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Guide complet pour s’expatrier, s’installer à l’Île Maurice

S’installer à l’île Maurice : toutes les voies de résidence et les démarches, à jour de la réforme 2026

On arrive rarement à Maurice par hasard. Il y a eu un séjour, l’envie de retrouver le lagon un mardi soir plutôt qu’une fois l’an, un projet professionnel qui peut se mener depuis n’importe où, ou une retraite qu’on imagine ailleurs. Puis arrive la question qui commande tout le reste : à quel titre peut-on rester au-delà de six mois ?

Il n’existe pas une réponse mais une dizaine, et elles n’ont ni les mêmes seuils financiers, ni la même durée, ni les mêmes droits. Certaines ouvrent le marché du travail mauricien, d’autres l’interdisent expressément. Certaines se perdent le jour où l’on revend son bien. Ce guide les présente toutes, explique comment on constitue un dossier et ce qui se passe une fois le permis en main, puis traite ce qui attend tout le monde ensuite : l’impôt, le coût de la vie, l’école, la santé, le déménagement.

Les règles ont changé en profondeur au cours de l’année 2026. Les seuils des Occupation Permits ont été relevés, le Family Occupation Permit a été supprimé, un Golden Visa est entré dans la loi et l’impôt sur le revenu compte désormais une tranche supplémentaire. Les montants qui circulent encore sur la plupart des sites francophones sont ceux d’avant. Ceux donnés ici proviennent des pages de l’Economic Development Board et de la Mauritius Revenue Authority, vérifiées en septembre 2026.

Un conseil avant de commencer : lisez ce guide en entier avant de lancer quoi que ce soit. Les étapes se conditionnent les unes les autres — un certificat de police a une durée de validité, une visite médicale aussi, et le choix du statut détermine ce que vous pourrez faire une fois sur place. Une section lue isolément donne une réponse exacte mais inutilisable.

Trois guides complètent celui-ci, pour les projets qui posent des questions plus précises que celles traitées ici :

Sommaire

Quelle voie d'installation pour quel projet

Onze statuts permettent de séjourner ou de s’installer à Maurice. Voici ce que chacun exige et ce qu’il autorise. Les montants sont ceux en vigueur en septembre 2026.

  • Visa touriste — aucune démarche préalable pour de nombreuses nationalités, le visa étant délivré à l’arrivée. Jusqu’à 180 jours cumulés par année civile. Ne permet ni de travailler, ni d’inscrire un enfant à l’école, ni d’acheter un véhicule.
  • Premium Visa — plus de six mois et jusqu’à un an, renouvelable, délivré gratuitement. Il faut justifier de son projet de long séjour, d’une assurance couvrant le séjour, d’un hébergement, et que l’activité et la source de revenus principales soient hors de Maurice. Il n’autorise pas à entrer sur le marché du travail mauricien.
  • Occupation Permit investisseur — 100 000 USD à transférer sur un compte mauricien dans les 60 jours suivant la délivrance du permis. L’entreprise doit réaliser 5 millions de roupies de chiffre d’affaires annuel à partir de la troisième année, puis 8 millions à partir de la cinquième pour le renouvellement. Valable 10 ans, renouvelable.
  • Occupation Permit travailleur indépendant — 50 000 USD dans les 60 jours, activité relevant du secteur des services, et trois lettres d’intention de clients potentiels dont deux établis à Maurice. Revenu d’activité de 2 millions de roupies à partir de la troisième année, 3 millions à partir de la cinquième. Valable 10 ans, renouvelable.
  • Occupation Permit professionnel — un contrat de travail avec une entreprise mauricienne prévoyant un salaire de base d’au moins 50 000 roupies par mois, tous secteurs confondus. Délivré pour la durée du contrat, jusqu’à 10 ans.
  • Young Professional Occupation Permit — réservé aux diplômés d’un établissement supérieur mauricien reconnu par la Higher Education Commission, avec un salaire de base d’au moins 25 000 roupies par mois. Trois ans maximum, sans renouvellement possible dans cette catégorie.
  • Permis de résidence pour retraité — à partir de 50 ans. Un premier versement d’au moins 2 000 USD dans les 60 jours, puis 24 000 USD par an ou 2 000 USD par mois sur un compte mauricien, à justifier chaque année. Valable 10 ans, renouvelable. Interdit d’occuper un emploi.
  • Résidence par acquisition immobilière — l’achat d’un bien de plus de 375 000 USD dans un programme agréé, ou d’un appartement situé dans un immeuble d’au moins deux étages sur rez-de-chaussée. Le permis vaut tant que l’on reste propriétaire, sans condition de revenus, et couvre le conjoint et les enfants de moins de 24 ans.
  • PDS Senior Living — réservé aux plus de 50 ans. L’acquisition d’un logement, ou de droits d’usage viagers sur un logement, dans une résidence pour seniors agréée, sans prix d’acquisition minimum. C’est la seule voie immobilière qui ouvre un droit au séjour sans le seuil de 375 000 USD. Le permis couvre le retraité et son conjoint ou partenaire de fait, tant que le bien est détenu ou occupé.
  • Golden Visa — un investissement d’au moins un million de dollars dans une activité économique, inscrit dans la loi de finances 2026. Il ouvre droit à la résidence permanente. L’acquisition d’un bien résidentiel sous un programme de l’EDB ne compte pas dans ce seuil.
  • Permis de résidence permanente — 20 ans, renouvelable. Il ne se demande pas à l’arrivée : il suppose cinq années sous l’un des permis précédents et des performances financières que peu de dossiers atteignent.

Deux erreurs de raisonnement reviennent constamment chez les candidats à l’installation. La première consiste à choisir le statut le moins exigeant à l’entrée sans regarder ce qu’il faudra démontrer au renouvellement : les seuils de chiffre d’affaires des troisième et cinquième années écartent aujourd’hui davantage de dossiers que le ticket d’entrée. La seconde consiste à croire que la durée du séjour finit par ouvrir des droits. Elle n’en ouvre aucun : la résidence permanente s’obtient sur des montants, jamais sur de l’ancienneté.

Séjourner sans s'installer : visa touriste et Premium Visa

Deux statuts permettent de passer du temps à Maurice sans y être résident. Ils ne donnent aucun droit de travailler localement, et c’est leur limite principale.

Le visa touriste

Pour les ressortissants d’un grand nombre de pays, dont les pays de l’Union européenne, aucune démarche n’est à faire avant le départ : le visa est apposé à l’arrivée à l’aéroport. Il autorise un séjour cumulé qui ne dépasse pas 180 jours par année civile. Au-delà, il faut un autre titre.

