir en France son foyer — c’est-à-dire le lieu de vie habituel de la famille — ou son lieu de séjour principal, celui d’y exercer une activité professionnelle, et celui d’y avoir le centre de ses intérêts économiques.

Autrement dit, quelqu’un qui passe huit mois par an à Maurice mais dont le conjoint reste en France, qui y conserve sa résidence principale et l’essentiel de son patrimoine, peut parfaitement demeurer résident fiscal français. Compter ses jours sans déplacer son centre de vie ne protège de rien, et c’est exactement le montage que l’administration redresse.

Quand les deux pays vous considèrent l’un et l’autre comme résident, c’est la convention de non-double imposition de 1980 qui départage, par une cascade de critères appliqués dans l’ordre : le foyer d’habitation permanent, puis le centre des intérêts vitaux, puis le lieu de séjour habituel, puis la nationalité, et en dernier recours un accord entre les deux administrations.

La conclusion pratique est simple, et elle est plus exigeante que la règle des 183 jours : il faut réellement déplacer son centre de vie. Le logement principal, le conjoint, les comptes courants, les abonnements, l’adresse déclarée, le médecin traitant. Un départ à moitié fait produit le pire des deux mondes — les contraintes de l’expatriation sans son bénéfice fiscal.

Conservez d’ailleurs la trace de vos séjours : cartes d’embarquement, tampons de passeport, factures locales. En cas de question, c’est à vous qu’il revient de démontrer où vous vivez.

Le barème, et ce qu’il n’est plus

L’impôt sur le revenu mauricien n’est plus forfaitaire à 15 %. Ce taux unique a disparu en 2023, et le barème a été modifié deux fois depuis. Pour l’année de revenus allant du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, la Mauritius Revenue Authority applique :

  • 0 % sur les 500 000 premières roupies de revenu imposable
  • 10 % sur la tranche suivante de 500 000 roupies
  • 20 % sur les 11 millions suivants
  • 35 % au-delà de 12 millions de roupies

Le barème est progressif : chaque taux ne s’applique qu’à la fraction de revenu comprise dans sa tranche. La tranche à 35 % remplace la Fair Share Contribution qui frappait les particuliers l’année précédente, supprimée par la loi de finances 2026.

Vous trouverez encore partout des barèmes plafonnant à 15 %, avec une franchise à 305 000 ou 390 000 roupies. Ils datent de 2023 au plus tard.

Un exemple chiffré

Prenons un retraité résident fiscal mauricien qui rapatrie 1,5 million de roupies de pension dans l’année, soit environ 125 000 roupies par mois :

  • Les 500 000 premières roupies ne sont pas imposées
  • La tranche suivante de 500 000 roupies est imposée à 10 %, soit 50 000 roupies
  • Les 500 000 roupies restantes tombent dans la tranche à 20 %, soit 100 000 roupies
  • Impôt total : 150 000 roupies, soit un taux effectif de 10 %

À quoi il faut ajouter — et c’est là que l’écart avec l’Europe se creuse — qu’il n’y a aucun prélèvement social sur les pensions, aucune taxe foncière annuelle, aucune taxe d’habitation, aucun impôt sur la fortune et aucun droit de succession. Les déductions admises par la MRA viennent encore réduire la base imposable, notamment la déduction pour personnes à charge.

Cet exemple est donné en roupies à dessein : toute conversion en euros dépend d’un taux de change qui bouge, et c’est précisément le facteur que les retraités sous-estiment le plus. Une variation de 5 % de la roupie face à l’euro pèse davantage sur un budget annuel que la plupart des optimisations fiscales.

Le principe de la remise

Maurice impose les revenus de source étrangère d’un résident sur ce qui est rapatrié. Les revenus laissés à l’étranger ne sont, en règle générale, pas imposés localement. L’EDB définit largement ces revenus étrangers : rémunérations, jetons de présence, rentes, pensions au titre de services passés, revenus d’activité, revenus locatifs, revenus de placements et intérêts.

La conséquence pratique est simple : ne transférez à Maurice que ce dont vous avez besoin pour vivre. Ce mécanisme est souvent présenté de façon trop simple par les sites promotionnels ; sa mise en œuvre dépend de la nature du revenu, de sa source et des conventions applicables. Faites-le valider pour votre situation avant de structurer quoi que ce soit.

Le traitement des pensions

C’est le point le plus important de cette section, et le plus mal expliqué ailleurs.

Une convention de non-double imposition lie la France et Maurice depuis 1980. Le traitement de votre pension dépend de deux choses : les stipulations de cette convention, et le fait que les sommes soient ou non rapatriées à Maurice. C’est exactement la réponse que donne l’EDB à cette question, et il n’y en a pas d’autre qui soit générale.

En pratique, les conventions de ce type distinguent le plus souvent les pensions du secteur privé, imposables dans l’État de résidence, et les pensions versées au titre d’un emploi public, qui restent imposables dans l’État qui les verse. Mais la rédaction exacte varie d’une convention à l’autre, et votre situation peut dépendre d’éléments particuliers : nationalité, nature de la caisse, existence d’autres revenus.