C’est le bon statut pour un séjour de repérage, et beaucoup de projets d’installation commencent par là : deux ou trois semaines sur place valent toutes les vidéos de plages, et permettent de comprendre qu’on ne vit pas de la même façon à Grand Baie, à Tamarin ou à Curepipe. En revanche, le visa touriste ne permet ni d’occuper un emploi, ni d’inscrire un enfant dans une école, ni d’immatriculer un véhicule à son nom.

Les formalités d’entrée, les documents demandés au comptoir d’immigration et les règles de bagages sont traités dans notre guide des formalités et démarches pour venir à l’île Maurice.

Le Premium Visa

Le Premium Visa couvre les séjours de plus de six mois et jusqu’à un an, avec possibilité de renouvellement. Il est gratuit : l’EDB ne facture ni la demande ni son instruction, et le visa est délivré par courriel au format électronique.

Les critères publiés par l’EDB sont au nombre de quatre : ne pas entrer sur le marché du travail mauricien, avoir son activité et sa source principale de revenus hors de Maurice, produire les justificatifs à l’appui de la demande — objet du séjour, hébergement — et satisfaire aux exigences ordinaires d’immigration. S’y ajoutent une assurance voyage et santé couvrant la durée prévue, et un billet retour.

Aucun montant minimum de revenus n’est publié par l’EDB. La check-list officielle demande les relevés bancaires des trois derniers mois et un justificatif de revenu mensuel, sans fixer de seuil. De très nombreux sites annoncent 1 500 USD par mois, parfois assortis de 500 USD par personne à charge : ce chiffre correspond à ce que les dossiers acceptés présentent en pratique, mais il ne figure dans aucun texte officiel, et les sources qui le citent ne s’accordent même pas sur l’alternative en épargne. Prévoyez de démontrer une autonomie financière confortable plutôt que de viser un seuil qui n’existe pas.

Fiscalement, le Premium Visa relève du principe de la remise : les revenus de source mauricienne d’un titulaire — par exemple une rémunération pour un travail effectué à distance depuis Maurice — sont imposés sur ce qui est rapatrié. L’argent dépensé à Maurice au moyen d’une carte bancaire étrangère n’est pas considéré comme rapatrié. Les sommes déposées sur un compte mauricien sont imposables, sauf déclaration attestant que l’impôt correspondant a déjà été acquitté dans le pays d’origine ou de résidence.

Le piège à connaître. Un consultant installé sous Premium Visa peut facturer ses clients étrangers. Le jour où il accepte un client mauricien, il entre sur le marché du travail local et se met en infraction avec les conditions de son visa. C’est la bascule vers un Occupation Permit travailleur indépendant qu’il faut alors préparer, et elle prend du temps : les conditions de ce permis sont détaillées dans le guide pour venir travailler à l’île Maurice.

L'Occupation Permit : travailler et résider

L’Occupation Permit est un document unique qui vaut à la fois permis de travail et permis de résidence. Il est délivré par l’Economic Development Board, qui sert de guichet unique, et la demande se fait en ligne sur le National Electronic Licensing System. Quatre catégories existent : investisseur, travailleur indépendant, professionnel et jeune professionnel.

Ce que le permis emporte pour la famille

Les personnes à charge d’un titulaire d’Occupation Permit peuvent obtenir un permis de résidence de la même durée que celui du titulaire. Sont concernés le conjoint — y compris le partenaire de fait de sexe opposé —, les parents, et les enfants non mariés qui n’exercent aucune activité lucrative, y compris les beaux-enfants et les enfants légalement adoptés. La demande de permis de résidence pour une personne à charge relève du Passport and Immigration Office, et non de l’EDB.

Une catégorie a disparu en 2026 : le Family Occupation Permit, qui permettait à une famille d’obtenir un titre commun moyennant un investissement, a été supprimé par la loi de finances. Les dossiers en cours et les titulaires actuels doivent faire confirmer leur situation par l’EDB ou le Passport and Immigration Office. Pour les nouveaux projets, il faut comparer un permis principal assorti de demandes séparées pour les personnes à charge.

L’Occupation Permit investisseur

C’est la voie de celui qui crée ou reprend une entreprise à Maurice. Le seuil est de 100 000 USD, et la voie à 50 000 USD qui coexistait jusqu’en 2026 a été supprimée.

Concrètement, le candidat produit un relevé bancaire certifié émis dans son pays d’origine ou de résidence, attestant qu’il dispose des fonds, et un engagement écrit de transférer les 100 000 USD depuis l’étranger sur le compte bancaire de sa société mauricienne dans les 60 jours suivant la délivrance du permis. Le compte s’ouvre une fois obtenue la lettre d’accord de principe : c’est cette lettre qui rend l’ouverture possible, pas l’inverse.

Le permis est délivré pour 10 ans, renouvelable, et les frais s’élèvent à 1 000 USD à l’approbation de la demande. Le renouvellement dépend des performances de l’entreprise : un chiffre d’affaires annuel d’au moins 5 millions de roupies à partir de la troisième année d’enregistrement, porté à 8 millions à partir de la cinquième.

Ces seuils sont le vrai filtre. Un investissement de 100 000 USD est à la portée de beaucoup de projets ; générer 8 millions de roupies de chiffre d’affaires annuel, soit de l’ordre de 160 000 euros, suppose une activité réelle et pas une société de domiciliation. C’est précisément l’objectif annoncé de la réforme : écarter les structures dormantes.

Le cas des start-up innovantes

Un régime distinct existe pour les projets innovants, avec des indicateurs de performance propres plutôt que les seuils de chiffre d’affaires. Le candidat doit soit soumettre son projet à l’EDB, soit être enregistré auprès d’un incubateur agréé par le Mauritius Research and Innovation Council.

Le suivi ne s’arrête pas à l’enregistrement. L’entreprise doit remettre un rapport d’avancement annuel dans les trois mois suivant la fin de sa première année d’activité, puis un rapport de développement conforme au plan d’affaires initialement déposé, confirmant que le projet a atteint le stade du produit minimum viable avant la fin de la cinquième année. Ce n’est donc pas un raccourci pour éviter le parcours investisseur classique : c’est un engagement à démontrer que l’idée est devenue un produit.