C’est le seul endroit de ce guide où nous vous recommandons franchement de payer un professionnel. Une erreur sur le traitement d’une pension se répète chaque année et se corrige mal. Faites examiner votre cas avant le départ, pas après. Pour les ressortissants d’autres pays, la question se déplace vers l’administration fiscale du pays d’origine et vers la convention qui le lie à Maurice, s’il en existe une.

L’année fiscale et la déclaration

L’année fiscale mauricienne court du 1er juillet au 30 juin. C’est un décalage à intégrer la première année, notamment si vous partez en cours d’année civile.

Il faut d’abord obtenir un Tax Account Number, le numéro fiscal délivré par la MRA. Demandez-le dès votre arrivée, même sans revenus mauriciens : il vous sera réclamé pour de nombreuses démarches. La déclaration annuelle se dépose ensuite en ligne sur mra.mu. Les revenus étrangers rapatriés se déclarent par vous-même, aucun tiers ne les déclarant à votre place.

Et du côté français

Devenir résident fiscal mauricien ne vous libère pas automatiquement de toute obligation dans votre pays de départ. Deux démarches à ne pas oublier : informer le service des impôts de votre départ, et informer vos caisses de retraite de votre changement de résidence fiscale, faute de quoi les prélèvements continueront comme avant. Les revenus immobiliers restent en principe imposables là où se trouve le bien.

Le détail du barème, des déductions et des règles de résidence fiscale figure dans la section fiscalité du guide de l’installation.

Le budget d'un retraité à Maurice

Le coût de la vie général est traité poste par poste dans le guide de l’installation. Ce qui suit ne reprend que ce qui change quand on est retraité.

Les quatre postes qui pèsent différemment

La santé. C’est la différence majeure avec un budget d’actif. Une assurance santé internationale coûte d’autant plus cher qu’on est âgé, et le tarif augmente à chaque anniversaire. C’est souvent le premier poste du budget après le logement, et il ne diminue jamais.

Les retours en Europe. Deux allers-retours annuels pour un couple, davantage s’il y a des petits-enfants, représentent une somme qu’on oublie systématiquement dans le budget initial. Les tarifs grimpent fortement pendant les vacances scolaires européennes et la haute saison mauricienne, de décembre à avril — c’est-à-dire exactement quand la famille peut venir. Voir notre guide des vols pour l’île Maurice.

L’électricité. La climatisation, utilisée en continu de novembre à avril, transforme une facture modeste en dépense significative. Un retraité présent toute la journée au domicile consomme bien davantage qu’un couple d’actifs absents de 8 h à 18 h. Les logements des hauteurs, à Curepipe ou Floréal, s’en passent presque ; ceux du littoral nord difficilement.

L’aide à domicile. À l’inverse, c’est le poste où Maurice est imbattable. Une aide ménagère, un jardinier, une auxiliaire de vie coûtent une fraction de leur équivalent européen. Beaucoup de retraités qui n’auraient jamais envisagé d’employer quelqu’un en France le font à Maurice, et c’est un vrai facteur de confort à mesure qu’on avance en âge.

Le taux de change

Vos revenus sont en euros, vos dépenses en roupies. Une variation de quelques pour cent modifie votre pouvoir d’achat sans que vous y puissiez rien, et sur un transfert annuel de 24 000 USD ce n’est pas anecdotique. Trois réflexes utiles : comparer les frais de transfert entre votre banque et les spécialistes du change, éviter de convertir toute l’année en une seule fois, et garder une réserve en euros pour ne pas être contraint de transférer à un mauvais moment.

Ce qui coûte moins cher, ce qui coûte plus cher

Moins cher : les fruits et légumes au bazar, le poisson, la restauration locale, les services et la main-d’œuvre, l’essence dont le prix est fixé par le gouvernement, le logement dès qu’on s’éloigne des zones balnéaires prisées.

Plus cher : tout ce qui est importé. Fromages, charcuterie, vins européens, produits diététiques, électroménager, automobiles neuves lourdement taxées. Un retraité qui reproduit ses habitudes alimentaires européennes dépense en courses autant qu’en France ; celui qui achète au marché dépense deux à trois fois moins.

Santé, assurances et évacuations sanitaires

C’est le sujet décisif après soixante ans, et celui qui doit être réglé avant le départ.

Le système mauricien

Le secteur public est gratuit pour tous les résidents, y compris étrangers, avec un réseau d’hôpitaux régionaux et de centres de santé couvrant tout le territoire. Il est efficace sur l’urgence vitale, mais saturé : attentes longues, chambres collectives, équipements inégaux, et peu de médecins disponibles la nuit.

Le secteur privé offre des standards proches de ceux qu’on connaît en Europe : cliniques modernes, imagerie récente, praticiens souvent formés en Europe, personnel parlant français et anglais, prise en charge rapide. Son inconvénient est le coût, intégralement à la charge du patient, et certains établissements demandent une garantie de paiement avant une hospitalisation programmée.

Les établissements, les pharmacies et les numéros à connaître figurent sur nos pages dédiées : santé et sécurité sanitaire à l’île Maurice, pharmacies, hôpitaux, cliniques et professionnels de santé et numéros d’urgence.