Les trois autres catégories

Elles concernent toutes des personnes qui viennent travailler, et sont traitées en détail dans le guide pour venir travailler à l’île Maurice, avec les pièces propres à chacune et la procédure côté employeur. En résumé :

  • Travailleur indépendant : 50 000 USD à transférer dans les 60 jours, activité limitée au secteur des services, trois lettres d’intention de clients potentiels dont deux établis à Maurice. Chiffre d’affaires de 2 millions de roupies à partir de la troisième année, 3 millions à partir de la cinquième. Dix ans, renouvelable.
  • Professionnel : un contrat avec une entreprise mauricienne prévoyant un salaire de base d’au moins 50 000 roupies par mois, dans tous les secteurs — les catégories ProPass et Expert Pass ont fusionné. Le permis suit la durée du contrat, dans la limite de dix ans. Les titulaires d’un permis en cours relevant de l’ancien critère des 30 000 roupies conservent la possibilité d’un renouvellement sous ce critère. Une variante existe pour les missions courtes : un Occupation Permit de court terme, d’une durée maximale de neuf mois, prolongeable une seule fois pour trois mois au plus.
  • Jeune professionnel : réservé à qui a obtenu au moins une licence dans un établissement supérieur mauricien reconnu par la Higher Education Commission, ou une certification professionnelle de niveau équivalent délivrée par un organisme enregistré à Maurice. Salaire de base minimum de 25 000 roupies par mois, permis de trois ans maximum selon la durée du contrat, non renouvelable dans cette catégorie. Pour rester au-delà, il faut basculer vers la catégorie professionnel et en remplir les conditions du moment.

Un droit d’investir, sans y travailler

Le titulaire d’un Occupation Permit professionnel peut investir dans une entreprise mauricienne à deux conditions : ne pas y être employé et n’en tirer ni salaire ni avantages liés à un emploi. Il peut détenir des parts dans l’entreprise qui l’emploie, à condition de ne pas en être l’actionnaire majoritaire. La même logique s’applique au retraité résident.

Le permis de résidence pour retraité

Ce permis s’adresse aux non-citoyens âgés d’au moins 50 ans. Il est délivré pour 10 ans et se renouvelle pour dix ans supplémentaires à l’expiration, à condition que les transferts aient été effectués.

La condition financière est un transfert vers Maurice. Le candidat produit un relevé bancaire certifié de son pays d’origine ou de résidence montrant soit un montant d’au moins 24 000 USD, soit un revenu garanti d’au moins 2 000 USD par mois. Après délivrance, un premier versement d’au moins 2 000 USD doit être effectué sur un compte bancaire local dans les 60 jours, puis les 24 000 USD annuels — ou 2 000 USD mensuels — doivent être transférés et justifiés chaque année auprès de l’EDB. Les frais de permis sont de 1 000 USD.

L’ancien régime n’existe plus. Beaucoup de pages francophones annoncent encore 18 000 USD par an, parfois assortis d’un permis de trois ans. Ces conditions ont été relevées et ne s’appliquent plus aux nouvelles demandes. Si vous avez construit un budget sur 18 000 USD, il manque 6 000 USD par an, et le permis ne sera pas délivré.

Le titulaire ne peut pas occuper un emploi. Il peut en revanche investir dans une entreprise, à condition de ne pas y être employé et de n’en tirer aucun salaire. Le conjoint, les parents et les enfants non mariés sans activité lucrative peuvent obtenir un permis de résidence de même durée.

Un point que les futurs retraités sous-estiment souvent : ces 24 000 USD sont une exigence d’immigration, pas une estimation du coût de la vie. Personne à l’EDB ne prétend qu’on vit confortablement à Maurice avec 2 000 USD par mois pour un couple — c’est simplement le seuil en dessous duquel le dossier n’est pas recevable.

La fiscalité des pensions, les transferts internationaux, la santé après soixante ans et la vie quotidienne des retraités installés sont traités dans le guide pour prendre sa retraite à l’île Maurice.

Résider en achetant un bien, et le Golden Visa

Le permis de résidence par acquisition immobilière

L’achat d’un bien résidentiel d’un montant supérieur à 375 000 USD dans un programme agréé ouvre droit à un permis de résidence, valable aussi longtemps que l’acquéreur reste propriétaire du bien. Le conjoint et les enfants de moins de 24 ans bénéficient du même permis. Il n’y a aucune condition de revenus mensuels ni aucun objectif de chiffre d’affaires à atteindre : c’est ce qui rend cette voie attractive pour ceux qui ont le capital mais pas de projet professionnel à Maurice.

Les programmes concernés sont l’Integrated Resort Scheme, le Real Estate Scheme, le Property Development Scheme, le Smart City Scheme et l’Invest Hotel Scheme. Une voie parallèle existe pour les appartements situés dans un immeuble comptant au moins deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, ce qu’on appelle localement le R+2 : le même seuil de 375 000 USD y ouvre un permis de résidence. Attention à ne pas confondre deux montants différents — un étranger peut acheter un appartement R+2 hors programme agréé à partir de 6 millions de roupies, mais ce niveau d’achat ne donne aucun droit au séjour.

Un avantage souvent ignoré : le non-citoyen titulaire d’un permis de résidence obtenu sous IRS, RES ou PDS est dispensé de détenir un Occupation Permit ou un Work Permit pour investir et travailler à Maurice. C’est la seule voie qui ouvre le marché du travail sans permis de travail.

Les programmes eux-mêmes, les fourchettes de prix par région, la procédure d’achat, les droits et taxes applicables et les garanties sur les ventes en l’état futur d’achèvement sont traités dans le guide de l’achat immobilier quand on est étranger.

Le Golden Visa

La loi de finances 2026 a inscrit le Golden Visa dans l’Economic Development Board Act. Le principe : un investissement d’au moins un million de dollars dans une activité économique ouvre un droit de résidence renouvelable, puis la possibilité de demander un permis de résidence permanente. Le régime fiscal applicable est celui de la remise, comme pour le Premium Visa.

Deux précisions qui comptent. D’abord, l’acquisition d’un bien résidentiel sous un programme de l’EDB ne compte pas dans le seuil du million : acheter une villa à un million de dollars n’ouvre pas le Golden Visa. Ensuite, l’investissement doit être réalisé dans un délai annoncé de douze mois à compter de la délivrance.

Un dispositif voisin, l’AI City Scheme, a également été créé au niveau de l’EDB. Un « fondateur IA » porteur d’un projet éligible doit obtenir un certificat AI City Scheme délivré par l’EDB, et peut prétendre à la résidence permanente en qualité d’investisseur après avoir investi au moins un million de dollars.

Sur ces deux dispositifs, les procédures et les conditions détaillées restent à publier au moment où nous écrivons. Méfiez-vous des intermédiaires qui commercialisent déjà une éligibilité garantie au Golden Visa : le cadre existe dans la loi, ses modalités d’application non.

La résidence permanente de 20 ans

Le Permanent Residence Permit est un titre de 20 ans, renouvelable pour vingt ans supplémentaires. Il est ouvert aux investisseurs, aux professionnels, aux travailleurs indépendants, aux retraités et à leur famille.