Ce qui existe et ce qui n’existe pas sur l’île

Bien représentés : médecine générale, cardiologie, chirurgie générale et orthopédique, ophtalmologie, dermatologie, dentisterie, imagerie médicale.

Limités ou absents : la neurochirurgie complexe, l’oncologie lourde et la radiothérapie avancée, la chirurgie cardiaque lourde, les greffes d’organes. Pour ces situations, les options sont La Réunion, à une heure de vol, l’Afrique du Sud, à quatre heures, ou le retour en Europe pour les traitements au long cours nécessitant un suivi régulier.

C’est le point à regarder en face quand on a soixante-cinq ans et un antécédent cardiaque ou oncologique. Il ne disqualifie pas le projet, mais il en change la préparation.

L’assurance : le point non négociable

Les régimes d’assurance maladie européens ne couvrent pas les résidents à Maurice. Aucune convention de sécurité sociale ne lie la France et Maurice. Un assuré français reste couvert comme touriste pour des séjours courts et pour une maladie inopinée, dans la limite des bases de remboursement françaises — ce qui ne correspond en rien à une couverture de résident.

L’erreur classique, et elle est fréquente : passer huit ou dix mois par an à Maurice en conservant une adresse en France et en continuant à se faire rembourser là-bas. C’est une situation irrégulière, qui expose au non-remboursement et à des poursuites.

Trois approches coexistent, souvent combinées :

  • La Caisse des Français de l’Étranger, qui maintient le lien avec le régime français et rembourse sur la base des tarifs français. Utile si vous envisagez un retour ou des soins en France, insuffisante seule pour couvrir des frais mauriciens privés.
  • Une assurance santé internationale, au premier euro ou en complément de la CFE, avec garantie d’évacuation sanitaire. C’est la solution la plus complète, et la plus chère.
  • Une assurance locale mauricienne, moins onéreuse, souvent en tiers payant chez les praticiens partenaires, mais avec des plafonds plus bas, des limites d’âge à l’adhésion et aucune couverture hors de Maurice.

Souscrire avant de partir

Les délais de carence et les exclusions pour affections préexistantes se négocient bien plus mal une fois sur place, et une pathologie déclarée après l’installation peut rendre l’assurance difficile à obtenir. Plusieurs assureurs fixent par ailleurs une limite d’âge à la première adhésion — souvent autour de soixante-dix ou soixante-quinze ans.

Trois vérifications à faire ligne à ligne dans le contrat :

  • L’évacuation sanitaire est-elle couverte, vers quelles destinations, avec quel plafond, et l’accompagnant est-il pris en charge ?
  • Les affections préexistantes sont-elles exclues définitivement ou après un délai ?
  • Le contrat est-il renouvelable à vie, ou l’assureur peut-il refuser le renouvellement passé un certain âge ?

Les médicaments

Les pharmacies mauriciennes sont bien approvisionnées en médicaments courants, avec un système de pharmacies de garde. En revanche, certaines molécules récentes ou certains traitements rares ne sont pas disponibles sur l’île.

Avant le départ : faites vérifier par votre médecin la disponibilité locale de vos traitements, emportez une réserve suffisante pour les premiers mois, et faites traduire vos ordonnances en anglais. Emportez également un résumé de votre dossier médical — antécédents, traitements, examens récents — que vous remettrez à votre nouveau médecin.

Acheter ou louer

Acheter ou louer

La règle qui vaut pour tout le monde vaut doublement pour un retraité : louez d’abord. Une saison chaude entière, si possible, avant d’acheter quoi que ce soit. Les différences entre régions — climat, humidité, trafic, distance aux cliniques, vie sociale — ne se perçoivent pas en trois semaines de vacances.

Les baux sont généralement d’un an, la caution représente couramment deux à trois mois de loyer, et les biens se louent souvent non meublés ou semi-meublés. Les loyers varient fortement selon la proximité de la mer et la région.

Si vous décidez d’acheter, sachez qu’un non-citoyen ne peut acquérir que dans les programmes agréés — IRS, RES, PDS, Smart City, Invest Hotel — ou un appartement dans un immeuble d’au moins deux étages sur rez-de-chaussée, auxquels s’ajoute pour les plus de cinquante ans le PDS Senior Living décrit plus haut. Les programmes, les fourchettes de prix par région, la rentabilité locative, la procédure d’achat, les droits et taxes et les garanties sur les ventes en l’état futur d’achèvement sont traités dans le guide de l’achat immobilier quand on est étranger.

Deux précautions propres au retraité. D’abord, un bien de plain-pied vieillit mieux qu’une villa à étage avec escalier extérieur, et une résidence avec gardiennage et entretien vous décharge de contraintes qui pèseront dans quinze ans. Ensuite, si le permis de résidence est adossé au bien, le vendre revient à perdre le titre : anticipez ce point avant toute revente, surtout si le conjoint en dépend.