Détenir un permis pendant plusieurs années ne suffit pas. Il faut cinq années sous le permis correspondant, et des performances financières précises sur les cinq années qui précèdent immédiatement la demande :

  • Investisseur : cinq ans d’Occupation Permit investisseur, avec un chiffre d’affaires annuel d’au moins 15 millions de roupies sur chacune des cinq années, ou un chiffre d’affaires cumulé de 75 millions sur cinq années consécutives.
  • Professionnel : cinq ans d’Occupation Permit professionnel ou de permis de travail valide, avec un salaire de base mensuel d’au moins 400 000 roupies pendant les cinq années consécutives précédant la demande. La demande doit être déposée au plus tard six mois après avoir rempli le critère.
  • Travailleur indépendant : cinq ans d’Occupation Permit indépendant, avec un revenu d’activité annuel d’au moins 3 millions de roupies sur chacune des cinq années, ou un cumul de 15 millions. Même délai de six mois pour déposer.
  • Retraité : cinq ans de permis de résidence de retraité, avec des transferts vers Maurice dont le total atteint au moins 200 000 USD sur cinq années consécutives.

Un mécanisme de bascule existe : un investisseur, un professionnel ou un indépendant titulaire d’un permis de résidence permanente peut obtenir, en remplacement et pour la durée restante, un permis permanent dans la catégorie retraité, à condition de disposer d’un revenu annuel d’au moins 40 000 USD. C’est la porte de sortie de ceux qui cessent leur activité sans vouloir perdre leur titre.

Regardez ces chiffres en face avant de bâtir un plan à cinq ans. Un salaire de base de 400 000 roupies par mois représente huit fois le seuil d’entrée de l’Occupation Permit professionnel. La résidence permanente n’est pas l’aboutissement naturel d’une installation réussie : c’est un régime réservé à des situations financières très au-dessus de la moyenne des expatriés. La plupart des résidents étrangers restent, durablement, sous un permis de dix ans renouvelable — ce qui n’a rien d’un pis-aller.

Conséquence pratique : conservez tout. Bulletins de salaire, comptes annuels de la société, justificatifs de chiffre d’affaires, preuves de transferts internationaux. La démonstration porte sur cinq années consécutives, et personne ne reconstitue cela après coup.

Constituer et déposer son dossier à l'EDB

Toutes les demandes passent par la même plateforme, le National Electronic Licensing System, accessible sur business.edbmauritius.org. Il faut s’y enregistrer avant de pouvoir déposer. La procédure se déroule intégralement en ligne jusqu’à la décision, et il n’est pas nécessaire de se rendre à Maurice pour la lancer. Pour un Occupation Permit professionnel, c’est l’employeur qui ouvre le dossier.

Les deux temps de la procédure

Le dossier se dépose en deux fois, et c’est la clé pour comprendre l’ordre des opérations. Une première série de pièces conduit à une lettre d’accord de principe. C’est seulement après l’avoir obtenue que l’on peut ouvrir un compte bancaire mauricien, transférer les fonds exigés et produire la seconde série de pièces. Vient enfin un rendez-vous où tous les documents doivent être présentés en originaux.

Autrement dit : personne ne vous demande de transférer 100 000 USD avant d’avoir la moindre assurance sur votre dossier. Si un intermédiaire vous le propose, c’est qu’il ne connaît pas la procédure, ou qu’il n’est pas honnête.

Les pièces communes à tous les dossiers

  • Acte de naissance original, en anglais ou en français. À défaut, une traduction certifiée ou assermentée par une autorité compétente.
  • Page de données biographiques du passeport.
  • Certificat de moralité ou extrait de casier judiciaire couvrant les dix dernières années et daté de moins de six mois.
  • Photographies d’identité numériques en couleur, au format 3,5 × 4,5 cm, de moins de six mois.
  • Un engagement signé, selon un formulaire fourni.
  • Le formulaire de charte des résidents étrangers.
  • Certificat et rapports médicaux de moins de six mois, à produire après l’accord de principe.
  • Acte de mariage ou de divorce, original en anglais ou en français, ou traduction certifiée.
  • Les pages de visa correspondant aux dernières entrées sur le territoire.

S’y ajoutent les pièces propres à chaque catégorie : relevé bancaire certifié et engagement de transfert pour l’investisseur, l’indépendant et le retraité ; lettres d’intention de clients pour l’indépendant ; contrat de travail, fiche de poste, diplôme et documents de la société employeuse pour le professionnel et le jeune professionnel.

L’apostille et les traductions

Les documents officiels émis par un pays signataire de la convention de La Haye doivent porter une apostille. Elle s’obtient auprès de l’autorité compétente du pays émetteur — en France, la cour d’appel du ressort de l’autorité qui a délivré l’acte. Comptez plusieurs semaines, et anticipez : c’est le poste qui fait le plus souvent glisser un calendrier d’installation.

Attention à l’articulation entre apostille et durée de validité. Un extrait de casier judiciaire doit dater de moins de six mois au dépôt. Si vous le faites établir trop tôt pour avoir le temps de l’apostiller, il sera périmé au moment de la seconde série de pièces. L’ordre qui fonctionne : monter le reste du dossier d’abord, puis lancer casier et apostille en dernier.

Ce que la procédure ne demande pas

Vous lirez ailleurs des exigences qui n’existent pas. Il n’y a aucun test de langue, ni en anglais ni en français. Il n’y a aucune condition de diplôme pour l’investisseur ni pour le travailleur indépendant — le diplôme n’est exigé que du jeune professionnel. Et il n’y a aucune obligation de se déplacer à Maurice pour déposer la demande.

Les frais

Deux niveaux de frais coexistent, et il faut les distinguer.

Des frais de dossier de 50 USD, non remboursables, s’appliquent depuis le 1er décembre 2025 à toute demande d’Occupation Permit et de permis de résidence de retraité. Ils sont dus quelle que soit l’issue de la demande.

Les frais de permis, eux, ne sont acquittés que par les candidats retenus. Ils s’élèvent à 1 000 USD pour l’investisseur, le travailleur indépendant et le retraité. Pour le professionnel, ils varient selon la durée accordée : 300 USD pour un permis de court terme jusqu’à 9 mois, 150 USD pour sa prolongation, 400 USD jusqu’à 2 ans, 500 USD de 2 à 3 ans, 800 USD de 3 à 5 ans et 1 000 USD de 5 à 10 ans. Pour le jeune professionnel, ils vont de 150 à 300 USD selon la durée.

En dehors de ces deux postes, l’EDB ne facture pas l’instruction du dossier. Les montants réclamés par certains intermédiaires pour « déposer la demande » correspondent à leurs propres honoraires, pas à une taxe.

Les délais

L’EDB ne publie pas de délai de traitement pour l’ensemble de la procédure. Les durées annoncées ici ou là — trois semaines, deux mois, trois mois — ne proviennent d’aucune source officielle. Ce qui est certain, c’est qu’un dossier incomplet repart en arrière, et que les pièces à durée de validité limitée sont le facteur de retard le plus fréquent. Prévoyez large, et ne résiliez rien dans votre pays d’origine avant d’avoir le permis en main.