S'installer concrètement : les étapes

Six à douze mois avant

  • Faire un voyage de reconnaissance, en prévoyant deux à trois semaines au minimum, et si possible pendant la saison chaude, qui est la plus éprouvante
  • Faire examiner sa situation fiscale et patrimoniale par un professionnel, en particulier le traitement des pensions
  • Rechercher et souscrire l’assurance santé internationale, en vérifiant l’évacuation sanitaire et les conditions d’âge
  • Faire un bilan médical complet et mettre à jour les vaccinations
  • Vérifier auprès de son médecin la disponibilité à Maurice des traitements en cours

Trois à six mois avant

  • Réunir les pièces qui ne périment pas : acte de naissance, acte de mariage ou de divorce, et lancer les traductions certifiées
  • Identifier les documents à faire apostiller et repérer l’autorité compétente — plusieurs semaines de délai
  • Rassembler les justificatifs de revenus et demander le relevé bancaire certifié attestant des 24 000 USD ou des 2 000 USD mensuels
  • Déposer la demande de permis sur la plateforme de l’EDB
  • Informer les caisses de retraite du changement de résidence à venir
  • Préparer le déménagement ou le stockage des biens

Un à trois mois avant

  • Demander le certificat de moralité, qui doit couvrir les dix dernières années et dater de moins de six mois au dépôt, puis lancer son apostille
  • Signer le bail de location, sans s’engager sur un achat
  • Réserver le vol et un hébergement temporaire pour les premières semaines
  • Informer l’administration fiscale du départ
  • Informer l’assurance maladie du pays d’origine du changement de résidence
  • Décider du sort des comptes bancaires — en conserver un est souvent utile
  • Organiser la réexpédition du courrier et, si besoin, établir une procuration
  • Traiter le cas des animaux de compagnie, dont l’importation est longue et strictement encadrée : voir notre guide amener ou adopter un animal à l’île Maurice

À l’arrivée

  • Ouvrir le compte bancaire mauricien, possible dès l’accord de principe
  • Effectuer le premier transfert d’au moins 2 000 USD, dans les 60 jours suivant la délivrance du permis
  • Passer les examens médicaux dans un laboratoire agréé, dès les premiers jours
  • Se rendre au rendez-vous de l’EDB avec l’ensemble des originaux, et retirer le permis
  • Déposer les demandes de permis de résidence des personnes à charge auprès du Passport and Immigration Office
  • Demander le numéro fiscal auprès de la Mauritius Revenue Authority
  • Prendre une carte SIM locale : voir notre guide des cartes SIM pour les premiers jours, les forfaits résidents étant réservés aux titulaires d’une pièce d’identité locale
  • S’inscrire au registre des Français établis hors de France, ou à son équivalent consulaire
  • Choisir un médecin traitant et lui remettre le résumé de son dossier médical

Se déplacer

La conduite est à gauche, et l’adaptation la plus délicate concerne les ronds-points, où le réflexe européen joue contre vous. Notre article sur la conduite à gauche à l’île Maurice détaille ce qui change réellement au volant.

Un permis étranger est reconnu pour une durée limitée après l’installation, au-delà de laquelle il faut le convertir auprès de la Traffic Branch. Vérifiez les conditions et les pièces auprès d’elle avant l’échéance plutôt que de vous fier à une date lue sur un forum. Pour les premières semaines, la location de voiture reste la solution la plus simple, le temps de choisir un véhicule.

Un point qui compte à mesure qu’on avance en âge : les transports en commun existent mais sont peu pratiques pour un usage quotidien hors des axes principaux, et le métro léger ne dessert qu’un corridor. Vivre à Maurice sans voiture est possible à Grand Baie ou dans une résidence avec services, difficile ailleurs.

Le déménagement

Conteneur complet ou groupage selon le volume, avec une franchise douanière sur les effets personnels et le mobilier usagé pour un nouvel arrivant titulaire d’un permis de résidence. Conservez factures et inventaire détaillé.

La vraie question pour un retraité n’est pas logistique mais patrimoniale : faut-il tout emporter ? Beaucoup regrettent d’avoir expédié un mobilier lourd qui supporte mal l’humidité et le sel, et d’avoir vendu des meubles auxquels ils tenaient. Le compromis fréquent consiste à emporter peu et à stocker le reste un an, le temps d’être sûr. Le détail figure dans le guide de l’installation.

La vie quotidienne des retraités

Le climat et les saisons

Deux saisons. L’été austral, de novembre à avril, est chaud et humide, avec des averses tropicales courtes et une saison cyclonique de janvier à mars. L’hiver austral, de mai à octobre, est sec et plus frais, avec des alizés soutenus sur la côte est : c’est la saison la plus agréable pour vivre dehors, et celle que préfèrent la plupart des résidents.

Le plateau central, autour de Curepipe et Vacoas, est nettement plus frais et plus humide que le littoral — un écart de plusieurs degrés qui change tout au quotidien. Les côtes ouest et nord sont les plus sèches et les plus ensoleillées. Notre article sur la météo à l’île Maurice en détail explique ces différences région par région.

Maurice dispose d’un système d’alerte cyclonique éprouvé, à quatre niveaux, et les constructions sont adaptées. Les cyclones qui touchent directement l’île sont rares ; les fortes tempêtes tropicales le sont moins. La consigne est simple : quand l’alerte monte, on reste chez soi, on a de l’eau, des bougies et de quoi manger pour quelques jours.