Les démarches une fois le permis obtenu

Ouvrir un compte bancaire

L’ouverture d’un compte devient possible une fois obtenue la lettre d’accord de principe. Les principales banques de détail sont la Mauritius Commercial Bank et la State Bank of Mauritius, qui ont les réseaux d’agences les plus denses, aux côtés d’établissements plus orientés vers la clientèle internationale comme AfrAsia ou ABC Banking. On vous demandera le passeport, le permis ou l’accord de principe, un justificatif de domicile à Maurice et des justificatifs de revenus.

Deux points à anticiper : les virements internationaux entrants sont facturés par la plupart des banques, et le chèque reste un moyen de paiement courant à Maurice, bien plus qu’en Europe. Si vous recevez des revenus en euros, la question de la couverture du change se pose dès la première année — la roupie fluctue, et un écart de quelques pour cent sur un transfert annuel de 24 000 USD n’est pas anecdotique.

Obtenir son numéro fiscal

Le Tax Account Number, ou TAN, est l’identifiant fiscal délivré par la Mauritius Revenue Authority. Il se demande en ligne ou sur place, et il vous sera réclamé pour bien plus que vos déclarations : ouverture de certains comptes, signature de contrats, démarches auprès d’administrations. Demandez-le dès votre arrivée, même sans revenus mauriciens.

Conduire

La conduite est à gauche, et c’est l’adaptation la plus concrète des premiers jours — particulièrement aux ronds-points, où le réflexe européen joue contre vous. Notre article sur la conduite à gauche à l’île Maurice détaille ce qui change réellement au volant.

Un permis étranger est reconnu pour une durée limitée après l’installation, au-delà de laquelle il faut le convertir en permis mauricien auprès de la Traffic Branch. Les conditions exactes et les pièces demandées évoluent : vérifiez-les auprès de la Traffic Branch avant l’échéance plutôt que de vous fier à une date lue sur un forum. Pour les premiers mois, la location de voiture reste souvent la solution la plus simple, le temps de choisir un véhicule.

Téléphonie et internet

Trois opérateurs se partagent le marché : my.t, filiale de Mauritius Telecom, Emtel et MTML. La fibre est largement déployée dans les zones habitées. À l’arrivée, une carte SIM prépayée suffit le temps d’avoir une adresse : notre guide des cartes SIM compare les offres, en gardant à l’esprit que les forfaits résidents, moins chers, sont réservés aux titulaires d’une pièce d’identité ou d’un passeport mauricien.

Se loger

La règle locale veut qu’on loue d’abord. Les biens se louent souvent non meublés ou semi-meublés, les baux sont généralement d’un an, la caution représente couramment deux à trois mois de loyer, et les charges d’eau et d’électricité sont rarement incluses. Certains propriétaires demandent plusieurs mois d’avance, ce qui se négocie.

Prenez le temps de vivre dans une région avant d’y acheter. Le nord autour de Grand Baie est animé et cosmopolite, l’ouest de Tamarin à Rivière Noire plus calme et prisé des familles, le centre autour de Moka et Quatre Bornes offre les meilleures écoles et le meilleur rapport qualité-prix mais se trouve à vingt ou trente minutes des plages, et le plateau de Curepipe à Floréal est nettement plus frais et plus humide. Ces différences de climat entre le littoral et les hauteurs surprennent la plupart des nouveaux arrivants : notre article sur la météo à l’île Maurice en détail explique pourquoi il peut pleuvoir à Curepipe pendant qu’il fait grand soleil à Flic-en-Flac. Pour le choix d’une côte, notre comparatif quelle côte choisir à l’île Maurice reste valable au-delà du seul séjour touristique.

Résidence fiscale et impôts

Quand devient-on résident fiscal

Trois critères alternatifs définissent la résidence fiscale à Maurice, au titre de la section 73 de l’Income Tax Act : être domicilié à Maurice, sauf si l’on a son lieu de résidence permanent à l’étranger ; y être présent au moins 183 jours au cours de l’année fiscale ; ou y avoir séjourné au moins 270 jours au total sur l’année en cours et les deux précédentes.

Résidence fiscale et titre de séjour sont deux choses distinctes. On peut détenir un Occupation Permit sans être résident fiscal mauricien, et inversement. L’année fiscale mauricienne court du 1er juillet au 30 juin, ce qui complique la première année pour qui vient d’un pays à année civile.

Le barème de l’impôt sur le revenu

Pour l’année de revenus allant du 1er juillet 2026 au 30 juin 2027, le barème publié par la Mauritius Revenue Authority est le suivant :

  • 0 % sur les 500 000 premières roupies de revenu imposable
  • 10 % sur la tranche suivante de 500 000 roupies
  • 20 % sur les 11 millions suivants
  • 35 % au-delà de 12 millions de roupies

La tranche à 35 % est une nouveauté de la loi de finances 2026 : elle remplace la Fair Share Contribution qui frappait les particuliers l’année précédente, laquelle a été supprimée. Le barème reste progressif : chaque taux ne s’applique qu’à la fraction de revenu comprise dans sa tranche.

Vous trouverez encore en ligne des barèmes à quatre taux culminant à 15 %, avec un seuil d’exonération à 390 000 roupies. Ils datent de 2023 et ont été remplacés deux fois depuis.

Les déductions

Plusieurs déductions réduisent le revenu imposable, dont une déduction pour personnes à charge dont le montant dépend de leur nombre. Pour l’année 2026-2027, la MRA admet notamment la déduction des cotisations à un régime de retraite individuel dans la limite de 50 000 roupies, celle des dons effectués par voie électronique à des institutions caritatives dans la limite de 100 000 roupies, et, pour un enfant à charge scolarisé dans un établissement privé payant enregistré au titre de l’Education Act, une déduction supplémentaire égale aux frais acquittés, plafonnée à 60 000 roupies. Un seul des deux conjoints peut réclamer les déductions pour personnes à charge.

Ce que Maurice ne taxe pas

C’est l’essentiel de l’attractivité fiscale du pays, et ce n’est pas un mythe : il n’existe à Maurice ni impôt sur les plus-values, ni impôt sur la fortune, ni droits de succession, ni impôt foncier annuel, ni taxe d’habitation. Les dividendes versés par les sociétés résidentes restent exonérés chez le bénéficiaire.

En revanche, Maurice n’est pas un pays sans impôt. La TVA est à 15 %, l’impôt sur les sociétés à 15 % avec un taux réduit de 3 % pour l’exportation de biens et certaines activités du Freeport, et des contributions sociales pèsent sur les salaires. Les droits d’enregistrement et taxes sur les transferts immobiliers sont traités dans le guide de l’achat immobilier, de même que l’imposition des revenus locatifs.