Les régions où s’installent les retraités

Le Nord, de Grand Baie à Pereybère et Pointe aux Canonniers. La zone la plus animée et la plus équipée : commerces, restaurants, cliniques, banques, forte communauté francophone. C’est la région la plus facile pour arriver et se faire un cercle rapidement. En contrepartie, les prix y sont les plus élevés, le trafic est dense en haute saison et certains la trouvent trop touristique.

L’Ouest, de Flic-en-Flac à Tamarin et Rivière Noire. Plus décontracté, très apprécié des familles et des sportifs, magnifique au coucher du soleil, avec un bon équilibre entre vie locale et présence expatriée. Moins de commerces qu’au Nord, et une route côtière unique qui sature aux heures de pointe.

L’Est, de Trou d’Eau Douce à Belle Mare et Poste Lafayette. Les plus belles plages et le plus grand calme, une vie authentique, mais nettement moins de services et de vie sociale. Le vent y est plus présent. Un bon choix pour qui cherche la tranquillité et sait s’organiser.

Le Centre, autour de Moka, Quatre Bornes et Curepipe. Le meilleur rapport qualité-prix, la proximité des cliniques et des grands centres commerciaux, un climat plus frais qui soulage ceux qui supportent mal la chaleur. En contrepartie, on est à vingt ou trente minutes des plages et l’humidité y est plus forte.

Le Sud, de Bel Ombre à Souillac. Sauvage, spectaculaire, peu peuplé, avec un fort attachement des habitants à leur région. C’est la zone la moins équipée en services médicaux, ce qui compte à mesure qu’on avance en âge.

Pour un panorama comparatif, voir quelle côte choisir à l’île Maurice, valable au-delà du seul séjour touristique.

La vie sociale

C’est le facteur qui détermine, plus que tout autre, si l’installation tient dans la durée. La communauté francophone est nombreuse et accueillante, et les occasions de rencontre ne manquent pas : clubs sportifs, associations, activités de plage, cours et ateliers, événements de quartier.

Un conseil qui revient chez tous ceux qui sont restés : ne vous enfermez pas dans le cercle expatrié. Les amitiés mauriciennes se nouent lentement mais durent, et ce sont elles qui font qu’on se sent chez soi plutôt qu’en vacances prolongées. Apprendre quelques mots de créole mauricien y contribue plus qu’on ne l’imagine.

L’emploi domestique

Employer une aide ménagère, un jardinier ou une auxiliaire de vie est courant et abordable. C’est aussi un rapport d’employeur à employé, avec des obligations : contrat, déclaration, cotisations sociales, congés. Renseignez-vous auprès du ministère du Travail plutôt que de reproduire ce que fait le voisin.

Les retours en Europe

Prévoyez-les dans le budget dès la première année, et prévoyez-les larges. C’est aussi une question d’organisation : qui s’occupe du logement pendant l’absence, comment gérer un problème de santé familial à distance, que faire si un proche âgé se dégrade. Ces questions se posent à tous les retraités expatriés et elles se préparent mieux à froid.

Ce qui ne va pas

Par honnêteté, les inconvénients que citent le plus souvent les retraités installés : la chaleur humide de janvier et février, réellement pénible ; la lenteur administrative ; le prix des produits importés ; l’éloignement de la famille, qui pèse davantage avec les années ; l’offre culturelle limitée si l’on vient d’une grande ville ; et le trafic routier, qui s’est nettement dégradé.

Les dix erreurs à éviter

1. Ne pas souscrire d’assurance santé avant le départ

C’est l’erreur la plus coûteuse. Les exclusions pour affections préexistantes et les limites d’âge à l’adhésion se referment vite, et une pathologie déclarée après l’installation peut rendre l’assurance impossible à obtenir. Souscrivez avant de partir, et vérifiez l’évacuation sanitaire ligne à ligne.

2. Croire qu’on peut travailler sous permis retraité

Le permis interdit d’occuper un emploi. Il autorise à investir dans une entreprise, à condition de ne pas y être employé et de n’en tirer aucun salaire. Facturer des prestations de conseil, même ponctuelles, même à des clients étrangers, sort de ce cadre. Beaucoup de pages francophones affirment le contraire : elles ont tort, et la conséquence est la remise en cause du permis.

3. Sous-estimer le coût de la climatisation

Un retraité présent chez lui toute la journée consomme bien davantage qu’un couple d’actifs. De novembre à avril, la facture d’électricité peut représenter un poste comparable à celui de l’alimentation. Le choix de la région et de l’orientation du logement change tout : les hauteurs s’en passent presque.

4. Acheter un bien sans l’avoir visité, ou trop vite

Les plans et les images de synthèse ne disent rien de l’ensoleillement réel, du bruit, du vent, de l’humidité ni du voisinage. Louez une saison chaude entière avant d’acheter. Et si le permis de résidence est adossé au bien, souvenez-vous que le revendre revient à perdre le titre.