Les revenus de source étrangère

Maurice applique le principe de la remise pour les revenus de source étrangère d’un résident : ils entrent dans le calcul de l’impôt mauricien lorsqu’ils sont rapatriés à Maurice. Les revenus laissés à l’étranger ne sont, en règle générale, pas imposés localement. Ce mécanisme est souvent présenté de façon trop simple par les sites promotionnels : sa mise en œuvre dépend de la nature du revenu, de sa source, des conventions applicables et des règles propres à certains visas. Faites-le valider pour votre situation avant de structurer quoi que ce soit.

Et dans votre pays d’origine

Devenir résident fiscal mauricien ne vous libère pas automatiquement de toute obligation dans votre pays de départ. Une convention de non-double imposition lie la France et Maurice depuis 1980. Les revenus immobiliers restent en principe imposables là où se trouve le bien ; le traitement des pensions dépend des stipulations de la convention et du fait que les sommes soient ou non rapatriées.

La France applique par ailleurs un dispositif d’exit tax aux contribuables détenant des participations importantes lors du transfert de leur domicile fiscal hors de France. Si vous détenez des parts de société, c’est le point à faire examiner par un fiscaliste avant le départ, pas après.

Ce guide ne remplace pas un conseil personnalisé. Le paragraphe ci-dessus est le seul de tout l’article où nous vous recommandons franchement de payer un professionnel : la première année d’un départ en cours d’exercice se règle mal seul, et une erreur s’y rattrape difficilement. Pour les ressortissants d’autres pays, la question se déplace vers l’administration fiscale du pays d’origine et vers la convention qui le lie à Maurice, s’il en existe une — posez la question à votre consulat avant le départ.

Le coût de la vie

Le coût de la vie à Maurice est inférieur à celui de l’Europe de l’Ouest, mais l’écart est très inégal selon les postes, et la façon dont on vit sur place compte davantage que les moyennes.

Ce qui coûte nettement moins cher : les fruits et légumes achetés au bazar, le poisson acheté aux pêcheurs, la restauration locale, la main-d’œuvre et les services à domicile, l’essence dont le prix est fixé par le gouvernement, et le logement dès qu’on s’éloigne des zones balnéaires prisées.

Ce qui coûte nettement plus cher : tout ce qui est importé. Fromages, charcuterie, vins européens, produits biologiques, cosmétiques, électroménager, matériel informatique et automobiles neuves, ces dernières étant lourdement taxées. Un expatrié qui reproduit ses habitudes alimentaires européennes peut dépenser en courses davantage qu’en France ; celui qui achète au marché et cuisine local dépense deux à trois fois moins.

L’électricité mérite une mention à part, parce qu’elle est le poste le plus souvent sous-estimé. La climatisation, utilisée en continu de novembre à avril, transforme une facture modeste en dépense significative. Les logements des hauteurs, à Curepipe ou Floréal, s’en passent presque, ceux du littoral nord difficilement.

Pour l’ordre de grandeur : le logement en location va, pour un appartement de deux à trois chambres, de quelques centaines d’euros par mois dans le centre, le sud et l’est à plusieurs milliers d’euros dans les zones les plus recherchées du nord et de l’ouest. Ces fourchettes bougent vite et dépendent entièrement du standing, de la proximité de la mer et de la saison de signature du bail — traitez-les comme des repères, pas comme des tarifs.

Deux compléments selon votre projet : les salaires pratiqués et ce qu’ils permettent réellement sont détaillés dans le guide pour venir travailler à l’île Maurice ; la structure d’un budget de retraité, où la santé et les retours en Europe pèsent davantage, est traitée dans le guide de la retraite à Maurice.

La scolarité des enfants

C’est souvent le point qui décide de la région où l’on s’installe, et celui qu’il faut traiter en premier : les places sont comptées et les inscriptions se prennent longtemps à l’avance, parfois plus d’un an.

Les établissements français

Cinq établissements à programme français sont homologués par le ministère français de l’Éducation nationale, dont trois conventionnés avec l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger. La liste, telle que publiée par l’ambassade de France à Maurice au titre des bourses scolaires, est la suivante :

  • L’École du Nord, à Mapou, de la petite section de maternelle à la troisième. C’est l’établissement des familles installées entre Grand Baie et Cap Malheureux.
  • L’École du Centre – Collège Pierre Poivre, à Moka, de la petite section à la troisième.
  • Le Lycée Labourdonnais, à Curepipe, le plus ancien et le plus important de l’île, du CE1 à la terminale, avec des séries générale et technologique.
  • Le Lycée des Mascareignes, à Helvetia, Saint-Pierre, de la seconde à la terminale uniquement. Il accueille notamment les élèves venus de l’École du Nord et de l’École du Centre.
  • L’École Paul et Virginie, à Tamarin, de la petite section au CM2, pour les familles de la côte ouest.

Une école et un collège de l’Ouest, rattachés à l’École du Centre et au Collège Pierre Poivre, ouvrent progressivement depuis 2025 du côté de Pierrefonds et Beaux Songes, avec une montée en charge des niveaux année après année. C’est la réponse à la pression scolaire de la côte ouest, longtemps le point faible de la région pour les familles.

Deux précisions utiles, parce qu’elles circulent faussement. Le Bocage International School, souvent présenté comme une école française, est un établissement international et ne figure pas parmi les établissements homologués. Et le Lycée des Mascareignes, parfois situé « dans le sud », se trouve en réalité au centre de l’île, à Saint-Pierre.

Les bourses scolaires

Les familles françaises peuvent demander une bourse scolaire de l’AEFE, sous conditions de ressources et d’éligibilité. Le dispositif est réservé aux enfants français inscrits au registre consulaire et scolarisés dans un établissement homologué. Les campagnes sont annuelles, au nombre de deux, et les dossiers se déposent auprès de l’établissement ou directement auprès de l’ambassade sur rendez-vous. Ce n’est pas un droit automatique, et les calendriers changent chaque année : la page des bourses scolaires du site de l’ambassade de France à Maurice est la seule référence à jour.

Les écoles internationales

Pour un cursus en anglais, l’île compte plusieurs établissements proposant les programmes Cambridge — IGCSE puis A-Levels — ou le baccalauréat international, dont Northfields International School à Grand Baie, Le Bocage International School à Moka, Clavis International Primary School et Westcoast International Secondary School à Bambous. Le système éducatif mauricien public, gratuit, est calqué sur le modèle britannique et enseigné en anglais ; il reste peu choisi par les familles expatriées, l’intégration y étant difficile pour un enfant non anglophone.

Les frais varient fortement d’un établissement à l’autre, et s’y ajoutent des droits d’inscription à l’entrée, les uniformes, les fournitures, la cantine et le transport scolaire. Demandez la grille complète à l’établissement plutôt que de vous fier à un tarif trouvé en ligne : ce sont les postes annexes qui font l’écart entre le budget prévu et le budget réel. Vérifiez également auprès de l’école quelles pièces de séjour elle exige pour inscrire un enfant, la pratique variant d’un établissement à l’autre.

Santé et assurance

Maurice dispose d’un système mixte. Le secteur public est gratuit, y compris pour les résidents étrangers, avec des hôpitaux régionaux et des dispensaires répartis sur tout le territoire ; il est efficace sur l’urgence vitale mais saturé, avec des attentes longues et un confort limité. Le secteur privé, payant, offre des standards proches de ceux qu’on connaît en Europe, avec un personnel qui parle français et anglais, et des équipements d’imagerie modernes.

Le détail des structures, les cliniques privées et les numéros à connaître figurent sur nos pages dédiées : santé et sécurité sanitaire à l’île Maurice, pharmacies, hôpitaux, cliniques et professionnels de santé et numéros d’urgence.

Une assurance privée n’est pas optionnelle. Les régimes d’assurance maladie européens ne couvrent pas les résidents à Maurice. Trois approches coexistent : la Caisse des Français de l’Étranger, qui maintient les droits de ceux qui envisagent un retour mais rembourse sur la base des tarifs français et ne suffit donc pas seule ; une assurance santé internationale, au premier euro ou en complément, avec rapatriement sanitaire ; et les assurances locales mauriciennes, moins chères, avec tiers payant chez les praticiens partenaires, mais des plafonds plus bas et aucune couverture hors de Maurice.

Le conseil qui vaut pour tout le monde : souscrivez avant de partir. Les délais de carence et les exclusions pour affections préexistantes se négocient bien plus mal une fois sur place, et une pathologie déclarée après l’installation peut rendre l’assurance difficile à obtenir.

Les limites du système sont connues et il faut les intégrer au projet plutôt que les découvrir : certaines spécialités lourdes ne sont pas représentées sur l’île, et les pathologies les plus complexes conduisent à une évacuation vers La Réunion, l’Afrique du Sud ou l’Europe. Vérifiez que votre contrat couvre cette évacuation, et pas seulement les soins locaux. Ce point, déterminant après soixante ans, est développé dans la section santé du guide de la retraite à Maurice.

Le déménagement

Le transport maritime en conteneur reste la solution pour un déménagement complet depuis l’Europe, avec plusieurs semaines de transit et un dédouanement à l’arrivée à Port-Louis. Le groupage — partager un conteneur avec d’autres expatriés — divise la facture et se trouve facilement via les groupes de résidents francophones.

En tant que nouvel arrivant titulaire d’un permis de résidence, vous bénéficiez d’une franchise douanière sur vos effets personnels et votre mobilier usagé. Conservez factures et inventaire détaillé : c’est ce qui fait la différence au dédouanement.

Ce qui vaut la peine d’être emporté : les meubles auxquels vous tenez, les livres, le matériel informatique, les vêtements et chaussures aux tailles européennes, les ustensiles de cuisine spécifiques. Ce qui n’en vaut pas la peine : le gros électroménager courant, qui s’achète sur place sans difficulté, et le mobilier d’entrée de gamme, dont le transport coûte plus que le remplacement.

Deux sujets à traiter séparément, et suffisamment tôt :

Pour les vols eux-mêmes, les compagnies desservant Maurice et les périodes où les tarifs s’envolent, voir notre guide des vols pour l’île Maurice.

Le calendrier à rebours

Ce calendrier est une reconstruction à partir des durées de validité des pièces et des étapes publiées par l’EDB. Ce n’est pas un calendrier officiel, et aucune administration ne s’engage sur ces délais. Il sert à comprendre dans quel ordre enchaîner, ce qui est la vraie difficulté.

  • 12 à 6 mois avant — Choisir le statut visé et vérifier que vous en remplirez les conditions de renouvellement, pas seulement celles d’entrée. Constituer l’épargne nécessaire. Faire examiner votre situation fiscale et patrimoniale si elle est complexe. Contacter les écoles : à ce stade, il ne s’agit pas d’inscrire mais de savoir s’il y aura une place. Prévoir un séjour de repérage.
  • 6 à 4 mois avant — Rassembler les pièces qui ne périment pas : acte de naissance, acte de mariage, diplômes, et lancer leurs traductions certifiées. Pour un projet d’entreprise, finaliser le plan d’affaires ; pour un indépendant, commencer à réunir les lettres d’intention de clients, dont deux doivent venir de clients établis à Maurice — c’est le poste le plus long à obtenir, car il suppose d’avoir déjà démarché sur place.
  • 4 à 3 mois avant — Demander l’extrait de casier judiciaire, puis son apostille. C’est la pièce dont la validité de six mois commande tout le reste : trop tôt, elle expire ; trop tard, l’apostille n’arrive pas à temps. Souscrire l’assurance santé.
  • 3 mois avant — S’enregistrer sur le NELS et déposer la première série de pièces. Demander plusieurs devis de déménagement et réserver le conteneur. Réserver un logement temporaire pour les premières semaines.
  • Après l’accord de principe — Passer la visite médicale, dont le certificat doit avoir moins de six mois. Ouvrir le compte bancaire mauricien. Effectuer le transfert de fonds exigé, qui doit intervenir dans les 60 jours suivant la délivrance du permis. Déposer la seconde série de pièces et prendre le rendez-vous de présentation des originaux.
  • À l’arrivée — Retirer le permis, demander le TAN auprès de la MRA, prendre une carte SIM, chercher le logement définitif, inscrire les enfants, faire les démarches de raccordement une fois le bail signé.
  • Les mois suivants — Convertir le permis de conduire avant l’échéance de reconnaissance du permis étranger. Mettre en place la comptabilité si vous êtes entrepreneur. Tenir le décompte de vos jours de présence, qui détermine votre résidence fiscale.

Une règle qui vaut pour tout le calendrier : ne résiliez rien avant d’avoir le permis. Ni le bail, ni le contrat de travail, ni les assurances. Un dossier peut être ajourné pour une pièce mal traduite.

Contacts utiles

Economic Development Board

Guichet unique pour tous les permis de résidence et d’occupation.

  • Rez-de-chaussée, 7 Exchange Square, Wall Street, Ebène 72201
  • Téléphone : +230 203 3800
  • Courriel : contact@edbmauritius.org
  • Site : edbmauritius.org — portail dédié à la résidence : residency.mu
  • Dépôt des demandes : business.edbmauritius.org
  • Questions relatives au Premium Visa : premiumvisa@edbmauritius.org

Mauritius Revenue Authority

Administration fiscale : numéro fiscal (TAN), déclarations, PAYE.

  • Site : mra.mu, avec les services en ligne et les barèmes officiels

Corporate and Business Registration Department

Enregistrement des sociétés, préalable à un Occupation Permit investisseur ou indépendant.