5. Tout vendre en France avant d’être sûr

Le taux de retour n’est pas nul, et les raisons sont rarement celles qu’on imagine : c’est plus souvent la famille, la santé d’un proche ou l’éloignement qui décident que le climat ou l’argent. Gardez une porte de sortie au moins deux ans. Louer son logement plutôt que le vendre coûte un peu de rendement et achète beaucoup de sérénité.

6. Croire qu’il suffit de compter ses jours

Passer plus de 183 jours à Maurice vous rend résident fiscal mauricien, mais ne vous fait pas automatiquement cesser d’être résident fiscal de votre pays d’origine. Le droit français, par exemple, retient plusieurs critères alternatifs — le foyer, le séjour principal, l’activité, le centre des intérêts économiques — et un seul suffit. Garder sa maison, son conjoint ou l’essentiel de son patrimoine en France tout en comptant ses jours à Maurice ne protège de rien.

L’intérêt fiscal du projet suppose un vrai déplacement du centre de vie, pas un calendrier bien tenu. Et dans l’autre sens, ne confondez pas cette règle avec une obligation de présence liée au permis retraité, qui n’existe pas.

7. Oublier de prévenir les caisses de retraite, la banque et les impôts

Trois notifications, trois administrations distinctes, et aucune ne se déduit des autres. Sans elles, les prélèvements continuent comme avant, votre banque peut bloquer des opérations en constatant une adresse étrangère, et votre situation fiscale reste ambiguë des deux côtés.

8. Importer un conteneur sans vérifier ce qui vaut le coup

Le mobilier lourd supporte mal l’humidité et le sel. Le gros électroménager s’achète sur place. Le transport d’un mobilier d’entrée de gamme coûte plus que son remplacement. Conservez factures et inventaire pour la franchise douanière, et emportez plutôt ce à quoi vous tenez que ce qui est encombrant.

9. Choisir sa région sur des critères de vacances

Une plage magnifique ne fait pas un lieu de vie. Ce qui compte au quotidien : la distance à une clinique, l’accès aux commerces, le trafic aux heures de pointe, le climat en saison chaude, et la présence d’un cercle social. Beaucoup de retraités déménagent une fois à l’intérieur de l’île, et rares sont ceux qui vont vers plus isolé.

10. Ne pas budgéter les retours en Europe

Deux allers-retours par an pour un couple, aux périodes où les tarifs sont les plus élevés, représentent une somme que le budget initial ignore presque toujours. Ajoutez-y les imprévus familiaux, qui ne préviennent pas.

La première année, mois par mois

Ce calendrier n’a rien d’officiel : c’est une trame d’installation, construite sur ce que rapportent les retraités installés. Elle vaut surtout par son rythme, volontairement lent.

Mois 1 et 2 — se poser

Finaliser le permis, ouvrir le compte, obtenir le numéro fiscal, s’inscrire au consulat, trouver un médecin traitant. Habiter en location temporaire et visiter les régions plutôt que de signer un bail long. Ne rien acheter d’important. Repérer les commerces, les pharmacies, la clinique la plus proche.

Mois 3 et 4 — s’organiser

Signer un bail d’un an dans la région retenue. Souscrire électricité, eau et internet. Convertir le permis de conduire ou engager la démarche. Acheter ou louer un véhicule. Commencer à fréquenter un club, une association, un cours — c’est le moment où le cercle social se crée ou ne se crée pas.

Mois 5 et 6 — consolider

Faire le point sur le budget réel, qui diffère toujours du budget prévu. Vérifier que les transferts vers le compte mauricien sont bien tracés. Prendre les premiers rendez-vous médicaux de suivi sur place. Envisager, éventuellement, un premier retour en Europe.

Mois 7 à 9 — passer la saison chaude

C’est le test. La chaleur humide de janvier et février, la saison cyclonique, la facture d’électricité qui grimpe : c’est cette période qui révèle si le choix de région était bon. Beaucoup de décisions de déménagement interne se prennent ici.

Mois 10 à 12 — faire le bilan

Reprendre les trois questions qui comptent : le budget tient-il, la santé est-elle bien suivie, le cercle social existe-t-il ? Préparer la première déclaration fiscale mauricienne, l’année fiscale se clôturant le 30 juin. Et seulement maintenant, s’il y a lieu, envisager un achat immobilier.

Questions fréquentes

Faut-il être officiellement retraité ?

Non. La condition est d’avoir au moins cinquante ans et de justifier du revenu exigé. On peut obtenir ce permis sans avoir liquidé ses droits à pension, à partir de revenus de toute nature.

Combien de temps dure le permis ?

Dix ans, renouvelable pour dix années supplémentaires à l’expiration. Les durées de trois ou cinq ans que l’on lit encore correspondent à des régimes antérieurs.

Les 24 000 USD doivent-ils venir d’une pension ?

Le relevé bancaire certifié doit montrer soit un montant d’au moins 24 000 USD, soit un revenu garanti d’au moins 2 000 USD par mois. Rien n’impose que ce soit une pension : d’autres revenus réguliers peuvent être présentés. C’est le caractère certifié du relevé et la régularité du revenu qui comptent.

Faut-il transférer les 24 000 USD chaque année ?

Oui. Le premier versement d’au moins 2 000 USD intervient dans les 60 jours suivant la délivrance du permis, puis le transfert annuel doit être justifié auprès de l’EDB. Les relevés de votre compte mauricien en sont la preuve : conservez-les.

Peut-on dépenser cet argent une fois transféré ?

Oui. Il s’agit d’une obligation de transfert, pas de blocage. Les sommes servent à vivre sur place — c’est d’ailleurs l’objet du dispositif.

Mon conjoint doit-il aussi avoir 50 ans ?

Non. Le conjoint obtient un permis de résidence en tant que personne à charge, pour la même durée que le titulaire principal, sans condition d’âge ni de revenu propre. La demande se fait auprès du Passport and Immigration Office.

Peut-on travailler ou exercer une activité ?

Non, le permis interdit d’occuper un emploi. Il autorise à investir dans une entreprise à condition de ne pas y être employé et de n’en tirer aucun salaire ni avantage lié à un emploi. Exercer une activité suppose un autre titre : voir le guide pour venir travailler à l’île Maurice.

Y a-t-il une obligation de présence minimale ?

Pas au titre du permis : aucune durée de présence n’est exigée par l’EDB, et le renouvellement s’apprécie sur les transferts annuels.

La question se pose en revanche du côté fiscal, et dans les deux sens. Devenir résident fiscal mauricien suppose 183 jours de présence sur l’année fiscale, ou 270 jours cumulés sur trois ans. Mais cesser d’être résident fiscal de son pays d’origine dépend de critères plus larges que le nombre de jours — en France, le foyer, le séjour principal, l’activité et le centre des intérêts économiques, dont un seul suffit. En pratique, il faut donc réellement vivre à Maurice, pas seulement y séjourner assez longtemps.

Les pensions françaises sont-elles versées à Maurice ?

Oui, sans difficulté, sur un compte mauricien ou sur un compte conservé en Europe. Leur traitement fiscal dépend de la convention entre les deux pays et du fait que les sommes soient ou non rapatriées à Maurice.

Faut-il renoncer à la Sécurité sociale française ?

Un résident à Maurice n’est plus couvert par le régime français pour ses soins sur place. La Caisse des Français de l’Étranger permet de conserver un lien, mais rembourse sur la base des tarifs français et ne suffit pas seule. Continuer à se faire rembourser en France tout en résidant à Maurice est une situation irrégulière.

Peut-on acheter un bien immobilier ?

Oui, dans les programmes agréés — IRS, RES, PDS, Smart City, Invest Hotel — ou un appartement dans un immeuble d’au moins deux étages sur rez-de-chaussée. Au-delà de 375 000 USD, l’achat ouvre lui-même un permis de résidence. Et les plus de cinquante ans disposent du PDS Senior Living, sans prix minimum. Voir le guide de l’achat immobilier.

Au bout de combien de temps obtient-on la résidence permanente ?

Cinq années consécutives sous permis retraité, avec un total d’au moins 200 000 USD transférés sur la période. La durée seule ne suffit pas.

Que se passe-t-il si je ne peux plus transférer les 24 000 USD ?

Le transfert annuel est une condition du permis, et le renouvellement s’apprécie sur les relevés du compte mauricien. Si votre situation change, prenez contact avec l’EDB par écrit avant l’échéance plutôt qu’après.

Peut-on revenir en arrière ?

Rien n’oblige à rester. C’est précisément pourquoi il vaut mieux louer avant d’acheter et garder une porte de sortie les deux premières années. Le retour se prépare comme le départ, en informant les mêmes administrations dans l’autre sens.

Glossaire

  • EDB — Economic Development Board. L’organisme mauricien qui instruit et délivre les permis de résidence et d’occupation. Il a remplacé le Board of Investment, ou BOI, que l’on trouve encore cité sur de nombreuses pages : cet organisme n’existe plus.
  • NELS — National Electronic Licensing System. La plateforme en ligne sur laquelle se déposent toutes les demandes de permis.
  • PIO — Passport and Immigration Office. Délivre les permis de résidence des personnes à charge.
  • MRA — Mauritius Revenue Authority. L’administration fiscale mauricienne.
  • TAN — Tax Account Number. Le numéro d’identification fiscale mauricien.
  • PRP — Permanent Residence Permit. Le permis de résidence permanente de vingt ans.
  • Remittance basis — Le principe selon lequel les revenus de source étrangère ne sont imposés que lorsqu’ils sont rapatriés à Maurice.
  • IRS, RES, PDS, SCS — Integrated Resort Scheme, Real Estate Scheme, Property Development Scheme, Smart City Scheme. Les programmes immobiliers accessibles aux non-citoyens.
  • PDS Senior Living — Le régime immobilier réservé aux plus de cinquante ans, sans prix d’acquisition minimum, ouvrant un permis de résidence pour le retraité et son conjoint.
  • R+2 — Un immeuble comptant au moins deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, dans lequel un non-citoyen peut acquérir un appartement.
  • CFE — Caisse des Français de l’Étranger. Permet de conserver un lien avec le régime français de sécurité sociale.
  • Accord de principe — La lettre par laquelle l’EDB valide la première partie du dossier. Elle conditionne l’ouverture du compte bancaire et la suite de la procédure.