  • Site : companies.govmu.org

Ambassade de France à Maurice

L’ambassade a déménagé le 19 août 2026. Les services de l’ambassade et le consulat sont désormais réunis au même endroit.

  • 4e étage de l’immeuble « The Workplace », Telfair, Moka
  • Téléphone : +230 202 0100
  • Site : mu.diplomatie.gouv.fr
  • La section consulaire reçoit uniquement sur rendez-vous pris en ligne, du lundi au vendredi, sauf urgences et déclarations de décès
  • Pour les démarches consulaires hors visas, France Consulaire répond du lundi au vendredi de 8 h à 16 h, heure de Paris

Si vous vous installez pour plus de six mois, inscrivez-vous au registre des Français établis hors de France : c’est la condition d’accès aux bourses scolaires et à plusieurs démarches consulaires.

Une mise en garde

Des sites privés imitent la présentation des administrations mauriciennes et facturent des démarches gratuites, voire collectent des données personnelles et bancaires. Les sites officiels mauriciens sont sur le domaine govmu.org, auxquels s’ajoutent edbmauritius.org, residency.mu et mra.mu. Le dépôt d’une demande de permis sur le NELS est gratuit, et le Premium Visa ne coûte rien du tout.

Questions fréquentes

Peut-on s’installer à Maurice sans y travailler ni y investir ?

Oui, par trois voies : le Premium Visa pour un an renouvelable si vos revenus viennent de l’étranger, le permis de résidence pour retraité à partir de 50 ans avec 24 000 USD transférés annuellement, ou l’acquisition d’un bien de plus de 375 000 USD dans un programme agréé, qui ouvre un permis valable tant que vous êtes propriétaire.

Faut-il parler anglais ?

Aucun test de langue n’est exigé pour aucun permis. Dans les faits, l’administration, les contrats et la vie des affaires fonctionnent en anglais, la vie quotidienne et les médias largement en français, et le créole domine les échanges informels. On vit à Maurice en français sans difficulté ; on y travaille plus confortablement en maîtrisant l’anglais. Quelques mots de créole mauricien sont toujours bien reçus.

Peut-on travailler pour un client mauricien avec un Premium Visa ?

Non. Le Premium Visa interdit d’entrer sur le marché du travail mauricien. Vous pouvez facturer des clients étrangers depuis Maurice, pas des clients locaux. Pour cela, il faut un Occupation Permit travailleur indépendant.

Combien de temps faut-il pour obtenir un Occupation Permit ?

L’EDB ne publie pas de délai global. Les durées avancées par les sites et les cabinets ne reposent sur aucune source officielle. Ce qui est certain, c’est que la procédure se déroule en deux temps, avec un accord de principe intermédiaire, et qu’un dossier incomplet allonge considérablement le traitement.

Le permis couvre-t-il ma famille ?

Le conjoint, les parents et les enfants non mariés sans activité lucrative peuvent obtenir un permis de résidence de la même durée que le vôtre. La demande se fait auprès du Passport and Immigration Office et non de l’EDB. Le Family Occupation Permit, qui offrait un titre familial unique, a été supprimé en 2026.

Au bout de combien d’années obtient-on la résidence permanente ?

Cinq ans minimum sous un permis existant, mais la durée ne suffit pas : il faut aussi atteindre des seuils financiers élevés — 15 millions de roupies de chiffre d’affaires annuel pour un investisseur, 400 000 roupies de salaire mensuel pour un professionnel, 3 millions pour un indépendant, 200 000 USD transférés pour un retraité. Sans ces montants, le permis de dix ans renouvelable reste votre statut.

Les pensions de retraite françaises sont-elles versées à Maurice ?

Oui, le versement se poursuit sans difficulté, sur un compte mauricien ou sur un compte conservé en Europe. Leur traitement fiscal dépend de la convention entre les deux pays et du fait que les sommes soient rapatriées ou non à Maurice.

Peut-on acheter n’importe quel bien immobilier ?

Non. Un non-citoyen ne peut acquérir que dans les programmes agréés — IRS, RES, PDS, Smart City, Invest Hotel — ou un appartement dans un immeuble d’au moins deux étages sur rez-de-chaussée. Et seul un achat supérieur à 375 000 USD ouvre un permis de résidence, sauf en résidence pour seniors agréée, où aucun prix minimum n’est exigé pour les plus de 50 ans. Les conditions, les droits et les évolutions récentes sont détaillés dans le guide de l’achat immobilier.

Y a-t-il un contrôle des changes ?

Non. Maurice n’applique pas de contrôle des changes : les fonds peuvent être transférés librement vers l’étranger et rapatriés.

Faut-il passer par un cabinet spécialisé ?

Ce n’est obligatoire pour aucune catégorie : la demande se dépose soi-même sur le NELS, gratuitement. Un accompagnement se justifie pour la création d’une société, qui suppose un company secretary, et pour la première déclaration fiscale d’un départ en cours d’année. Pour un dossier de retraité ou un Premium Visa, il n’apporte pas grand-chose d’autre que du confort.

Que devient mon permis si je perds mon emploi ou si je vends mon bien ?

L’Occupation Permit professionnel est adossé au contrat de travail : il tombe avec lui. Le permis de résidence obtenu par acquisition immobilière vaut aussi longtemps que vous détenez le bien, et cesse à la revente. C’est un point à intégrer avant de vendre, notamment si les enfants sont scolarisés sur l’île.

Les informations trouvées sur les autres sites sont-elles fiables ?

Une grande partie des pages francophones consacrées à l’installation à Maurice reprennent des chiffres antérieurs à 2026 : 50 000 USD pour l’investisseur, 35 000 pour l’indépendant, 18 000 pour le retraité, un barème d’impôt plafonnant à 15 %. Ces montants ont tous changé. Avant d’engager des fonds, vérifiez sur residency.mu et mra.mu, qui sont les sources officielles.

Les informations contenues dans ce guide sont données à titre indicatif et concernent des démarches administratives longues, coûteuses et susceptibles d’évoluer à chaque loi de finances. Les seuils, montants, durées et pièces exigées mentionnés ici ont été vérifiés en septembre 2026 auprès de l’Economic Development Board, du portail residency.mu et de la Mauritius Revenue Authority, mais ils peuvent être modifiés sans préavis, et les ordres de grandeur donnés sur le coût de la vie et la scolarité ne sont en aucun cas des tarifs. L’auteur et l’éditeur déclinent toute responsabilité quant à l’exactitude des informations mentionnées. Vérifiez systématiquement auprès de l’Economic Development Board, de la Mauritius Revenue Authority et, pour les questions fiscales touchant votre pays d’origine, auprès d’un professionnel qualifié, avant d’engager des fonds ou de résilier quoi que ce soit. Voir les CGU (Article 12).

Dernière mise à jour : septembre 2026

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