Contacts utiles

Economic Development Board

Guichet unique du permis de résidence de retraité.

  • Rez-de-chaussée, 7 Exchange Square, Wall Street, Ebène 72201
  • Téléphone : +230 203 3800
  • Courriel : contact@edbmauritius.org
  • Portail d’information sur les permis : residency.mu
  • Dépôt des demandes, National Electronic Licensing System : business.edbmauritius.org

Passport and Immigration Office

Permis de résidence des personnes à charge.

  • 8e étage, Sterling House, Lislet Geoffroy Street, Port-Louis

Mauritius Revenue Authority

Numéro fiscal, déclaration annuelle, barèmes officiels.

  • Site et services en ligne : mra.mu

Ambassade de France à Maurice

L’ambassade et le consulat ont déménagé le 19 août 2026 et sont désormais réunis à Telfair, à Moka. Coordonnées complètes, conditions de rendez-vous et accès à France Consulaire dans la section contacts du guide de l’installation.

Si vous vous installez pour plus de six mois, inscrivez-vous au registre des Français établis hors de France : c’est la condition d’accès à plusieurs démarches consulaires, et cela permet d’être contacté en cas de crise.

Santé et urgences

Les numéros d’urgence, les cliniques et les pharmacies figurent sur nos pages dédiées : numéros d’urgence à l’île Maurice, pharmacies, hôpitaux, cliniques et professionnels de santé et santé et sécurité sanitaire. Affichez les numéros d’urgence chez vous, en évidence : c’est une précaution de bon sens qui ne coûte rien.

Une mise en garde

Des sites privés imitent la présentation des administrations mauriciennes et facturent des démarches qui ne coûtent rien, voire collectent des données personnelles et bancaires. Les administrations officielles sont sur le domaine govmu.org, auxquelles s’ajoutent edbmauritius.org, residency.mu et mra.mu. Le dépôt d’une demande sur la plateforme de l’EDB est gratuit, et l’EDB ne facture pas l’instruction : seuls les frais de permis et les 50 USD de frais de dossier sont dus, et uniquement par les candidats retenus.

Le mot de la fin et derniers petits conseils

À qui Maurice convient

Aux couples ou aux personnes seules qui disposent d’un revenu régulier suffisant, qui sont en bonne santé ou dont les pathologies sont stabilisées et suivies, qui ont envie de vie sociale et acceptent d’aller vers les autres, et qui supportent la chaleur humide. Ceux-là s’installent bien, et la plupart restent.

Maurice convient moins à ceux qui partent pour fuir quelque chose plutôt que pour aller vers quelque chose, à ceux dont l’état de santé nécessite un suivi spécialisé lourd, à ceux qui n’ont pas les moyens d’une assurance santé sérieuse, et à ceux qui supportent mal d’être loin de leurs enfants et petits-enfants — cette dernière raison étant, de loin, la première cause de retour.

La bonne méthode : lentement

Tous ceux qui ont réussi leur installation racontent à peu près la même progression. Un ou deux séjours longs d’abord, hors saison touristique et si possible en février, pour voir le pire du climat. Puis une première année en location, sans rien vendre en Europe. Puis, seulement, les décisions lourdes : l’achat, la vente du logement d’origine, le déménagement complet.

À l’inverse, ceux qui reviennent au bout de dix-huit mois ont presque toujours fait le contraire : tout vendu, tout expédié, tout acheté avant d’avoir passé une saison chaude sur place.

Se donner le droit de changer d’avis

Partir à la retraite à l’étranger n’est pas une décision irréversible, et ce n’est pas un échec de rentrer. Gardez une porte de sortie les deux premières années : un logement loué plutôt que vendu, un compte bancaire conservé, un lien maintenu avec le système de santé d’origine. Cela coûte un peu, et cela rend le départ beaucoup plus serein — paradoxalement, ceux qui se donnent ce droit sont ceux qui restent.

Les informations contenues dans cet article sont données à titre indicatif et concernent des démarches administratives longues, coûteuses et susceptibles d’évoluer à chaque loi de finances. Les seuils, montants, durées et pièces exigées ont été vérifiés en septembre 2026 auprès de l’Economic Development Board, du portail residency.mu et de la Mauritius Revenue Authority, mais ils peuvent être modifiés sans préavis. Les indications de budget et de coût de la vie sont des ordres de grandeur et ne constituent en aucun cas des tarifs. Les développements sur la fiscalité des pensions ne remplacent pas l’examen de votre situation personnelle par un professionnel qualifié. L’auteur et l’éditeur déclinent toute responsabilité quant à l’exactitude des informations mentionnées. Vérifiez auprès de l’Economic Development Board, de la Mauritius Revenue Authority et, pour les questions fiscales touchant votre pays d’origine, auprès d’un professionnel qualifié, avant d’engager des fonds, de résilier un contrat ou de vendre un bien. Voir les CGU (Article 12).

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